JEAN-TALON
Architectes
Ligne orange (1966) : Gilles Duplessis, Henri P. Labelle, Gérard Derome
Édicule Jean-Talon Nord (1968-69) : (inconnu)
Ligne bleue (1986) : Gilbert Sauvé (BTM)
Édicule Jean-Talon Sud (2015) : STM, Section Architecture
Mise en service
Ligne orange : 14 octobre 1966
Ligne bleue : 16 juin 1986
Art et architecture
À l’origine une simple station de la ligne orange dans le réseau initial du métro, en 1986 cette station fut adaptée pour devenir la première station-correspondance de la nouvelle ligne bleue. La nef de la nouvelle station a été creusée sous la station originelle, avec un ensemble de couloirs et galeries pour relier les deux. Il s’agit donc de la seule station-correspondance du réseau montréalais qui n’a pas été conçue à cette fin dès le départ. Malheureusement, le résultat en est un tissu d’éléments disparates où l’on se repère avec une certaine difficulté et qui présente de surcroît un aspect plutôt défraîchi.
La station originelle, construite en tunnel à partir d’une tranchée d’accès, est un exemple raisonnable et sans particularité du style austère commun à la section nord-sud de la ligne orange du réseau initial. La plupart des murs des quais de la ligne orange sont revêtus de brique verticale blanc cassé, entrecoupée par de fines bandes de céramique bleu cobalt. Les planchers sont pavés de morceaux irréguliers de pierre grise ou couleur olive, disposés en carrés.
Le grand volume à l’extrémité sud accueille désormais les gaines des ascenseurs. Ces derniers sont venus partiellement obscurcir une rangée de trois colonnes élégantes sur chacun des quais, de section elliptique et revêtues d’acier inoxydable et de carreaux bleus. La disposition de ces colonnes rappelle les colonnades de la station Rosemont, œuvre des mêmes architectes. Chacun des quais dispose d’un couloir redondant débouchant sur les escaliers vers la billetterie. Il s’agit d’un vestige du système de circulation à sens unique des passagers qui a été incorporé dans la conception du réseau initial mais rapidement abandonné après le début du service.
La salle de contrôle, à l’extrémité sud de la station originelle et donnant sur celle-ci, est une salle linéaire un peu étriquée sur laquelle convergent plusieurs accès : les édicules Jean-Talon Nord et Sud du côté ouest, et l’entrée Tour Jean-Talon et l’accès par ville souterraine à cet édifice du côté est. Les passages vers ces accès et la zone contrôlée sont séparés par des grillages en métal, ce qui contribue à l’encombrement visuel de l’espace. Quelques sections du mur sont rehaussées de carreaux bleus, de forme carrée et présentant une texture géométrique répétée intéressante.
L’accès à la ligne bleue passe par deux vastes galeries, excavées à ciel ouvert de part et d’autre de la station de la ligne orange. Chacune dispose d’un niveau supérieur assurant l’accès à la ligne orange et un niveau inférieur desservant le quai Snowdon et, par des escaliers, le quai Saint-Michel. Les différents niveaux sont reliés visuellement par des ouvertures, dont les parapets offrent des vues imprenables sur le niveau inférieur. En haut, le plafond est soutenu par une charpente d’arches en forme de triangles peu profonds, élément inspiré par le style architectural dombellotiste.1 Chaque galerie est agrémentée par un puits de lumière.
Depuis les quais de la ligne orange, plusieurs couloirs, dont certains sont très longs, relient la station initiale aux galeries donnant accès à la ligne bleue. Le milieu de chaque quai de la ligne orange est relié directement à l’une des deux galeries. Les galeries sont aussi reliées entre elles par un corridor passant sous les voies de la ligne orange, permettant l’accès aux deux quais de la ligne orange à partir de l’une ou l’autre des galeries. Finalement, un tunnel ajouté après la construction de la ligne bleue2 part du pied de l’escalier entre la salle de contrôle et la tête du quai Côte-Vertu pour rejoindre la galerie ouest, afin d’assurer un lien plus direct entre les entrées de la station et la ligne bleue. La multiplication des tunnels crée un effet assez labyrinthique.
Les quais bleus sont superposés (disposés l’un par-dessus l’autre) plutôt que latéraux comme la plupart des stations. Cette disposition a permis de minimiser la largeur de la nef de la ligne bleue, afin de pouvoir la creuser sous la ligne orange sans devoir fermer cette dernière. Les quais sont pour la plupart construits en tunnel, sauf l’extrémité ouest du quai Snowdon, surplombée par le grand volume de la galerie.
Le décor des quais et des galeries de la ligne bleue est tout à fait distinct de celui de la ligne orange, misant sur des couleurs et motifs beaucoup plus forts que le design sobre de la station originelle. Or, l’effet bigarré créé par la juxtaposition n’est pas toujours avantageux. Les murs de la nouvelle section sont revêtus de blocs gris foncé; au-dessus des voies, des motifs de flèche représentent la direction du roulement des trains.
L’élément le plus frappant du nouveau décor est le carrelage au sol, constitué de carreaux colorés en grès cérame Sialex, en tons d’orange et de bleu pour représenter le croisement de ces lignes. En effet, les planchers au niveau de la ligne orange sont pavés de carreaux orange, ceux aux niveaux des quais de la ligne bleue en bleu. Les porte-enseignes suspendus sont peints des mêmes couleurs en fonction de leur niveau. Les motifs au sol, en forme de cercles ou demi-cercles concentriques, servent de repères directionnels, indiquant le chemin vers la ligne qui correspond à leur couleur.
En plus des galeries et des quais de la ligne bleue, ce carrelage a été intercalé dans le pavage des quais de la ligne orange, autour des couloirs vers la ligne bleue. C’est l’architecte de la nouvelle partie de la station, Gilbert Sauvé, qui a conçu le carrelage au sol, les motifs circulaires (qu’il a appelés « rosaces »1), ainsi que les motifs de flèche déjà mentionnés.
L’œuvre d’art la plus saillante de la station est une gigantesque murale de 256 panneaux, dans la galerie ouest surplombant le quai Snowdon; elle continue en bas jusqu’au niveau du quai Saint-Michel. Signée Judith Bricault Klein, elle symbolise par ses formes de train en orange et en bleu le dynamisme et la motion créés par la correspondance entre les lignes. Par ailleurs, les formes et les couleurs présentées par cette murale s’harmonisent avec celles du carrelage au sol créé par l’architecte.
Autre élément intéressant, des formations de calcaire Chazy dans leur état naturel ont été préservées près des escaliers reliant le quai Saint-Michel à chacune des galeries. Ainsi, cette station représente l’un des seuls endroits dans le réseau où le roc naturel est visible, avec Snowdon et la station du REM à Édouard-Montpetit (par coïncidence, les deux autres stations de correspondance de la ligne bleue). Malheureusement, ces zones sont un peu sombres et négligées.
La grande superficie du niveau supérieur de la galerie ouest contient un local de gérant de station. Dans la galerie est, une deuxième barrière de perception sans personnel assure le lien avec une sortie éloignée desservant la Plaza Saint-Hubert. Cette sortie occupe un petit édicule de brique et béton.
Quant aux autres entrées, qui débouchent sur la salle de contrôle principale, il y en a quatre : une entrée intégrée à la tour Jean-Talon, un accès de ville souterraine vers le centre commercial dans la même tour, ainsi que deux accès de part et d’autre de la rue Jean-Talon. Chaque accès a un décor totalement différent, puisqu’ils ont été construits ou reconstruits à des moments différents.
Au moment de son inauguration, la station disposait de deux édicules, qui correspondent aux entrées Jean-Talon Sud et Tour Jean-Talon. Ce dernier, le plus spacieux des accès de la station, fut intégré au rez-de-chaussée de cette tour lors de la construction de celle-ci en 1977. Il est revêtu de la même brique horizontale gris pâle que la salle de contrôle, assortie de grands miroirs. La tour et son centre commercial disposent également d’un lien souterrain direct vers la salle de contrôle, un couloir courbe revêtu de brique glacée d’un orange vif, voire criard.
L’édicule Jean-Talon Sud a été entièrement reconstruit deux fois. Un édicule construit dans le cadre du Réno-Métro 1999-2000 pour remplacer l’édicule temporaire d’origine a été lui-même démoli en 2015 et reconstruit pour recevoir un ascenseur. Le nouvel édicule, au plan simple rectangulaire, est paré de briques gris ardoise et bien fenêtré afin de maximiser l’éclairage naturel.
La reconstruction a apporté une nouvelle œuvre d’art, située sur le mur au-dessus de l’escalier. Il s’agit d’un photomontage sur panneaux d’aluminium, signé Yann Pocreau. Portant le titre Correspondances, cette œuvre combine des plans de la station et les couleurs de ses lignes à des extraits du premier recensement de la Nouvelle-France, effectué en 1666 par l’intendant Jean Talon.
Pour sa part, l’édicule Jean-Talon Nord fut ajouté en 1968-69, peu de temps après l’inauguration de la station. Sa construction avait été remise afin de minimiser la perturbation de la circulation automobile, puis entreprise afin d’améliorer la sécurité en épargnant la traversée de la rue Jean-Talon aux piétons en provenance du nord.3, 4 Le bref délai a suffi pour permettre le passage à un nouveau courant architectural : cet édicule représente l’une des premières apparitions du style brutaliste dans le réseau. Revêtu principalement de béton cannelé, il présente des murs en forme de dents de scie avec des fenêtres triangulaires. Malgré son intégration à un immeuble résidentiel, d’importantes sections de la structure originelle ont été préservées.
Accessibilité
Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Un ascenseur relie la sortie Jean-Talon Sud et le niveau de la billetterie, et deux autres relient la zone contrôlée de la billetterie et les quais de la ligne orange. Finalement, un ascenseur dans la galerie ouest relie les quais de la ligne bleue et le quai Côte-Vertu.
Malheureusement, aucun ascenseur n’existe dans l’autre galerie et aucun n’est prévu. Ainsi, les passagers ayant besoin des ascenseurs pour correspondre entre la direction Montmorency et la ligne bleue doivent passer par le quai de la ligne Côte-Vertu, ce qui implique de monter au niveau de la billetterie et en redescendre, en utilisant les deux ascenseurs prévus à cette fin.
Les trois premiers ascenseurs, desservant la ligne orange, ont été mis en service le 10 juin 2015, et le quatrième, vers la ligne bleue, le 7 novembre 2019.
Historique et faits divers
Achalandage
4 516 300 départs en 2023
15e station en achalandage (sans tenir en compte les correspondances)
Profondeur des quais
Quais ligne orange : 10,4 mètres
Quai Snowdon : 18,6 mètres
Quai Saint-Michel : 23,8 mètres
8e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers
Beaubien : 712,10 mètres
Vers
Jarry : 977,10 mètres
Vers
De Castelnau : 471,60 mètres
Vers
Fabre : 839,60 mètres
Origine du nom
Jean Talon. Après une carrière militaire de dix ans, Jean Talon (1626-1694) fut nommé intendant de la Nouvelle-France 1665-1668 et 1670-1672 sous le roi Louis XIV. Durant son service, il a pris plusieurs démarches pour améliorer les communications, réorganiser le système judiciaire et densifier le peuplement. Il a pris plusieurs mesures pour diversifier l’économie et a attiré environ 2 000 colons. Il est aussi connu pour avoir mené à bien le premier recensement du Canada. Toutefois, plusieurs de ses réformes ne lui ont pas survécu.
La rue Jean-Talon s’étend de la ville de Mont-Royal à l’ouest jusqu’à Anjou à l’est. Elle est composée de plusieurs tronçons ouverts à différentes époques sous différents noms puis reliés entre eux. L’odonyme Jean-Talon a été appliqué à une portion de l’artère actuelle pour la première fois en 1927.5
Jean Talon
(Source6)
Faits divers
- Un plan préliminaire comprenait un édicule supplémentaire du côté nord de la rue Jean-Talon, sur un îlot entre la rue Lajeunesse et l’avenue De Chateaubriand devant l’église orthodoxe St. George. Ce même plan prévoyait deux édicules à la place de celui au sud-est de l’intersection des rues Jean-Talon et De Saint-Vallier (le futur accès Tour Jean-Talon), accompagnés d’une boucle d’autobus.
- Le programme artistique d’œuvres sur des sujets historiques proposé par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme, et jamais complété, prévoyait que cette station accueillerait une murale de Stanley Cosgrove au sujet de « l’arrivée des Filles du Roy à Montréal », ainsi que deux statues de « Bradstein » (probablement Marcel Braitstein) représentant Jean Talon et Jean-Baptiste Colbert.7, 8
Un plan préliminaire prévoyant un édicule supplémentaire au nord-est de la station, ainsi que deux édicules à la place de l’édicule intégré plus tard à la Tour Jean-Talon
(Source9)
La salle de contrôle en chantier, juillet 1966
(Source10)
Ces écrans sculpturaux uniques, complexes et délicats ornaient à l’origine la salle de contrôle. Malheureusement, ils ont été enlevés et remplacés par des grilles banales en métal.
(Source11)
L’ancien édicule de l’actuelle sortie Tour Jean-Talon en chantier, 1965 ou 1966
(Source12)
Vue aérienne des trois édicules originels de la station : Jean-Talon Sud (en haut à gauche), Jean-Talon Nord (en haut à droite) et le futur accès Tour Jean-Talon (gauche).
(Source13)
Le premier édicule Jean-Talon Sud
(Source14)
Comme la construction de l’édicule Jean-Talon Nord avait été remise, au moment de l’inauguration de la station, le futur passage vers cet accès en haut du grand volume aboutissait à un mur. En dessous, on voit les barrières et les portillons servant à la séparation de la circulation passagère, un système retiré peu de temps après l’inauguration du réseau initial.
(Source15)
L’édicule Jean-Talon Nord, avant son incorporation au rez-de-chaussée d’un nouveau bâtiment en 2007
(Source14)
- Durant la visite du pape Jean-Paul II au parc Jarry le 11 septembre 1984, la journée la plus achalandée de l’histoire du métro, les galeries menant vers la ligne bleue, toujours en construction, ont été ouvertes temporairement pour accommoder l’afflux de passagers.1
- La station Jean-Talon est l’une de seulement trois, avec Longueuil–Université-de-Sherbrooke et McGill, à posséder des barrières de perception au niveau des quais. Cependant, les deux autres stations ont des barrières de perception qui donnent directement sur les quais, alors qu’ici, les tourniquets qui desservent l’édicule Saint-Hubert, situés sur le même niveau que le quai Montmorency, se trouvent dans la galerie est, à environ 70 mètres du quai.
Maquette architecturale de la station de la ligne bleue, dont on voit les voies passer sous la nef de la ligne orange
(Source14)
Esquisse architecturale du quai Snowdon et de la galerie ouest
(Source16)
Cérémonie d’inauguration de la ligne bleue et de la station-correspondance Jean-Talon, le 11 juin 1986. Au centre, Louise Roy, directrice générale de la STCUM.
(Source14)
L’édicule Saint-Hubert en chantier, vers 1984
(Source14)
Le deuxième édicule Jean-Talon Sud, dessiné par les architectes Giasson, Farregut & Archambault.17 Construit durant le programme Réno-Métro 1999-2000, il fut démoli à son tour en 2013 afin d’accueillir l’implantation d’un ascenseur.
Adresses des accès
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Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie A Accès Tour Jean-Talon : 522, rue Jean-Talon Est, angle rue De Saint-Vallier Arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension B Accès Jean-Talon Nord : 7100, rue Berri, angle rue Jean-Talon Est |
Ville souterraine
Attractions avoisinantes |
Dernière mise à jour : 2026-09-13
Références
- Sauvé, Gilbert. Présentation durant une visite guidée des stations de la ligne bleue, le 30 septembre 2017. ↩ ↩ ↩
- Senosier Roberge, Véronique (réalisatrice). (2019, 7 octobre). « Station Jean-Talon » [épisode d'émission télévisuelle]. Le métro voyage dans le temps. MAtv Montréal. ↩
- Commission de transport de Montréal. (1969). Rapport annuel/Annual report 1968-69. Montréal : auteur. P. 9. ↩
- Nouvel accès à la station Jean-Talon. Le Guide du Nord, 12 septembre 1967. Source : Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5272, p. 15. ↩
- Fiche descriptive : Rue Jean-Talon Est. Commission de toponymie du Québec. ↩
- Claude François (dit Frère Luc). 1671. Portrait de Jean Talon. Huile. Monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec, Québec. Source : Wikimedia Commons. ↩
- Gagnon, Lysiane. (1967, 25 mars.) On va décorer notre métro. La Presse, supplément 1, pp. 4-9. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
- Une fois décoré, le métro sera un livre d'images sur Montréal. (1968, 25 février). Le Petit Journal, p. 7. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-015-02. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M194-002. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M246-028. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-MD48-021. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-B176-107. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M246-001. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Gilbert Sauvé. La station correspondance Jean-Talon (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). Juin 1979. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-31F. ↩
- Martins-Manteiga, John. (2011). Métro : Design in motion/Le design en mouvement. Montréal : Dominion Modern. P. 338. ↩
Beaubien













































































