LANGELIER
Art et architecture
La station Langelier, construite et décorée presque entièrement en béton, offre un exemple impressionnant de l’architecture brutaliste des années 1970. À différence de la plupart des stations où les sections de la nef construites en tunnel émergent d’un grand volume central, ici la nef constitue essentiellement une seule voûte énorme. En effet, le grand volume, au toit cintré, n’aboutit pas sur un mur tympan au-dessus de la voûte de la portion creusée en tunnel; à la place, il se contracte graduellement, à travers une série d’arches en gradins, pour rejoindre la voûte plus petite.
La salle de contrôle est aménagée sur une mezzanine dans le grand volume, qui est traversée par un corridor transversal qui la relie aux accès au nord et au sud. À l’intersection entre ce corridor et la mezzanine, la position de la barrière de perception est accentuée par deux grandes arches munies de tubes fluorescents qui soulignent la courbe de la grande voûte. L’effet frappant de cet éclairage évoque un décor de science-fiction.
Au-delà des tourniquets, la mezzanine se prolonge pour former une longue et large étendue qui rejoint les escaliers fixes vers les quais. À la tête des escaliers, les luminaires au plafond sont arrangés en arabesque pour mieux faire ressortir la voie vers les quais.
La mezzanine donne sur les quais par-dessus un large parapet incliné à un angle aigu. Sous la mezzanine et entre les deux escaliers, chaque quai présente une section de mur distinctive et monolithique qui reprend le même angle dans ses contours et les bas-reliefs sur sa surface. Les mains courantes des escaliers s’enroulent pour se poursuivre le long de ces murs, offrant une touche supplémentaire d’élégance à ces formes saisissantes.
La plupart des murs de la station se constituent de rangées ordonnées d’unités préfabriquées en béton, en forme de parenthèse, avec des sièges intégrés. Ces rangées, constituées de près de 1 200 unités au total, parcourent les murs un peu partout dans la station, unifiant ainsi tous ses niveaux.
Les puits de ventilation au niveau des quais sont cachés par de beaux écrans sculptés en métal, signés Charles Daudelin. Chacun des deux ensembles sculpturaux est constitué de sept modules rectangulaires, dont les ouvertures circulaires laissent transparaître des panneaux dans des couleurs vives de jaune, orange, rouge et magenta. Les accents colorés et le fond mauve de ces sculptures sont parmi les seuls éléments colorés de la station; s’y ajoutent les accents rouge-orange sur certains murets. Cette œuvre d’art représente une deuxième collaboration dans le métro entre Daudelin et l’architecte Victor Prus, après la station Mont-Royal.
Quant aux accès, le corridor transversal mène d’une part à l’édicule nord, et d’autre part, via des escaliers, à un autre corridor qui relie les deux édicules au sud de la rue Sherbrooke.
Les trois édicules occupent trois des quatre coins d’un carrefour. Ils partagent un design géométrique en béton, avec un toit légèrement saillant accentué par des panneaux carrés jumelés de béton qui en ressortent, avec des percées circulaires qui abritaient autrefois un luminaire.
Les deux édicules principaux sont situés diagonalement de part et d’autre du carrefour. Ils se ressemblent beaucoup, avec des baies vitrées sur presque toute la longueur des façades principales, interrompues par des colonnes de béton inclinées vers l’extérieur. Dans ces deux édicules, la trémie de l’escalier est située au centre de la pièce. À partir du couloir souterrain, les rangées d’unités murales se poursuivent jusqu’en haut des escaliers; leur protrusion en haut de la balustrade encadre et fait ressortir la cage d’escalier.
Le troisième édicule, qui n’est guère plus large que l’escalier qui le rejoint, est adossé au mur du centre commercial voisin. Moins fenêtrée, la majorité de sa façade consiste d’un mur incliné en béton cannelé.
Par son alliance de formes élégantes et stimulantes, cette station vaut bien une visite en personne.
Accessibilité
Cette station n’est pas accessible en fauteuil roulant. Aucun projet de mise en accessibilité n’a été annoncé.
Historique et faits divers
Achalandage
2 228 865 départs en 2023
45e station en achalandage
Profondeur des quais
14,0 mètres
39e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Cadillac : 518,51 mètres
Vers Radisson : 621,79 mètres
Origine du nom
Boulevard Langelier. Sir François-Charles-Stanislas Langelier (1838-1915), juriste et homme politique québécois, a connu une vie publique active. Il a occupé les fonctions de député provincial (1873-1875, 1878-1881), de commissaire des Terres de la Couronne et trésorier de la province de Québec (1878-1879), maire de Québec (1882-1890), député fédéral (1884-1898), juge de la Cour supérieure du Québec (1898-1911) juge en chef suppléant de la même Cour (1906-1911), et ultimement, lieutenant-gouverneur du Québec (1911-1915).
Cette voie de communication est baptisée rue Langelier en 1914, puis boulevard Langelier en 1968.
Sir François-Charles-Stanislas Langelier
(Source1)
Faits divers
- L’idée initiale des architectes pour l’apport artistique dissimulant les puits de ventilation prévoyait des « sculptures musicales », telles des orgues avec des tubes métalliques renfermant des morceaux de verre suspendus.2
Esquisse architecturale du hall
(Source2)
La nef de la station en chantier en 1973
(Source3)
Vue aérienne du chantier de la station en 1975.
(Source4)
Alexandre Goyette, Élie Stuart et Mylène St-Sauveur dans King Dave (2016)
(Source5)
Adresses des accès
Arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
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A Accès Sherbrooke Nord : 6595, rue Sherbrooke Est, angle boulevard Langelier |
Dernière mise à jour : 2026-07-28
Références
- Montminy & cie, c. 1910. Photo de Sir François Langelier. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P1000,S4,D83,PL35-2. ↩
- Victor Prus, André G. Dionne, architectes. Métro de Montréal, station Langelier (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 31 août 1971. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-28F. ↩ ↩
- Photographie par Paul-Henri Talbot, La Presse, 26 octobre 1973. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S4,D1623, no. 91. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-B176-017. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Images © 2016 Les Films Séville Inc. ↩
- Une certaine confusion entoure l’appellation des deux accès au sud de la rue Sherbrooke. Le site web de la STM inverse les noms mentionnés ici, sans doute en se fiant aux adresses municipales. Or, cela donnerait le nom Langelier Ouest à l’accès situé du côté est du boulevard Langelier. L’arrangement utilisé sur cette page apparaît dans d’anciens plans des alentours des stations, ex. STCUM (1995), Autour du métro : plans des environs des stations du métro de Montréal (Montréal : STCUM), p. 26. ↩

















































