JOLIETTE
Art et architecture
Le décor singulier de cette station a assez mal vieilli. Les murs le long des quais, dans les édicules et dans certaines parties du niveau de contrôle forment des étendues ininterrompues de briques jaune mat, qui leur donnent un air institutionnel plutôt terne.
La salle de contrôle est aménagée immédiatement au-dessus des quais et communique directement avec ceux-ci sans transept. Ainsi, le plancher de cette salle interrompt la voûte de la nef construite en tunnel; cette étendue de plafond plat plutôt bas crée une certaine impression d’écrasement et d’isolement. Les sièges rouge-orange au niveau des quais, en quantité insuffisante, rappellent ceux d’une gare routière défraîchie.
D’autres murs reprennent la finition de béton cannelé de la station avoisinante Pie-IX, œuvre du même architecte, tandis que les murs d’accent aux tympans de la nef et près des escaliers sont parés de petits carreaux hexagonaux de couleur or ponctués par d’étranges cercles rouge-orange.
Depuis la salle de contrôle, avec son plafond en voûtes en berceau, des couloirs s’étendent vers le nord et vers le sud pour rejoindre les édicules situés de part et d’autre de la rue Hochelaga. Les édicules sont grands, mais plutôt quelconques; les toits en béton sont construits en saillie et les murs sont parés des mêmes briques jaunes.
L’édicule sud possède trois éléments distinctifs. D’abord, l’intérieur de l’édicule dégage un très haut volume ensoleillé au-dessus de la cage d’escalier vers le niveau de contrôle; la lumière du jour est admise par les fenêtres latérales et des lanterneaux de forme pyramidale. Aussi, l’édicule a été conçu de sorte à intégrer la ruelle limitrophe pour en faire un accès aux rues perpendiculaires; des enseignes du métro aux extrémités de cette ruelle signalisent la présence de cet accès par l’arrière de l’édicule.
Finalement, un rajout maladroit a été construit sur le toit en 2018-19 pour abriter des locaux techniques. Sa forme et son parement en tons de gris et de couleur paille détonnent avec le bâtiment existant et le voisinage, tandis que l’implantation de la cage d’escalier derrière l’édicule, une construction assez lugubre, a malheureusement exigé l’amputation d’une section importante du joli jardin étagé entourant l’accès.
L’œuvre d’art de la station, créée par l’architecte, est une vraie pièce d’époque. Cette installation murale occupe le mur de fond de la salle de contrôle. Le boîtier en acier inoxydable hautement poli est percé par une courbe au fond, épousant la forme de la voûte du tunnel en dessous; celle-ci représente le Soleil, alors que cinq cercles représentent les planètes Mercure, Vénus, Terre, Mars et Jupiter. Ces perforations sont remplies de grandes bulles informes de verre coloré, éclairé de l’intérieur du châssis. Le moins que l’on puisse en dire, c’est que son style inimitable des années 1970 s’accorde avec l’ensemble du décor.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
14,3 mètres
38e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Préfontaine : 383,43 mètres
Vers Pie-IX : 766,88 mètres
Origine du nom
Rue Joliette. Barthélemy Joliette (1789-1850), notaire de L’Assomption, fut député à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada (1820, 1830-32), puis membre du Conseil législatif (1832-1838). En 1813, il acquiert une partie de la seigneurie de Lavaltrie à travers son mariage. En 1832, il fonde dans le nord de ce territoire le village d’Industrie (aussi L’Industrie ou Industry Mills). Celui-ci est constitué municipalité en 1845.1 Lors de son incorporation comme ville en 1864, il prend le nom de son fondateur, devenant ainsi la ville de Joliette.2
Pour sa part, la rue Joliette a reçu son nom en 1892.3
Barthélemy Joliette
(Source4)
Faits divers
- À l’origine, l’architecte planifiait une œuvre d’art représentant un coucher du soleil5, peut-être inspiré par l’emplacement prévu sur le mur ouest de la salle de contrôle, avant de passer au sujet du système solaire. Un titre anciennement attribué à l’œuvre actuelle, Thème des mouvements du soleil, était plutôt celui de l’idée antérieure.
- Les plans préliminaires prévoyaient de revêtir les murs des quais de panneaux préfabriqués de béton avec agrégats apparents. La brique colorée devait se limiter à certains murs seulement. De plus, les fenêtres des édicules devaient être diagonales plutôt que rectangulaires.5
Esquisse architecturale de la salle de contrôle
(Source5)
Esquisse architecturale de l’aménagement prévu de la ruelle derrière l’édicule sud
(Source5)
Esquisse architecturale de l’édicule nord, montrant les fenêtres diagonales prévues pour les édicules
(Source5)
Maquette architecturale des édicules de la station
(Source6)
L’excavation de la station durant sa construction
(Source7)
Adresses des accès
Arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
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A Accès Hochelaga Nord : 3575, rue Hochelaga, angle rue Joliette |
Attractions avoisinantes
- Place Simon-Valois — Promenade Luc-Larivée
- Parc Lalancette
- Église du Très-Saint-Rédempteur
Dernière mise à jour : 8 Oct 2026
Références
- Robert, Jean-Claude. (1972, décembre). Un seigneur entrepreneur, Barthélémy Joliette, et la fondation du village d’industrie (Joliette), 1822-1850. Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 26, no. 3. ↩
- Fiche descriptive : Joliette (Ville). Commission de toponymie du Québec. ↩
- Fiche descriptive : Rue Joliette. Commission de toponymie du Québec. ↩
- J. O. Legault, c. 1936. L’Honorable Barthélémy Joliette, fondateur de la ville et du collège (carte postale). Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0004058553. ↩
- Marcel Raby. Station de métro Joliette : étude préliminaire (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 8 mars 1972. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-29F. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- © Archives de la STM. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-B176-034. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
Préfontaine







































