ANGRIGNON
Art et architecture
Cette station magnifique occupe une superficie de 50 000 mètres carrés dans le parc Angrignon, y compris un grand terminus d’autobus desservant le sud-ouest et l’ouest de l’île de Montréal, ainsi que les autobus Exo vers la Rive-Sud.
La lumière est l’âme de la station. Dès qu’un train entre en station, la noirceur du tunnel est chassée par un éclairage naturel éblouissant, encore plus brillant qu’à la station voisine Jolicoeur.
Angrignon est la seule station dont les quais ne sont pas complètement souterrains. En effet, de jolis talus gazonnés et plantés d’arbres et d’arbustes descendent jusqu’au niveau des quais, y faisant ainsi entrer la lumière naturelle par de vastes pans vitrés aux extrémités de la nef. Ainsi, on ressent la présence du soleil et du parc partout dans la station. On y trouve également, près de chaque escalier, une fenêtre circulaire; malheureusement, des rénovations ont implanté des vitres plates au lieu des charmantes bulles hémisphériques dont elles étaient autrefois munies, en saillie vers le gazon.
Un espace au centre des quais relie le sous-sol au rez-de-chaussée, éclairant les quais à travers une charpente de poutres en béton.
Le vaste édicule, qui incorpore la salle de contrôle, est recouvert par des rangées de dômes hémicylindriques translucides et ses murs sont presque entièrement vitrés. Les dômes reposent sur une charpente de poutres en béton, ce qui permet l’utilisation de murs-rideaux tout en donnant au bâtiment un air de légèreté diaphane, tel un pavillon de bazar. En appui à cette impression, les dômes ainsi que la charpente du bâtiment s’étendent au-delà des murs pour former un large rebord sur le pourtour de l’édifice. À partir de 2014, les dômes et la fenestration ont été refaits pour régler des problèmes d’infiltration d’eau.
La jetée centrale du terminus d’autobus situé au nord de la station est coiffée de dômes qui poursuivent la toiture de l’édicule. Cette continuité protège les passagers des intempéries tout en reliant visuellement le terminus avec l’édicule de la station. Certaines autres jetées couvertes, construites ultérieurement, ont un style différent.
De part et d’autre de l’édicule, des passerelles, aménagées à même le toit au-dessus des voies, relient la station au boulevard des Trinitaires et aux sentiers du parc. Celle du côté sud-ouest passe entre deux puits de ventilation imposants mais ludiques, avec leur couleur orange vif et leur forme de cylindres biseautés; on dirait les cheminées d’un paquebot. Un stationnement incitatif, un débarcadère et un poste de taxis sont aménagés au sud de l’édicule, de même qu’une boucle d’autobus supplémentaire.
À part le verre et le béton, la palette incorpore des tons chaleureux et vifs. Les fenêtres et les dômes du toit sont encadrés par des meneaux courbes de couleur rouge-orange, qui mettent en relief la verdure; cet effet est augmenté par les bancs en bois et le carrelage de terre cuite au sol. Au milieu du quai, des panneaux jaune vif viennent pallier le manque de fenestration, et les bouches de ventilation, de grands cylindres biseautés comme leurs homologues extérieurs, sont munies de grilles de bleu, mauve et rouge.
L’implantation d’ascenseurs en 2022 a entraîné l’ajout de la première œuvre d’art de la station : une paire de murales en céramique créée par Shelley Miller, implantés sur les deux quais près des ascenseurs. Sous le titre Les boîtes vivantes, les œuvres hautes en couleur font référence à l’histoire du parc, dont les animaux autrefois exposés à l’ancien zoo et d’autres images historiques, dans le style d’un cabinet de curiosités.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
4,3 m
Station la moins profonde (ex æquo avec
Longueuil–Université-de-Sherbrooke)
Longueur d’interstations
Vers Monk : 844,29 mètres
Origine du nom
Parc Angrignon. Jean-Baptiste Arthur Angrignon (1875-1948) fut échevin du quartier Saint-Paul (1921-1934) et il fit partie du Comité exécutif de la ville de Montréal (1928-1930). Ayant joué un rôle important dans le développement du district, il fut honoré par la dénomination d’un parc de 107 hectares aménagé sur les anciens terrains de la famille Crawford, en 1927.
Variation rare : Parc-Angrignon. Ce nom était prévu par une résolution du Comité exécutif de la Ville de Montréal en date du 27 août 1974 et portant sur les noms des stations des prolongements de la ligne verte.1 Toutefois, le nom Angrignon a toujours été utilisé dès l’ouverture de la station, avec quelques exceptions : le nom Parc-Angrignon était imprimé sur certaines correspondances, et il figure aussi sur les plans du réseau officiels entre 1982 et 1986. On ignore comment il se fait que le nom adopté par la résolution a été écarté en faveur du nom définitif.
J.B. Arthur Angrignon
(Source2)
Faits divers
- Le prolongement ouest de la ligne verte devait à l’origine aboutir à la station Monk. La station Angrignon fut rajoutée aux plans à la suite de l’incendie catastrophique de la station Henri-Bourassa en 1971. La grande profondeur de cette station ayant entravé les efforts des pompiers, la Communauté urbaine de Montréal a décidé en 1973 que les stations-terminus futures devaient être moins profondes, étant donné leur fort achalandage, afin de faciliter l’évacuation des passagers et l’intervention des services d’urgence.3 La décision a également été informée par la difficulté d’implanter un terminus de métro, et surtout un important terminus d’autobus, dans un secteur densément bâti tel que celui de la station Monk.4 Le projet a procédé malgré des avertissements des ingénieurs parisiens de la RATP qu’une station dans un parc générerait un achalandage insuffisant—des craintes qui se sont manifestement avérées infondées depuis.5
L’inauguration de la station et de la prolongation de la ligne verte en 1978.
(Source7)
Plan du réseau 1983 de la CTCUM, attribuant à la station le nom Parc-Angrignon.
(Source10)
- Cette station est l’une des deux stations munies d’un prototype de borne de recharge rapide pour les autobus électriques. Ceux-ci ont été installés en 2017 ici et à Square-Victoria–OACI, soit les deux terminus de la ligne 36-Monk, afin d’y tester ces autobus. Les bornes sont capables de recharger un autobus en trois minutes à travers leur pantographe.11 L’acquisition d’autobus additionnels a permis de convertir la ligne 36 à l’opération 100 % électrique, une première au Canada.12 Toutefois, ces bornes ne se sont pas répandues par la suite, apparemment à cause des avancées depuis en matière de véhicules électriques à grande autonomie. En effet, en 2019, la STM a acheté 30 autobus avec une autonomie de 250 km, de sorte à ne pas avoir besoin de se recharger durant le service.13 Néanmoins, les autobus prototypes desservent encore la ligne 36; par conséquent, cette ligne est la seule à utiliser la boucle d’autobus supplémentaire au sud de la station, où se trouve la borne de recharge.
L’une des anciennes vitres en forme de bulle, dans les fenêtres rondes près des escaliers des quais
(Source14)
- À différence de la plupart des stations des prolongements, la station Angrignon n’était pas dotée d’œuvre d’art lors de son inauguration, peut-être parce qu’on jugeait que son design unique n’avait pas besoin d’apport artistique additionnel.15 Toutefois, le garage de trains à proximité (situé à l’ouest de la station, le long de la limite nord-ouest du parc), qui faisait partie du même contrat, a reçu une immense murale créée par Jean-Paul Mousseau, composée de panneaux métalliques jaunes, orange et rouges dans un motif répété.
Adresse de l’accès
Arrondissement du Sud-Ouest
3500, boulevard des Trinitaires, angle avenue Lamont
Attractions avoisinantes
Dernière mise à jour : 2026-09-22
Références
- Comité exécutif de la Ville de Montréal (27 août 1974). Résolution no. 71596. Archives de la Ville de Montréal, VM166-D02013-54. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z903-02. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Beauvais, André. (1973, 10 août). Les plans du métro sont modifiés : Cout : $ 190 millions. Montréal-Matin. ↩
- Une station de métro serait construite dans le parc Angrignon. (1973, 30 mai). Le Devoir. ↩
- STM. Affichage sur Facebook, le 1er septembre 2023. ↩
- Source de l’image : Bureau de transport de Montréal. (1978). [Livret sans titre à propos du prolongement de la ligne verte en 1978.] Montréal : BTM. P. 7. ↩
- Source de l’image : © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-036-05. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-036-08. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source de l’image : CTCUM. (1983, janvier). Plan du réseau C.T.C.U.M. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0006813063. ↩
- STM. (2018, 8 juin). La STM complète avec succès la première année du projet Cité Mobilité. Communiqué de presse. ↩
- STM. Bus électriques. Consulté le 14 novembre 2024. ↩
- STM. (2019, 11 novembre). Le bus électrique à grande autonomie fait son arrivée à Montréal. Communiqué de presse. ↩
- Photo de Robert Mailloux, La Presse, le 19 août 1977. Source : Fonds La Presse, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1977-0308. ↩
- Laurent, R., Price, B. (1978, 18 mars). Now Metroland shows shades of science fiction. The Gazette. ↩

















































