LONGUEUIL–UNIVERSITÉ-DE-SHERBROOKE
Travaux en cours
Cette station subit présentement une réfection majeure impliquant d'importantes modifications. Plus de photos à jour seront ajoutées une fois les travaux complétés.
Art et architecture
Malgré son rôle crucial de terminus intermodal et plaque tournante du transport en commun entre Montréal et la Rive-Sud, cette petite station-terminus triste et étriquée fait piètre figure. Plutôt qu’un édicule typique, son entrée a été aménagée à l’origine dans un mail commercial; ce dernier a subséquemment été remplacé par un complexe résidentiel, dont la construction a commencé en 2021. On accède à la station par des escaliers de part et d’autre de l’atrium du complexe, qui est également raccordé directement au terminus d’autobus Longueuil du RTL/Exo et à la tour de l’Université de Sherbrooke. Le complexe et la station sont également reliés à plusieurs autres immeubles par des passerelles aériennes (plutôt que des tunnels, une situation unique dans le réseau).
Une fois entré dans l’atrium, l’accès à la station se fait étrangement discret. Bien qu’il existe une signalisation indiquant les escaliers qui descendent vers le quai du métro, celle-ci est incorporée à un seul module signalétique central regroupant plusieurs indications directionnelles, et elle ne suit pas les normes graphiques de la STM, ce qui fait qu’elle est facile à manquer. (Par ailleurs, cette station est la seule sans le fameux bandeau noir affichant le nom de la station au-dessus de l’entrée.) Qui plus est, il n’y a présentement aucune enseigne au-dessus de l’escalier lui-même.
Plus foncièrement, la planification de la station n’est pas pensée en fonction d’un prolongement futur. Contrairement à toutes les autres stations-terminus, les passagers qui arrivent ne passent pas par les tourniquets en sortant et il n’y a aucun raccordement entre les quais dans la zone contrôlée. Ainsi, il n’y a aucune façon de passer à l’autre quai sans payer de nouveau, de surcroît un tarif de la zone B. Chaque autre station (sauf Place-d’Armes, suite à un réaménagement qui laisse perplexe) offre la possibilité de changer de quai sans payer, pour les passagers qui prennent le mauvais train ou qui manquent leur arrêt. La disposition de cette station fait donc preuve d’un manque de prévoyance.
De plus, les espaces étriqués de cette station dégagent une impression d’insécurité. Autre fait unique, la salle de contrôle est aménagée à même le quai de départ. Ainsi, les tourniquets déposent les passagers directement sur le quai, dont la profondeur restreinte est souvent déjà remplie d’usagers qui attendent le prochain départ. Des réaménagements judicieux ont su faire rentrer plus de loges et de tourniquets dans l’espace disponible, dont certains débouchent latéralement vers des aires en retrait. Il n’en demeure pas moins que l’espace serré et les plafonds bas créent une atmosphère claustrophobe.
Finalement, les quais laissent à désirer du point de vue esthétique. Les murs des quais sont pour la plupart revêtus de carreaux jaunes institutionnels sans le moindre intérêt. (Pour des raisons inconnues, certains empans du carrelage vers la queue du quai de départ sont plutôt de couleur beige.) L’intérêt esthétique et architectural de la station se limite à quelques éléments seulement. Les piliers le long des quais, qui soutiennent le plafond et séparent la zone de contrôle et les quais, se font remarquer grâce à leur forme insolite de trapézoïde renversé (auquel on a ajouté des pieds en acier inoxydable pour en faciliter l’entretien). Le plancher du quai de départ, fait de dalles de pierre de couleur fauve, est interrompu par un jeu de cercles concentriques faits de carreaux noirs et gris qui s’étendent à partir de la zone de contrôle.
Le seul apport artistique consiste d’une paire de murales en béton, longeant les deux quais et arborant un motif subtil de lignes anguleuses. C’est la création de l’architecte de la station, Jean Dumontier.
La station est dotée depuis ses débuts3 d’un terminus d’autobus à plusieurs quais; or l’incarnation modernisée du Terminus Longueuil est entrée en service le 28 septembre 2000. Cette infrastructure tentaculaire s’étend à partir de l’arrière du Complexe Charles-Le Moyne. Il s’agit de l’un des rares terminus d’autobus du réseau entièrement fermés aux intempéries, et le plus vaste; ce type d’aménagement devrait être plus répandu. Une allée centrale, bordée de restaurants et d’autres commerces, mène à six jetées d’embarquement; une autre longue jetée longe le côté ouest du terminus. Le décor est postmoderne et industriel, avec des toits en voûte et une charpente et des conduits à découvert. De larges empans de murs-rideaux de verre permettent de voir arriver son autobus.
Somme toute, cette station est à la fois étriquée, mal aménagée et peu inspirante visuellement. Elle offre aux voyageurs vers Montréal une piètre première impression du métro. Le chantier qui a remplacé le mail commercial d’origine par un nouveau complexe aurait pu intégrer des solutions aux aspects problématiques de l’aménagement de la station. Par exemple, on aurait pu relocaliser la billetterie au rez-de-chaussée, où elle aurait bénéficié de plus d’espace tout en permettant un raccordement entre les quais à l’intérieur de la zone contrôlée. Mais rien du genre n’a été fait; de plus, on n’a pas ajouté d’ascenseurs, ni même des cages d’ascenseur. La perte d’une occasion si précieuse est bien décevante.
Accessibilité
Cette station n’est présentement pas accessible en fauteuil roulant. Aucun plan de mise en accessibilité n’a encore été annoncé.
Le plan d’immobilisation 2020-2029 de la STM a ciblé cette station pour l’installation d’ascenseurs avant 2027, et selon le rapport d’accessibilité universelle 2022 de la STM, des études préliminaires étaient en cours visant l’implantation d’ascenseurs dans cette station. Toutefois, elle ne figure plus sur la liste du plan 2023-2032, et aucun chantier n’a encore été annoncé.
Il y a eu des tentatives de faire intégrer la construction d’ascenseurs ou au moins de gaines d’ascenseurs dans le chantier privé commencé au-dessus de la station en 2021, mais elles ont été infructueuses.4 Un autre concept prévoit l’implantation d’ascenseurs vers les quais dans le terminus d’autobus,5 mais aucun progrès en ce sens n’a été annoncé publiquement non plus.
Historique et faits divers
Achalandage
5 791 009 départs en 2023
7e station en achalandage
Profondeur des quais
4,3 m
Station la moins profonde (ex æquo avec
Angrignon)
Longueur d’interstations
Vers Jean-Drapeau : 1572,10 mètres
Origine du nom
Ville de Longueuil. Le village de Longueuil est incorporé en 1848 et obtient le statut de ville en 1874 et celui de cité en 1927. En 1961 Longueuil annexe la ville de Montréal-Sud, et en 1969 la ville de Jacques-Cartier; en 2002 elle est fusionnée avec sept villes avoisinantes.
Plusieurs explications pour son nom ont déjà été proposées. La plus probable semble celle de l’abbé Faillon, selon laquelle Charles LeMoyne (1626-1685), seigneur des lieux dès 1657, a donné à son fief le nom du village de Longueil, aujourd’hui chef-lieu d’un canton près de Dieppe, sa ville d’origine en Normandie en France.
Université de Sherbrooke, Campus de Longueuil. L’Université de Sherbrooke a vu le jour le 4 mai 1954. Aujourd’hui, il s’agit de la seule université québécoise hors Montréal et Québec à offrir des programmes de trois cycles dans tous les domaines d’étude principaux. Sa succursale de Longueuil est ouverte près de la station Longueuil en 1989; elle intègre son propre édifice attenant à la station et au terminus d’autobus en 2010.
Anciennement : Longueuil (jusqu’au 26 septembre 2003). Le changement de nom fut approuvé par le conseil d’administration de la STM en novembre 2002, suite à une demande formulée par l’université. Celle-ci voulait que le nom de la station reflète sa présence avoisinante, à l’instar des stations McGill, Université-de-Montréal, Guy-Concordia et Berri-UQAM. Quoique le bien-fondé de ce changement fît l’objet de contestations, il a été approuvé par la Commission de toponymie du Québec le 13 août 2003.6
Nom proposé durant la phase de planification : Rive-Sud.7
La ville de Longueuil
(Source8)
L’Université de Sherbrooke, campus Longueuil
L’ancien nom de la station, Longueuil
Faits divers
- Les projections d’origine faisaient terminer la ligne jaune dans la municipalité de Saint-Lambert. Le terminus fut déplacé à Longueuil apparemment à cause des réticences de l’administration municipale de Saint-Lambert concernant le trafic et l’achalandage qui allaient être générés par Expo.9
- Cette station fut la seule du réseau initial construite entièrement à l’extérieur du territoire de la ville de Montréal. La ville de Longueuil a contribué 3,3 millions $ à sa construction et a également fait don des terrains sur lesquels elle a été aménagée, les ayant achetés antérieurement du gouvernement fédéral.10, 11
- Le programme artistique d’œuvres sur des sujets historiques proposé par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme, et jamais complété, prévoyait que cette station accueillerait sept sculptures monumentales des frères Le Moyne.12 Une autre possibilité était « une mosaïque en hommage à Marie-Victorin ».13
- Cette station a accueilli la cérémonie d’inauguration de la ligne jaune le 31 mars 1967, et a accueilli le public dès le lendemain. Toutefois, la station Île-Sainte-Hélène (aujourd’hui Jean-Drapeau) n’est ouverte au public que le 28 avril, en même temps qu’Expo 67.14
- Cette station était la seule avec une barrière de perception qui donne directement sur un quai jusqu’en 2023, moment de la mise en service de l’ascenseur vers le quai Angrignon à la station McGill, avec sa petite aire de contrôle indépendante en tête de quai. Cette station demeure toutefois la seule station à avoir sa salle de contrôle principale au niveau des quais. (La barrière de perception de l’accès Saint-Hubert à Jean-Talon se trouve au niveau du quai Montmorency de la ligne orange, mais s’ouvre sur une galerie latérale située à environ 60 mètres du quai lui-même.)
- Il s’agit aussi de la seule station où les passagers ne franchissent aucun tourniquet ou autre barrière pour quitter la zone contrôlée en arrivant.
- Malgré son statut de terminus du métro de la Rive-Sud, cette station est loin d’être la plus au sud; en fait, elle est plus au nord que l’autre terminus de la ligne à Berri-UQAM. Elle est toutefois la station la plus à l’est du réseau. Jusqu’à la mise en service du REM en juillet 2023, elle était en fait la station de transport en commun ferroviaire urbain le plus à l’est de tout le Canada.
- Son changement de nom a doté la station Longueuil–Université-de-Sherbrooke du nom le plus long de toutes les stations du métro de Montréal, avec 34 caractères, devançant l’ancienne lauréate Université-de-Montréal (22). Ce nom était également le premier du réseau à utiliser le tiret demi-cadratin (–), qui sert à relier des éléments de nom qui contiennent déjà des traits d’union; il a été suivi par le nom Square-Victoria–OACI. Finalement, le changement a fait en sorte que toutes les stations de la ligne jaune ont changé de nom depuis leur mise en service.
Excavation à ciel ouvert du tunnel vers la station, à côté de la Voie maritime Saint-Laurent.
(Source15)
La station en chantier avec le pont Jacques-Cartier en arrière-plan, juillet 1966.
(Source16)
Les quais de la station en chantier, janvier 1967.
(Source17)
La cérémonie d’inauguration de la station et de la ligne jaune, le 31 mars 1967. La station a été mise en service le lendemain.
(Source18)
Photo aérienne de la station et du terminus d’autobus d’origine, c. 1970.
(Source15)
Passagers dans le terminus d’autobus d’origine au début des années 1970.
(Source15)
Le quai de départ en 1970, montrant son aménagement avant l’agrandissement de la salle de contrôle et l’implantation de tourniquets supplémentaires.
(Source19)
Apparence des piliers en forme de trapézoïde au niveau des quais, avant l’installation des plinthes métalliques au sol.
(Source15)
Panorama de l’intérieur de l’ancien complexe Charles-Le Moyne, avec les escaliers vers les quais de la station.
Adresse de l’accès
Ville de Longueuil, arrondissement du Vieux-Longueuil
Zone tarifaire B
100, place Charles-Le Moyne, à l’ouest de la rue Saint-Charles
Ville intérieure
Attractions avoisinantes |
Dernière mise à jour : 2026-10-02
Références
- Picard, Michèle. (2000, 19 février). Le nouveau terminus métropolitain de Longueuil. Le Devoir, p. D8. ↩ ↩
- Gagnon, Martha. (2000, 29 septembre). Le nouveau terminus de Longueuil: futuriste et... nécessaire. La Presse, pp. E1-E2. ↩ ↩
- Pas plus tard que septembre 1967, tel qu’on le voit dans une photo aérienne des Archives de Montréal, VM94-EX56-001. ↩
- STM. Procès-verbal de la réunion du conseil d’administration, le 10 décembre 2025. Pp. 11-12. ↩
- Daignault, Sylvain. (2024, 15 novembre). Bientôt des ascenseurs au métro Longueuil ? Le Courrier du Sud. ↩
- Info-STM. (2003, 30 septembre). Station Longueuil–Université-de-Sherbrooke: officialisation du nouveau nom. Métro Montréal, p. 7. ↩
- Clairoux, Benoît. (2001). Le métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal : Hurtubise HMH. P. 110. ↩
- Source de l’image : abdallahh, Wikimedia Commons. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY 2.0. ↩
- Filteau, Jacques. (1963, 29 mai). La bouche de métro sera construite à Longueuil et non à Saint-Lambert. La Presse, p. 3. ↩
- Longueuil’s subway aid applauded by Montreal. (1964, 20 mars). The Montreal Star. ↩
- Longueuil achète d’Ottawa un terrain pour la gare du métro. (1965, 12 octobre). La Presse, p. 71. ↩
- Une fois décoré, le métro sera un livre d'images sur Montréal. (1968, 25 février). Le Petit Journal, p. 7. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
- Clairoux, Benoît. (2001). Le métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal : Hurtubise HMH. P. 140. ↩
- La ligne no 4 du métro pour Longueuil au service du public dès aujourd’hui. (1967, 1er avril). Montréal-Matin. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩ ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M193-001. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Photographie par Paul-Henri Talbot, La Presse, 16 janvier 1967. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1967-0018, no. 16. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M257-025. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M266-124. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Images © 1996 Malofilm Vidéo. ↩
Jean-Drapeau







































