Station Place-Saint-Henri - Grand plan

Ligne 2 orange PLACE-SAINT-HENRI

Architectes

Architectes

Julien Hébert et Jean-Louis Lalonde
Nouveaux édicules (2024) : STM, Section Architecture

Mise en service

Mise en service

28 avril 1980

Art et architecture

Le volume principal de la station depuis le quai Côte-Vertu. Le gigantesque volume est coiffé de voûtes en gradins au-dessus des quais. De hauts murs-rideaux le séparent des profondes cages d'escalier de part et d'autre. La sculpture de Jacques de Tonnancour est suspendue du plafond.

Cette station belle et élégante se centre autour d’un volume interne gigantesque. Le plafond de cet espace au-dessus des quais est planifié comme une progression de voûtes en béton brut, chacune plus haute que la dernière, dont les formes sont reflétées sur le mur tympan qui y fait face.

Une série d'arches peu profondes sur le mur tympan est du volume reflète les voûtes du volume au-dessus de la partie ouest des quais. Vue du volume principal à partir du quai Montmorency, démontrant la correspondance entre les voûtes (gauche) et les arches sur le mur est du volume (droite). Au fond, au-dessus du pied des escaliers vers le quai en face, un haut puits de lumière est mis en valeur par des briques glacées de couleur jaune. La sculpture de Jacques de Tonnancour est suspendue dans les airs. Vue le long du volume principal englobant la partie ouest des quais.
Vue en plongée du pied des escaliers vers le quai Montmorency et du puits de lumière illuminant le quai. Les hauts puits de lumière de forme triangulaire au-dessus de la cage d'escalier vers le quai Montmorency. Ils font entrer la lumière des lanterneaux de l'édicule principal. Vue en plongée des quais via le puits de lumière. On regarde depuis la passerelle entre la billetterie et les escaliers vers l'édicule.

Des retraits très hauts de forme triangulaire sont tranchés dans les murs de part et d’autre des quais au pied des escaliers. Ces retraits, mis en évidence par leur brique glacée jaune, admettent la lumière naturelle aux quais depuis l’édicule d’un côté et un puits de lumière de l’autre.

Vue en contre-plongée des escaliers reliant la billetterie et le quai Côte-Vertu. La cage d’escalier vers le quai Côte-Vertu est brusquement séparée du grand volume par un haut mur-rideau. La cage d'escalier vers le quai Montmorency, vue de la tête des escaliers. Au-dessus, une passerelle relie la billetterie et les escaliers vers l'édicule principal.

L’effet saisissant du grand volume est rehaussé par les hauts murs qui séparent les cages d’escalier extrêmement profondes de la voûte principale. Cette séparation sert à renforcer l’effet d’étonnement lorsqu’on découvre ce volume en arrivant en bas des escaliers.

La section est de la nef est construite en tunnel. Ce panorama montre le dégradé de couleurs formé par les murs de brique glacée le long du quai Montmorency, en allant de vert printemps à la tête du quai (gauche) à travers aigue-marine, bleu, rouge foncé et rouge orange jusqu’à orange (droite). L’entrée de l’ascenseur à la tête du quai Montmorency. La niche d’ascenseur est revêtue de carreaux noirs qui se démarquent du briquetage glacé haut en couleur le long du quai.
L’entrée de l’ascenseur vers le centre du quai Côte-Vertu. La niche d’ascenseur est revêtue de carreaux noirs et se trouve à côté d’une section de mur à panneaux noirs qui referme des installations techniques. L'un des bancs en bois des quais. Celui-ci, situé dans le grand volume, est encadré par un panneau de briques colorées délimité par des colonnes. Un autre banc, celui-ci situé dans l'une des parties de la nef construite en tunnel. Ici, la section colorée est plus basse et allongée.

Les murs des quais sont décorés de brique glacée pour former une suite de panneaux rectangulaires dans un dégradé attrayant de couleurs. Commençant par le vert printemps à chaque bout, ils passent par l’aigue-marine, le bleu, le pourpre, le rouge et l’orange, pour se rencontrer dans des étendues jaunes au centre des quais. Cet agencement égaie les quais même pour les passagers à bord des trains.

Les caissons triangulaires du plafond de la billetterie sont répétés partout dans les niveaux supérieurs de la station. Les planchers sont revêtus de carreaux hexagonaux en terre cuite. Ceux-ci poursuivent les formes hexagonales de plusieurs éléments architecturaux, notamment les colonnes, ainsi que les hexagones formés par les éléments triangulaires tels que les plafonds en caissons.

Les triangles des puits de lumière font partie du motif d’hexagones et de triangles équilatéraux (qui forment eux-mêmes des hexagones) déployé partout dans la station. Ces formes se trouvent notamment au niveau du carrelage du sol, des piliers, des puits et des lanterneaux d’éclairage, des plafonds à caissons et des formes de l’édicule principal.

Panorama de la salle des pas perdus de la station, qui accueille les passagers en provenance des différents accès. Une passerelle (centre) rejoint l'escalier vers l'édicule Saint-Ferdinand, en passant entre les deux puits de lumière éclairant le quai Montmorency. Au-delà des tourniquets, la zone de contrôle mène aux escaliers vers les quais. L'élément supérieur de la sculpture mobile de Jacques de Tonnancour trône au centre gauche, alors que la murale Bonheur d'Occasion de Julien Hébert occupe le fond de la zone de contrôle, à droite. Au-dessus, l'imposant plafond à caissons triangulaires. Notons que cette image a été prise avant le remplacement des accès à ciel ouvert (gauche) et le prolongement du corridor pour rejoindre les nouveaux édicules.
La large zone de contrôle à l'extrémité ouest de la salle des pas perdus. Elle dirige les passagers vers les escaliers rejoignant les quais Montmorency (gauche) et Côte-Vertu (droite). La murale Bonheur d'occasion de Julien Hébert orne le mur du fond.

La salle de contrôle de la station occupe un large et très long hall juché sur le grand volume. Une longue barrière de perception définit la zone contrôlée, tout aussi large, qui donne de part et d’autre sur les cages d’escalier monumentales vers les quais. Les têtes de ces escaliers se trouvent au fond de la zone contrôlée.

L'escalier vers l'édicule Saint-Ferdinand vu du niveau de la billetterie, illuminé par son lanterneau. L'escalier entre l'édicule Saint-Ferdinand et la billetterie, illuminée par le grand lanterneau au-dessus.

À l’extérieur des tourniquets, une passerelle bifurque vers le sud et traverse la cage d’escalier du quai Montmorency pour atteindre le large escalier vers l’édicule principal, soit la sortie Saint-Ferdinand. Ce bâtiment à demi-niveaux en béton et brique, entouré par une boucle d’autobus, reprend le thème géométrique dans sa forme irrégulière constituée de triangles et d’hexagones. Un grand lanterneau hexagonal illumine l’escalier et les puits de lumière en contrebas. Le toit à caissons triangulaires se projette vers l’extérieur pour former une large saillie, afin d’abriter les passagers aux arrêts d’autobus.

Intérieur de l'édicule Saint-Ferdinand. À gauche, une section à demi-niveau rejoint la sortie nord. Un lanterneau de forme hexagonale au-dessus de l'escalier vers la billetterie éclaire les puits de lumière en contrebas. La forme du lanterneau et de l'escalier reprend le motif d'hexagones et de triangles équilatéraux, de même que les piliers et les caissons du plafond.
Vue d'ensemble de l'édicule Saint-Ferdinand, à travers la rue Saint-Jacques. L'une des entrées de l'édicule Saint-Ferdinand. On remarque le toit en saillie, qui partage les caissons triangulaires des plafonds de la station.

Si par contre on continue tout droit à partir des tourniquets, le hall continue en formant un long corridor vers les deux autres édicules de la station. Ceux-ci furent construits en 2020-2024 dans le cadre de l’installation d’ascenseurs; ils ont remplacé deux bouches de métro à ciel ouvert et la galerie souterraine extérieure qui les reliait (voir Faits divers, plus bas). Par ailleurs, une grande section de cette galerie a été incorporée à l’intérieur de la station; on peut en effet apercevoir ses colonnes et le plafond à caissons triangulaires plats dans la portion du corridor plus près de la billetterie. Les murs du nouveau corridor sont en brique brun foncé.

Le corridor vers les deux édicules plus à l’est. Un escalier (gauche) monte vers l’édicule Saint-Jacques. À droite, le corridor continue vers l’édicule Place Saint-Henri. Au centre, une barrière de perception permet d’entrer dans la zone contrôlée qui relie les deux ascenseurs de la station. L’ascenseur vers le quai Côte-Vertu est au centre gauche; la zone contrôlée longe le corridor pour rejoindre l’autre ascenseur. L’extérieur du petit édicule Saint-Jacques. La façade est en verre avec une charpente noir. L’intérieur de l’édicule Saint-Jacques n’est guère plus large que l’escalier lui-même.

D’abord, du côté nord du corridor, on trouve l’escalier vers l’édicule Saint-Jacques, un petit bâtiment qui n’est guère plus large que l’escalier lui-même. Comme son homologue, il s’agit d’une structure rectangulaire plutôt haute, presque entièrement vitrée, avec une charpente extérieure noire et un toit vert.

Le corridor qui relie la station aux deux édicules à l’est. Ici on regarde vers l’ouest et la salle de contrôle. Le corridor est divisé entre une zone libre à gauche et, à droite, la zone contrôlée qui relie les deux ascenseurs de la station. Le corridor vers l’édicule Place Saint-Henri. La moitié du corridor en zone libre est en avant-plan. En arrière-plan, une zone contrôlée longe le corridor pour atteindre l’ascenseur entre la surface et le quai Montmorency (droite). Un portillon de perception permet d’accéder à cet ascenseur. Deux volées d’escaliers (extrême droite) montent vers l’édicule. Le volet principal de l’œuvre d’art Rives scintillantes de Véronique La Perrière M est au centre droit. En haut à l’extrême gauche, on note que la charpente en béton du plafond du corridor cède sa place à des caissons plats triangulaires. Cette dernière section faisait partie de la galerie souterraine extérieure qui reliait les anciennes sorties à ciel ouvert.

Près du pied de l’escalier vers cet édicule, on trouve l’ascenseur vers le quai Côte-Vertu. Ceci est englobé dans une zone contrôlée séparée qui longe le corridor entier jusqu’à l’édicule Place Saint-Henri, et ce, afin de relier les deux ascenseurs. La géométrie unique de la station a constitué un défi complexe lorsqu’on planifiait l’implantation des ascenseurs; cet aménagement un peu compliqué en est le résultat. Cette zone contrôlée possède deux ensembles de portillons de perception aux deux extrémités, soit près de chacun des ascenseurs.

L’édicule Place Saint-Henri vu du nord-ouest. L’espace hexagonal plus foncé au sol indique l’empreinte de l’ancienne sortie à ciel ouvert. La façade sud de l’édicule Place Saint-Henri.
L’intérieur de l’édicule Place Saint-Henri vu depuis le coin sud-ouest. À gauche, l’un des deux escaliers descend vers la station. Au centre, deux portillons de perception mènent vers l’ascenseur qui dessert le niveau de contrôle et le quai Montmorency. L’intérieur de l’édicule Place Saint-Henri vu du coin nord-ouest. L’édicule contient deux escaliers étroits indépendants qui occupent des coins opposés du bâtiment (gauche et droite). La gaine d’ascenseur est au centre. Au centre droit, une passerelle donne accès aux portillons de perception qui permettent l’accès à l’ascenseur.

Le corridor, divisé entre la zone contrôlée et la zone libre, continue sur environ 40 mètres de plus avant d’atteindre l’édicule Place Saint-Henri. Celui-ci accueille l’ascenseur entre la surface, le niveau de perception et le quai Montmorency. L’extérieur sobre de l’édicule cache un intérieur compliqué. Des portillons de perception au niveau de la rue mènent uniquement à l’ascenseur. Ensuite, des deux extrémités de l’édicule, des escaliers descendent vers le corridor. La charpente du plafond en béton forme des caissons triangulaires, un rappel de l’architecture d’origine de la station.

L’intérieur de l’édicule Place Saint-Henri vu du coin nord-est, soit du palier supérieur de l’escalier nord. À gauche, le mur de béton de la gaine d’ascenseur arbore le volet supérieur circulaire de l’œuvre Rives scintillantes de Véronique La Perrière M. Les caissons triangulaires du plafond en béton reprennent les triangles et les hexagones de la partie initiale de la station. Panorama de la zone contrôlée sous l’édicule Place Saint-Henri. L’ascenseur entre la surface et le quai Montmorency est à gauche. À droite, la zone contrôlée continue vers l’autre ascenseur. Au centre gauche, deux escaliers indépendants descendent de l’édicule vers la zone libre du corridor. La murale Rives scintillantes de Véronique La Perrière M est à droite.

La station est dotée de plusieurs œuvres d’art. La plus saillante est une sculpture mobile énorme et allègre de Jacques de Tonnancour. Elle est suspendue dans un puits qui traverse le plancher du hall, avec l’élément supérieur dans un enclos de verre dans le milieu de la salle de contrôle, et l’élément inférieur dans le grand volume au-dessus des voies.

Elle était autrefois motorisée, mais le moteur ne fonctionne plus. Toutefois, une rafale produite par les mouvements des trains (ou bien un coup de main d’un client dans la salle de contrôle) peut la mettre à tourner lentement, un spectacle insolite et amusant.

La section supérieure de la sculpture mobile de Jacques de Tonnancour, au niveau de la billetterie. La section inférieure de la sculpture mobile de Jacques de Tonnancour, suspendue dans le volume au-dessus des voies.

Ensuite, le mur de fond de la zone contrôlée principale arbore une murale subtile et souvent ignorée en brique émaillée, signée Julien Hébert. Elle commémore le titre du fameux roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, dont l’action se déroule à Saint-Henri. Les lettres du titre du roman sont formées de briques glacées dans les coloris utilisés aux quais, intercalées dans le briquetage du mur.

La murale Bonheur d'occasion de Julien Hébert, l'architecte de la station, constituée de briques glacées sur le mur ouest de la zone de contrôle.

Subséquemment, la station a accueilli une œuvre ancienne, une statue de l’explorateur Jacques Cartier, qui a réclamé le Canada pour la France en 1534. La statue bien-aimée de Joseph-Arthur Vincent coiffait depuis 1896 une fontaine dans le parc Saint-Henri avoisinant. Elle avait croulé sous les intempéries et a été réparée plusieurs fois, avant qu’on prenne la décision de la remplacer par une copie. L’œuvre originale a été restaurée et réinstallée ici en 2001, à l’abri mais toujours en vue du public. La statue trône sur un socle suspendu dans le puits de lumière nord, veillant sur la salle des pas perdus.

La statue historique de Jacques Cartier, créée par Joseph-Arthur Vincent, est située sur un socle suspendu dans le puits de lumière au-dessus du quai Côte-Vertu. À gauche, un panneau d'interprétation la présente. Détail de la statue de Jacques Cartier par Joseph-Arthur Vincent.

Finalement, la construction des nouveaux édicules a entraîné en 2025 l’ajout d’une nouvelle œuvre du 1 %, signée Véronique La Perrière M. Sous le titre Rives scintillantes, elle consiste d’une mosaïque située dans le corridor sous l’édicule Place Saint-Henri, ainsi qu’une mosaïque circulaire plus petite dans l’édicule, sur le mur de béton de la gaine d’ascenseur, au-dessus de l’escalier nord. Faite de tessons rutilants de tons de bleu et blanc, l’œuvre honore l’environnement naturel présent avant le développement du quartier, dont des cours d’eau aujourd’hui disparus tels que le lac à la Loutre et la rivière Saint-Pierre, et la végétation qu’ils nourrissaient. Le volet circulaire, visible de l’extérieur de l’édicule, surplombe la rue telle une lune.

La section inférieure de Rives scintillantes de Véronique La Perrière M, une mosaïque de tons de bleu et blanc, est située au niveau de la billetterie, dans la zone de contrôle sous l’édicule Place Saint-Henri. La section supérieure de Rives scintillantes de Véronique La Perrière M, une mosaïque circulaire de tons de bleu et blanc, située dans l’édicule Place Saint-Henri. Vue extérieure de la façade est de l’édicule Place Saint-Henri la nuit. La section supérieure de Rives scintillantes de Véronique La Perrière M surplombe la rue.

Accessibilité

Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Un ascenseur relie l’édicule de la place Saint-Henri au niveau de la billetterie et au quai Montmorency, alors qu’un deuxième relie le niveau de la billetterie au quai Côte-Vertu. Des portillons dans l’édicule de la place Saint-Henri permettent l’accès à partir de la rue, alors qu’un long corridor en zone contrôlée au niveau de la billetterie relie les deux ascenseurs.

La construction a débuté le 25 novembre 2020 et les ascenseurs ont été mis en service le 20 décembre 2024.

Historique et faits divers

Achalandage

Achalandage

2 085 670 départs en 2023
47e station en achalandage

Longueur d'interstations

Longueur d’interstations

Vers Vendôme : 1450,88 mètres
Interstation la plus longue sur l’île de Montréal
Vers Lionel-Groulx : 579,60 mètres

Origine du nom

Place Saint-Henri. La place Saint-Henri est depuis longtemps le cœur de l’historique quartier ouvrier de Saint-Henri, immortalisé dans le roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy.

La colonisation du secteur a commencé au 17e siècle par l’installation de tanneries, d’où ses premiers noms : Les Tanneries, Les Tanneries du Coteau-Saint-Pierre ou Les Tanneries des Rolland. En 1810, une chapelle dédiée à saint Henri fut érigée près des tanneries. Ce sanctuaire sulpicien a apparemment été nommé en hommage au père Jean-Henri-Auguste Roux (1798-1831), supérieur du séminaire sulpicien de Montréal. La chapelle a bientôt donné son nom au village qui se développait autour des tanneries; déjà en 1813 on l’appelait Saint-Henri ou Saint-Henri-des-Tanneries.

Aux années 1860, l’immense paroisse de Notre-Dame-de-Montréal a finalement été divisée pour mieux desservir les districts et banlieues de la ville; la paroisse de Saint-Henri-des-Tanneries fut établie en 1867. Le vocable Saint-Henri fut transféré à l’église paroissiale, construite sur l’actuelle place Saint-Henri en 1869; à son tour, la place portait officiellement le nom de l’église déjà en 1913.1

La place Saint-Henri est née en tant que jonction entre l’ancienne rue Saint-Bonaventure (aujourd’hui Saint-Jacques; voir Bonaventure) et le chemin vers Lachine (aujourd’hui la rue Notre-Dame à l’est de la place et rue Saint-Jacques à l’ouest). Le premier chemin de fer de Montréal, le Montreal and Lachine Railroad, traversait également la place, avec une gare à proximité. Ainsi, la place est devenue un nœud urbain important. Outre l’église, elle accueillait une école, un couvent, un orphelinat, un bureau de poste, des arrêts de tramway, et la mairie du village. Attirée par les emplois industriels le long du canal de Lachine, la population a connu un rapide essor, et le village de Saint-Henri-des-Tanneries a reçu son statut municipal en 1876. Il fut annexé à la ville de Montréal en 1905.

L’église et les autres édifices institutionnels furent démolis aux années 1970 pour faire place à l’école polyvalente (aujourd’hui école secondaire) Saint-Henri, la gare fut remplacée par le CLSC du quartier, la place elle-même a subi d’importantes reconfigurations lors de la construction de la station de métro et les voies ferrées ont cédé leur place à un parc linéaire aux années 1980.2

Quant au saint lui-même, saint Henri II fut empereur du Saint-Empire de 1014 à 1024 et fut canonisé en 1146. Son épouse, l’impératrice Cunégonde de Luxembourg, fut également canonisée en 1200; la paroisse avoisinante (aujourd’hui la Petite-Bourgogne) a reçu le nom de Sainte-Cunégonde en référence à Saint-Henri. La station Lionel-Groulx a failli également recevoir ce nom.

Noms proposés durant la phase de planification : Les Tanneries;3 Saint-Henri.4 Une résolution du Comité exécutif de la Ville de Montréal en date du 16 mars 1976 et portant sur les noms des stations des prolongements de la ligne orange prévoyait le nom Saint-Henri pour cette station.5 Il n’est pas certain comment on en est arrivé au nom définitif.

Père Jean-Henri-Auguste Roux

Le père Jean-Henri-Auguste Roux
(Source6)

La place Saint-Henri en 1945

La place Saint-Henri en 1945
(Source7)

Saint Henri II et son épouse sainte Cunégonde

Saint Henri II, empereur du Saint-Empire, et son épouse sainte Cunégonde
(Source8)

Faits divers

  • Cette station a servi de terminus de la ligne orange pendant environ 16 mois, soit entre sa mise en service le 28 avril 1980 et celle du prolongement jusqu’à la station Snowdon le 7 septembre 1981.
  • À l’origine, cette station était dotée de deux bouches de métro à ciel ouvert, l’une de seulement trois à en posséder avec Bonaventure et Square-Victoria–OACI. Alors que les bouches de métro à ciel ouvert sont fréquentes dans les autres métros du monde, à Montréal on les a presque entièrement évitées à cause du climat. Place-Saint-Henri était également la seule station à en avoir à l’extérieur du centre-ville et la seule à en avoir plus d’une; de plus, il s’agissait de loin des plus imposantes entrées à ciel ouvert du réseau.
  • Les deux entrées à ciel ouvert étaient situées là où se trouvent désormais les deux édicules de l’est de la station, soit du côté nord de la rue Saint-Jacques, près de l’école secondaire et la piscine, et dans la place Saint-Henri elle-même, en face de la caserne de pompiers. À différence des simples trémies d’escalier dans le trottoir, telles que l’on voit dans d’autres villes, ces deux entrées prenaient la forme d’imposants bassins de béton, hexagonal dans la place Saint-Henri et de forme irrégulière sur la rue Saint-Jacques, dont les escaliers occupaient seulement une partie de la superficie. Les deux entrées étaient reliées à un passage souterrain sous la rue Saint-Jacques, d’où des portes entraient au hall de la station.
  • Les entrées à ciel ouvert sont fermées en novembre 2020 en anticipation du chantier pour l’implantation d’ascenseurs, qui allait être accompagné par le remplacement des entrées par les édicules que l’on connaît aujourd’hui. Un jardin à l’est de l’édicule Saint-Jacques et une section foncée du pavage à l’ouest de l’édicule Place Saint-Henri commémorent les deux anciennes entrées en traçant leur contour.
  • Le choix inusité d’implanter des bouches de métro à ciel ouvert s’explique par un plan de requalification complète de la place Saint-Henri, conçu par les architectes de la station pour accompagner la construction de celle-ci. On prévoyait de piétonniser la place et implanter une longue galerie souterraine, abritant des commerces, s’étendant jusqu’au sud de la rue Notre-Dame et offrant des connexions en ville souterraine à de nouveaux bâtiments avoisinants. Le point de mire de ce projet était une sorte d’amphithéâtre surbaissé reliant la place et l’espace souterrain, où les gens pourraient se détendre sur les gradins et où on pourrait même organiser des spectacles. La galerie devait déboucher sur non moins de cinq sorties : les deux finalement construites, l’amphithéâtre, et des accès au nord et au sud de la rue Notre-Dame, intégrés à des édifices.3
  • L’autrice Gabrielle Roy, dont le livre Bonheur d’occasion est commémoré par la murale dans la salle de contrôle, a accordé à l’artiste sa permission de ce faire.9 Elle a aussi marqué l’inauguration de la station par le biais d’un message de félicitation.10
Plan architectural du niveau de la billetterie, avec le lien entre la station et un développement projeté sur la place Saint-Henri Plan architectural du niveau de la rue, avec les multiples bouches de métro à ciel ouvert prévues et le réaménagement projeté de la place Saint-Henri Maquette montrant les multiples bouches de métro à ciel ouvert prévues et le réaménagement projeté de la place Saint-Henri

Des plans architecturaux et une maquette présentant la reconfiguration de la place Saint-Henri qui devait accompagner la construction de la station, avec les multiples bouches de métro à ciel ouvert qui étaient prévues
(Gauche et centre : Source4; droite : Source11)

Construction des voûtes au-dessus des quais Construction du plafond en caissons du niveau de la billetterie Construction de l'accès Saint-Jacques Nord

Des scènes du chantier de la station
(Source11)

L'édicule Saint-Ferdinand en construction.

L’édicule Saint-Ferdinand en construction
(Source11)

Inauguration de la station et du prolongement de la ligne orange.

La cérémonie d’inauguration de la station et du prolongement de la ligne orange, le 28 avril 198010
(Source11)

Les entrées à ciel ouvert de la station avant 2020 :

Vue aérienne de la station avec ses entrées à ciel ouvert : l’entrée de forme irrégulière au nord de la rue Saint-Jacques (centre) et l’entrée hexagonale dans la place Saint-Henri (en bas à droite).

Vue aérienne de la station avec ses entrées à ciel ouvert : l’entrée de forme irrégulière au nord de la rue Saint-Jacques (centre) et l’entrée hexagonale dans la place Saint-Henri (en bas à droite)
(Source12)

L’entrée à ciel ouvert de la rue Saint-Jacques, vue du niveau de la rue.

L’entrée à ciel ouvert de la rue Saint-Jacques, vue du niveau de la rue

L’entrée à ciel ouvert de la rue Saint-Jacques, en regardant de son palier supérieur vers le niveau de la rue.

L’entrée à ciel ouvert de la rue Saint-Jacques, en regardant de son palier supérieur vers le niveau de la rue

L’entrée à ciel ouvert de la rue Saint-Jacques, vue depuis son palier inférieur avant de descendre vers la galerie souterraine sous la rue Saint-Jacques.

L’entrée à ciel ouvert de la rue Saint-Jacques, vue depuis son palier inférieur avant de descendre vers la galerie souterraine sous la rue Saint-Jacques

L’entrée à ciel ouvert de la place Saint-Henri, vue du niveau de la rue.

L’entrée à ciel ouvert de la place Saint-Henri, vue du niveau de la rue

L’entrée à ciel ouvert de la place Saint-Henri, vue d'en bas.

L’entrée à ciel ouvert de la place Saint-Henri, vue d’en bas

La galerie souterraine sous la rue Saint-Jacques entre les deux entrées à ciel ouvert. L’entrée de la place Saint-Henri est à gauche, celle de la rue Saint-Jacques à droite. L’entrée au hall de la station est au centre droit.

La galerie souterraine sous la rue Saint-Jacques entre les deux entrées à ciel ouvert. L’entrée de la place Saint-Henri est à gauche, celle de la rue Saint-Jacques à droite. L’entrée au hall de la station est au centre droit.

La sortie du hall vers la galerie souterraine, vue de l’intérieur.

La sortie du hall vers la galerie souterraine, vue de l’intérieur

  • Des scènes du film Jésus de Montréal (1989) de Denys Arcand furent tournées dans cette station, dont la scène culminante où Daniel prêche aux passagers avant de s’écrouler.
Lothaire Bluteau, Catherine Wilkening et Johanne-Marie Tremblay dans Jésus de Montréal (1989) Lothaire Bluteau dans Jésus de Montréal (1989) Lothaire Bluteau, Catherine Wilkening et Johanne-Marie Tremblay dans Jésus de Montréal (1989)
Lothaire Bluteau et Catherine Wilkening dans Jésus de Montréal (1989) Une scène de Jésus de Montréal (1989) Une scène de Jésus de Montréal (1989)

Lothaire Bluteau, Catherine Wilkening et Johanne-Marie Tremblay dans Jésus de Montréal (1989)
(Source13)

Renseignements généraux

Plan des quais

Les voitures de métro les plus pratiques pour descendre à cette station

Plan des quais - station Place-Saint-Henri

Alentours de la station

Place-Saint-Henri - Alentours de la station

Adresses des accès

Arrondissement du Sud-Ouest

A Accès Saint-Ferdinand : 555, rue Saint-Ferdinand, angle rue Saint-Jacques
B Accès Place Saint-Henri : angle de la rue Saint-Jacques et de la place Saint-Henri
C Accès Saint-Jacques : côté nord de la rue Saint-Jacques, entre la rue Saint-Ferdinand et la place Saint-Henri

Lien vers OpenStreetMap
Lien vers Google Maps

Plan de quartier de la STM (PDF)

Lien vers le site officiel

Renseignements pratiques, heures d’ouverture, fréquence des passages, lignes d’autobus

Logo STM

Dernière mise à jour : 2026-08-23

Références
  1. Auclair, Élie-J. (1942). Saint-Henri-des-Tanneries de Montréal. Montréal : De La Salle. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0005012586.  ↩
  2. Arrondissement du Sud-Ouest. (2017, 17 octobre). « La place Saint-Henri. » Mémoires des Montréalais. Montréal : Ville de Montréal. ↩
  3. Clairoux, Benoît. (2001). Le métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal : Hurtubise HMH. P. 110. ↩
  4. Hébert & Lalonde. Station de métro Saint-Henri: études préliminaires (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 9 novembre 1973. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-21F. ↩ ↩
  5. Comité exécutif de la Ville de Montréal (16 mars 1976). Résolution no. 80991. Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5310. ↩
  6. J.E. Livernois Ltée., M. J.H.A. Roux, supt. du Séminaire de Montréal. Vers 1830. Gravure. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P560,S2,D1,P1153.  ↩
  7. Conrad Poirier. Feature. Place St. Henri. 1945 (29 août). Photographie. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P48, S1, P11914.  ↩
  8. Source de l’image : Schedel, Hartmann. (1493). Liber Chronicarum (La Chronique de Nuremberg). Nuremberg : Anton Koberger. Source : Wikimedia Commons. ↩
  9. Société de transport de Montréal. (s.d.) Place-Saint-Henri (Julien Hébert). STM. ↩
  10. Chénier, André. (1980, 29 avril). 500 personnes accueillent «leur» métro à Place Saint-Henri. La Presse, p. A4. ↩ ↩
  11. © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩ ↩
  12. Photographie aérienne de la Ville de Montréal HM03035-230 (2003). Voir Géomatique Montréal, Photothèque de la Ville de Montréal. ↩
  13. Images © 1989 Christal Films ↩