GUY-CONCORDIA
Art et architecture
Étant donné sa position comme troisième station la plus achalandée du réseau, l’exiguïté et la décrépitude de la station Guy-Concordia sont à déplorer.
La seule station du tronçon central de la ligne verte à être construite en tunnel, la station est munie de deux transepts d’accès aux deux extrémités : l’accès de la rue Guy à l’est, celui de la rue Saint-Mathieu à l’ouest. Dans chacun des transepts, le lien entre les quais et la passerelle est assuré par deux escaliers fixes plutôt étroits par quai.
Malheureusement, cet aménagement fait en sorte qu’une grande proportion des flots des passagers qui débarquent ici doivent marcher le long des quais exigus et congestionnés pour parvenir à la sortie désirée. De plus, bien que chaque quai débouche sur deux escaliers par transept, les quais sont plus longs que d’habitude afin de les rejoindre. Ainsi, le plus loin de chaque paire d’escaliers se trouve à quelques mètres au-delà de la tête ou de la queue des trains, et de ce fait il attire moins de passagers, ce qui surcharge l’escalier le plus proche et produit des embouteillages à son pied. Les sections des quais au-delà de la longueur des trains sont séparées des voies par des grilles.
Également, on se retrouve souvent à faire la file pour prendre l’escalier mécanique qui relie le niveau de la passerelle à la billetterie, notamment du côté de la rue Guy; en effet, chaque accès n’a qu’un seul escalier mécanique dans chaque sens, ainsi que deux escaliers étroits, pour une station de 19,2 mètres de profondeur.
Ces situations sont exacerbées par l’aménagement des espaces : les volumes restreints donnent une impression d’être plus encombrés que les autres stations du centre-ville, dont la construction à ciel ouvert a permis d’offrir des volumes plus généreux.
La station a subi plusieurs changements de peau au fil des années, dont le dernier remonte à 2012-2015. Cette dernière métamorphose a vu apparaître des motifs frappants de noir, gris, jaune et rouge, en hommage aux couleurs de l’Université Concordia.1 Ces motifs ont également été utilisés sur les murs et les planchers des transepts, sur les murs derrière les bancs et les planchers devant eux, et dans des bandes centrales au sol le long du trajet des passagers dans les espaces d’accès.
Les finis muraux des niveaux supérieurs de la station ont également été remplacés par des panneaux gris (foncé dans l’accès Guy, clair dans l’accès Saint-Mathieu) avec des bandes en acier inoxydable; des lignes anguleuses de carreaux poursuivent le même motif multicolore sur les murs. Le choix de couleurs ne fait peut-être pas l’unanimité, mais il a au moins la vertu de relier ensemble les différents secteurs de la station. Les autres planchers ont été refaits avec des carreaux gris aux quais, de la pierre noire dans les transepts et dans l’accès Guy, et de la pierre grise dans l’accès Saint-Mathieu. La station ne possède aucune œuvre d’art.
Les accès, intégrés dans le rez-de-chaussée de deux immeubles, sont peu remarquables. L’entrée de la rue Guy, dans un immeuble qui appartient désormais à l’Université Concordia, mène à une salle de contrôle entourée de commerces. Celle-ci est un maillon important dans les connexions de la ville souterraine entre les pavillons de l’université.
Malheureusement, ses aires de circulation plutôt étriquées (dont une zone contrôlée remarquablement petite) et le demi-tour nécessaire entre les tourniquets et les escaliers vers la surface font inévitablement s’emmêler les différents flux des usagers : les files pour acheter des billets, les foules qui sortent du métro en direction de l’université ou des autobus de Côte-des-Neiges, les étudiants universitaires qui transitent entre les pavillons et les clients des commerces. En y ajoutant les plafonds trop bas, le résultat est une atmosphère pêle-mêle plutôt qu’une fluidité efficace. Le dernier réaménagement a légèrement amélioré la situation en installant une nouvelle rangée de tourniquets sur le côté de la zone contrôlée.
L’accès de la rue Saint-Mathieu occupe le rez-de-chaussée de l’édifice CLSC Métro. Le palier en haut est de taille plutôt restreinte, et le chemin entre l’arrêt d’autobus et les portes d’entrée est encombré par une colonne et des marches irrégulières qui rejoignent le trottoir incliné.
Les plafonds hauts de la cage d’escalier et de la salle de contrôle donnent une impression d’un espace beaucoup plus dégagé que l’autre accès. Il est dommage que ce soit l’entrée la plus spacieuse qui est moins achalandée, étant donné tant le volume total de passagers que l’importance des flots ponctuels (des dizaines à la fois en provenance des autobus de Côte-des-Neiges, plutôt que des centaines à la fois qui descendent des trains de métro et empruntent la sortie Guy pour aller prendre ces mêmes autobus). La partie supérieure des murs de la cage d’escalier et de la billetterie arbore un motif de rectangles verticaux en haut-relief.
Finalement, la station a un problème notoire d’écoulement d’eaux, ce qui laisse développer par endroits des taches laides et de grosses stalactites d’une substance brune innommable. Un simple changement de peau, peu importe la beauté du résultat, ne peut pas résoudre des problèmes de ce genre, et encore moins l’aménagement étriqué et le manque de fluidité.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
19,2 mètres
17e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Atwater : 681,54 mètres
Vers Peel : 593,14 mètres
Origine du nom
Rue Guy. Étienne Guy (1774-1820), arpenteur, soldat et député de Montréal à l’Assemblée législative du Bas-Canada, (1796-1800), a fait don en 1815 à la Ville des terrains nécessaires à l’ouverture de la rue Guy, qui a officiellement reçu ce nom le 30 août 1817.2
Université Concordia. L’Université Concordia naît en août 1974 de la fusion de l’Université Sir-George-Williams, au centre-ville, avec le collège Loyola à Notre-Dame-de-Grâce. Pour choisir son nom, la nouvelle institution s’inspire de la devise de la ville de Montréal, concordia salus (la prospérité à travers la concorde).
Anciennement : Guy (jusqu’au 1er janvier 1988). En vue de la construction de la station Université-de-Montréal, qui allait rejoindre McGill en portant le nom d’une université, les deux autres universités de la ville, soit l’Université Concordia et UQAM, ont demandé que les stations Guy et Berri-De Montigny soient renommées pour indiquer de façon égale la présence de ces institutions.3 Les stations furent officiellement rebaptisées quatre jours seulement avant l’inauguration de la station Université-de-Montréal.4
Carte de la rue Guy, c. 1874
(Source5)
Les pavillons Henry F. Hall et McConnell de l’Université Concordia
Faits divers
- Cette station a été la première station du métro de Montréal a être conçue. Ainsi, elle a servi de prototype pour plusieurs éléments architecturaux typiques du réseau. L’architecte, J.A. Chicoine, travaillait pour le bureau d’architecture de la Ville de Montréal.1
- Le programme artistique d’œuvres sur des sujets historiques proposé par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme, et jamais complété, prévoyait que cette station accueillerait une œuvre en « hommage aux premiers seigneurs de Montréal, les Sulpiciens et les Sœurs Grises ».6
Esquisse architecturale de la voûte
(Source7)
Esquisse architecturale de l’un des transepts
(Source8)
Esquisse architecturale de l’un des transepts
(Source9)
Une cage d’escalier en chantier
(Source10)
La salle de contrôle ouest en chantier
(Source11)
Les quais en chantier
(Source12)
Le transept est durant la construction de la station
(Source13)
Les bandeaux de nom de la station prêts pour l’installation, juste avant l’inauguration du métro
(Source14)
- La plupart des édicules des stations du réseau initial au centre-ville ont été conçus comme des structures purement temporaires. Ainsi, la société de transport pouvait par la suite louer les droits aériens en bail emphytéotique afin de permettre la construction de nouveaux édifices incorporant l’entrée du métro au rez-de-chaussée. L’édifice au-dessus de l’entrée de la rue Guy, aujourd’hui le pavillon Guy-De Maisonneuve de l’Université Concordia, était le premier à Montréal à être construit de cette façon.
- Un détail énigmatique, une méditation sur le symbole du métro, ornait autrefois un muret extérieur près de la sortie Guy.
- Avant la construction de l’édifice CLSC Métro, l’entrée Saint-Mathieu était coiffée d’un édicule tout petit revêtu de bardeaux de bois!
La sortie Guy intégrée au rez-de-chaussée de la tour de bureaux à l’angle de Guy et De Maisonneuve, le premier édifice construit au-dessus d’une sortie de métro; photo vers 1983
(Source15)
L’édicule temporaire de l’accès Saint-Mathieu
(Source8)
- Les escaliers étaient autrefois surplombés d’auvents, qui furent retirés à cause de leur instabilité dangereuse sous les vents occasionnés par les mouvements des trains.
Les auvents anciennement installés au-dessus des escaliers vers les quais
(Source16)
Les auvents dans le transept est
(Source17)
- La station a subi plusieurs changements de peau au fil des années. Lors de l’ouverture, les quais étaient parés de murs en zigzag peu profond, carrelés de blanc cassé, de bleu gris et de noir, alors que les accès et les murs derrière les sièges revêtaient des carreaux glacés de tons d’orange foncé et de brun, avec des planchers beige et brun. Vers 2001, le décor originel a été remplacé par des murs et des planchers en pierre blanche ainsi qu’un beau carrelage mosaïque multicolore sur fond de bleu au-dessus des bancs. Le logo du 35e anniversaire du métro en 2001 a tiré son inspiration de ce motif multicolore qui venait de faire son apparition ici. La céramique brun et orange a persisté dans les accès jusqu’à l’installation du présent décor en 2012-2015, réfection qui a aussi remplacé les carreaux blancs au sol, qui se salissaient facilement.1
Le carrelage originel de la station, vue durant la construction
(Source18)
Le carrelage originel bleu et blanc cassé au niveau des quais, avec du carrelage brun et orange au-dessus des bancs
(Source8)
Le carrelage originel orange et brun de l’un des transepts avec les panneaux de pierre blanche installés sur les murs des quais en 2001
Logotype des commémorations du 35e anniversaire du métro en 2001, inspiré par le nouveau carrelage de la station Guy-Concordia
(Source19)
- Un puits de ventilation mécanique construit près de cette station entre 2017 et 2021 est dissimulé derrière la façade d’une maison victorienne du XIXe siècle. Lorsque l’immeuble désaffecté au 1423, rue Towers a été démoli pour faire place au poste de ventilation, la façade a été soigneusement démantelée, restaurée et rebâtie sur le devant du nouveau bâtiment. Ce projet novateur a permis de préserver l’apparence patrimoniale de l’immeuble tout en faisant mieux intégrer le nouveau poste de ventilation dans le quartier. On va jusqu’à allumer des lumières dans les fenêtres comme dans n’importe quelle maison. Parmi les effets : les camelots laissent parfois des publicités à la porte, qu’il faut ramasser! Le projet a été récompensé par le prix Innovation de 2022 de l’Association canadienne du transport urbain.20
Adresses des accès
Arrondissement de Ville-Marie
A Accès Saint-Mathieu : 1801, boulevard De Maisonneuve Ouest, angle rue Saint-Mathieu
B Accès Guy : 1445, rue Guy, angle boulevard De Maisonneuve Ouest
Ville souterraine
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Attractions avoisinantes
Dernière mise à jour : 2026-09-26
Références
- STM. (2015). Travaux Guy-Concordia : Métamorphose complétée! (archive.org) ↩ ↩ ↩
- Fiche descriptive : Rue Guy - Montréal. Commission de toponymie du Québec. ↩
- Ducas, Marie-Claude. (1987, 25 juin). Deux stations de métro rebaptisées. Le Devoir, p. 3. ↩
- Deux stations de métro vont changer de nom. (1987, 9 décembre). La Presse, p. A5. ↩
- Image adaptée de : E.H.C. Lionais, Department of Public Works, vers 1874. Cadastral Plans, City of Montreal. P. 10. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0000337579. ↩
- Une fois décoré, le métro sera un livre d'images sur Montréal. (1968, 25 février). Le Petit Journal, p. 7. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-012-18. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-012-13. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM97-MD45-004. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM97-MD45-005. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM97-MD45-008. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM97-M227-001. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Photographie par Jean-Yves Létourneau, La Presse, 11 octobre 1966. Source : Fonds La Presse, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1966-0272 . ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-066-05. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-012-13. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-012-07. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M227-011. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source de l’image : Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal. (2001). Du 9 au 29 octobre 2001 : La STCUM souligne les 35 ans du métro [dossier de presse]. Montréal : STCUM. ↩
- Saulnier, Philippe-Antoine. (2022, 21 novembre). Une maison victorienne transformée en poste de ventilation du métro de Montréal. Radio-Canada. ↩
Atwater























































