DE LA CONCORDE
Art et architecture
C’est une histoire de Cendrillon : la station lavalloise la plus petite et la moins achalandée est aussi la plus belle — une œuvre architecturale cohérente, originale et sereine.
La station se constitue essentiellement de trois éléments géométriques : un cube, un cylindre et un bloc. Dans la partie souterraine, le cube qui constitue le grand volume marque une pause dans le parcours du passager, dans sa descente vers les dédales du métro.
On y retrouve un espace calme et gracieux, accentué par la hauteur impressionnante des piliers et du plafond. Les éléments d’éclairage sur les piliers et les murs illuminent également le plafond à caissons de façon théâtrale. L’éclairage est accru par les puits de lumière aménagés sur tout le pourtour du cube, faisant en sorte que l’illumination change au fil des mouvements du soleil au cours de la journée, tel un immense cadran solaire.
L’atmosphère de détente est rehaussée par les matériaux sobres : de vastes étendues de béton brut pâle, du verre, de l’acier inoxydable, et un élégant carrelage bleu saphir dans les grandes sections des quais construites en tunnel.
Les garde-corps en verre le long de la passerelle descendent jusqu’au sol à côté des escaliers vers les quais pour enchâsser un élément ludique du décor, soit une série de photographies élargies de brins d’herbe. En donnant au passager le point de vue d’une fourmi, elles évoquent l’entrée dans le vaste labyrinthe souterrain qu’est le métro. Elles rappellent également l’aménagement paysager au-dessus de la station, et le bourgeonnement du métro à Laval. Le vert vif contraste harmonieusement avec les matériaux neutres et le riche bleu des murs des quais. Enfin, cet élément naturel sous le soleil des puits de lumière ajoute à la grâce et au calme du grand volume.
Un autre élément frappant est la suite de trois grandes fenêtres circulaires qui donnent sur les quais à partir du couloir reliant l’ascenseur à la salle de contrôle.
La salle de contrôle se trouve au niveau de la passerelle, dans un espace relativement restreint à part et à côté du grand volume. Elle représente l’intersection entre le volume cubique et la deuxième des formes géométriques qui composent la station : le cylindre.
Ce tube, qui contient les escaliers vers le rez-de-chaussée, surgit du sol juste avant de rejoindre l’édicule; la surface exposée est constituée d’une vaste canopée vitrée. Cet élément architectural saisissant sert à deux fonctions. Premièrement, il illumine les escaliers, pour que les passagers puissent plus facilement s’orienter par rapport à la surface. Deuxièmement, il fait transparaître à l’extérieur le mouvement des passagers, mettant en valeur le flux constant dont le réseau est constitué.
Unique dans son genre dans le réseau, cette forme remarquable et ultramoderne rappelle celle des célèbres bouches de métro de Sir Norman Foster, surnommées fosteritos, qui coiffent les stations du métro de Bilbao.
En surface, on trouve le dernier des formes géométriques dont la station est composée : le bloc élancé de l’édicule. La façade de cette structure en verre et en béton arbore un immense logotype du métro, symbole instantanément reconnaissable qui établit fermement la présence du métro dans le quartier. Cette assertion est renforcée la nuit, quand l’illumination intérieure fait de l’édicule vitré une lanterne.
Le terrain à l’est de l’édicule bénéficie d’un aménagement paysager, dont les jardins et les trottoirs sont entrecoupés par un tracé sinueux fait de dalles roses. En avant, un trottoir en pente descend du carrefour du boulevard de la Concorde et de l’avenue Ampère vers l’édicule. Élément central de l’aménagement, le toit exposé du volume cubique accueille une terrasse en bois, agrémentée d’arbres et de bancs et entourée par les lanternes des puits de lumière du grand volume en dessous. La nuit, l’éclairage interne de la station fait briller ce périmètre telle une couronne de lumière.
Le jardin qui longe le trottoir menant à l’entrée inférieure bénéficie d’un éclairage spectaculaire en soirée, en tons de mauve, de bleu et d’orange. Ce jardin accueille l’œuvre d’art de la station : une sculpture signée Yves Gendreau au titre de Nos allers-retours. Cette œuvre se constitue d’une trame entremêlée de tubes colorés vert, orange, jaune et bleu pour les quatre lignes du métro, ainsi que mauve pour le train de banlieue. Accompagnés par des tubes en métal sur lesquels sont inscrits des messages qui suggèrent des extraits d’horodateur, ils symbolisent le trajet individuel de chaque passager, qui s’entrelace avec ceux des autres pour composer le système entier.
Accessibilité
À l’instar des autres stations lavalloises, cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant, et ce, depuis sa mise en service. Un ascenseur relie les deux niveaux de l’édicule à la billetterie, située au niveau du transept, alors que deux autres ascenseurs relient la passerelle aux deux quais.
Les trains sur la ligne de train de banlieue Montréal—Saint-Jérôme sont inaccessibles en fauteuil roulant. À la gare de la Concorde spécifiquement, bien que le quai en direction de Saint-Jérôme soit accessible de plain-pied à partir du niveau supérieur de l’édicule, le quai en direction de Montréal n’est pas accessible et il faudrait prévoir un ascenseur si la ligne de train de banlieue devait être mise en accessibilité.
Historique et faits divers
Achalandage
1 208 475 départs en 2023 (métro seulement)
61e station en achalandage
Longueur d’interstations
Vers Cartier : 2073,60 mètres
Interstation la plus longue du réseau qui ne passe pas sous un cours d’eau
Vers Montmorency : 847,60 mètres
Origine du nom
Boulevard de la Concorde. L’ancienne ville de Pont-Viau a choisi ce nom pour un boulevard nouvellement ouvert le 21 juin 1956. Ce nom fait partie d’un système odonymique faisant référence à différents lieux en France, et commémore la célèbre place de la Concorde à Paris.1
La place de la Concorde se trouve au pied des Champs-Élysées dans le 8e arrondissement. Dessinée en 1755, elle était appelée à l’origine place Louis XV. Pendant la Révolution française, elle perd son toponyme monarchique en faveur du nom de place de la Révolution. La guillotine vient y trôner et 1 343 personnes y seront exécutées, dont le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, Lavoisier et Robespierre. Après la fin du Règne de Terreur, la place reçoit son actuelle dénomination en 1795 en guise de geste de réconciliation; ce nom devient définitif après la Révolution de juillet en 1830. En 1838, on y érige l’obélisque de Louqsor. Sous la place, la station de métro Concorde dessert les lignes 1, 8 et 12 du métro de Paris — en quelque sorte une « station sœur » …
Forme alternative occasionnelle : Concorde.
La place de la Concorde à Paris
(Source2)
Faits divers
Rendu architectural de la station
(Source3)
Le grand volume en chantier
(Source3)
Construction de la terrasse sur le toit du grand volume
(Source3)
Une étape plus avancée de la construction du grand volume
(Source3)
- Des scènes de l’émission télévisée Jack Ryan, plus précisément l’épisode final de la première saison, « Inch’Allah » (« Inshallah ») (2018), furent tournées dans cette station. Elle a représenté deux stations du métro de Washington, soit Navy Yard-Ballpark et, brièvement, Waterfront. L’extérieur de la station fut inséré visuellement dans une vue de Washington, et dans le cas de la station Waterfront, les carreaux bleus ont été numériquement remplacés par du blanc. D’autres scènes furent tournées dans les tunnels (avec l’addition numérique d’un train du métro de Washington) et dans la ville souterraine du Quartier international, qui a également représenté une partie de la station Waterfront.
John Krasinski et Ali Suliman dans l’épisode « Inch’Allah » (2018) de l’émission Jack Ryan
(Source4)
Adresses des accès
Ville de Laval, quartier de Laval-des-Rapides
Zone tarifaire B
Entrée avant : 1200, boulevard de la Concorde Ouest, angle avenue Ampère
Entrée arrière/gare/stationnement incitatif/débarcadère : 1250, rue Léo-Lacombe, angle avenue Ampère
Attractions avoisinantes |
Dernière mise à jour : 2026-09-07
Références
- Johanne Picard, Service de l’urbanisme, Ville de Laval. Communication personnelle, le 5 février 2026. ↩
- Source : Jorge Royan, Wikimedia Commons. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons CC BY-SA 3.0. ↩
- Source : © Agence métropolitaine du transport. ↩ ↩ ↩ ↩
- Images © 2018 Paramount Television et Amazon Content Services. ↩
Cartier

























































