PIE-IX
Mise en service
6 juin 1976
Art et architecture
Cette station, le point d’accès principal au Stade olympique et aux autres installations olympiques, mise sur la sobriété. Le parement mural de brique brune et de béton cannelé éclaté, un choix typique de l’époque, prête un air de puissance calme qui met en relief l’émoi des foules qui y passent.
Les espaces de la station sont aménagés en fonction de la nature de l’achalandage prévu, avec de grands afflux soudains de passagers avant et après les événements au stade. Ainsi, la station est construite avec des accès aussi larges que possible. Les escaliers depuis les édicules et le lien souterrain vers le stade débouchent sur une immense salle des pas perdus, qui offre un espace de circulation extrêmement généreux. De là, par une très longue rangée de tourniquets, on accède à une mezzanine encore plus vaste au-dessus des quais.
Afin d’accommoder ces grandes aires de circulation, la station a été construite en tranchée. La mezzanine, occupant le centre de la nef, est reliée aux quais par quatre courts escaliers par quai. Chaque extrémité de la mezzanine donne sur un grand volume surplombant les quais; les parapets fermant la mezzanine ont été vitrés pour des raisons de sécurité incendie lors des travaux de 2020-2022. Détail intéressant, ces parapets partagent leur forme insolite, incurvée au centre, avec les plafonds au-dessus des extrémités des quais. Une charpente imposante de colonnes, arches et poutrelles transversales appuie le toit de la station.
Les sièges jaune vif au niveau des quais et de la salle des pas perdus ont une forme identique à ceux à la station Joliette avoisinante, œuvre du même architecte. Les planchers sont revêtus de carreaux de couleur ocre, disposés dans de beaux motifs en éventail. Par ailleurs, ce motif se poursuit jusque dans le hall du stade.
Dans la salle des pas perdus, les carreaux forment des cercles concentriques qui reflètent des cercles semblables dans le plafond; ces derniers devaient à l’origine accueillir des puits de lumière.3 Ces ouvertures circulaires accueillent depuis 2025 une œuvre d’art de Francis Montillaud, conçue comme œuvre du 1 % pour le chantier de l’installation d’ascenseurs. Sous le titre Point de mire, les trois sculptures circulaires en forme d’anneau rappellent les couronnes de laurier décernées aux champions de l’Antiquité, alors qu’elles reprennent l’or, l’argent et le bronze des médailles des Jeux olympiques modernes.
Cette installation s’inscrit parmi plusieurs œuvres d’art qui ornent la station, toutes en lien avec les Jeux olympiques. Trois de ces œuvres ont été créées par l’architecte de la station, Marcel Raby. Sur le mur du quai Angrignon, les anneaux olympiques sont sculptés en bronze. Au-dessus d’un escalier menant au même quai, un puits de ventilation est dissimulé par une grille décorative avec un motif composé de tubes aux couleurs olympiques.
Une troisième sculpture murale, également basée sur les anneaux olympiques, comprend cinq disques décorés de pommeaux de céramique glacée aux couleurs olympiques, disposés en pente descendante le long du trajet des passagers. Cette œuvre était longtemps presque entièrement cachée de la vue des passagers, car elle était située dans un accès secondaire vers le quai Angrignon (voir Faits divers, plus bas), fermé au public depuis la fin des Jeux. Heureusement, une importante réfection effectuée en 2020-2022 a donné l’occasion de redécouvrir la murale, désormais réinstallée en face de l’accès vers le stade au niveau de la billetterie.
Or l’œuvre la plus saillante est le relief sur le mur de la zone de contrôle, de Jordi Bonet. Cette puissante œuvre porte comme titre la devise olympique Citius, Altius, Fortius (plus vite, plus haut, plus fort). L’œuvre est composée d’une longue frise en béton, coulée à même le mur sur un moulage des plus complexes; divisée en trois sections, elle représente l’endurance physique à travers une série d’images abstraites et métaphoriques. Au centre, un panneau d’aluminium arbore une figure mythique, représentant l’aspect spirituel au cœur du dépassement de soi.
Quant au rez-de-chaussée, l’entrée Pie-IX Est fut conçue par l’équipe de l’architecte du Stade olympique, Roger Taillibert,1 car elle est intégrée à l’esplanade olympique. Elle assume la forme insolite d’une rotonde, reprenant la courbe du stade. La mise en accessibilité de la station en 2020-22 a exigé une modification légère de la forme circulaire de l’espace, sans toutefois affecter celle de la façade sur la rue; un coin a été ajouté au fond à gauche pour recevoir un ascenseur.
Immédiatement au nord de cette entrée, une station du corridor d’autobus Service rapide par bus (SRB) Pie-IX a été construit en 2023. La station, au nom de Pierre-De Coubertin, prend la forme d’un toit métallique qui se courbe à son extrémité droite pour rejoindre le sol. Ce toit est visuellement supporté par de courts tronçons de mur le long de son côté arrière, qui sont décalés verticalement entre eux à cause de la pente de la rue. Ils sont peints de noir et de sarcelle, les couleurs signature du SRB Pie-IX. Malheureusement, à différence des autres stations du SRB, la station Pierre-De Coubertin ne possède pas de volet de l’œuvre d’art de Jean-Sébastien Denis, Kyrielle. Tous les panneaux juchés sur le toit arborent plutôt le losange qui représente les voies réservées pour autobus. Notons aussi que seul le côté est (embarquement direction nord) est présentement doté d’un abri. On peut présumer qu’un abri sera construit du côté ouest dans le cadre du prolongement vers la rue Notre-Dame au sud.
L’édicule plus traditionnel du côté ouest du boulevard, de forme rectangulaire avec un toit de béton en saillie typique de l’époque, est relié à la mezzanine par un corridor curviligne. Cet édicule, comme son homologue, est doté d’un ascenseur, afin de desservir les deux côtés du SRB Pie-IX.
L’édicule ouest contient un deuxième volet de l’œuvre Point de mire de Francis Montillaud : trois disques, encore une fois dans les couleurs des médailles olympiques, décorés de formes en haut relief qui suggèrent les pictogrammes stylisés qui ont représenté les différents sports présentés aux Jeux olympiques de 1976. Les disques sont accrochés au-dessus des escaliers vers la station.
Somme toute, grâce à ses espaces impressionnants, sa valeur historique et son apport artistique, surtout l’œuvre remarquable de Jordi Bonet, cette station vaut amplement le déplacement.
Accessibilité
Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Il y en a quatre : un reliant chaque édicule au niveau de la billetterie, et un entre ce niveau et chacun des quais. De plus, le Stade olympique offre un lien intérieur de plain-pied entre ses entrées au niveau de la rue et la billetterie de la station.
Les travaux d’implantation des ascenseurs se sont déroulés entre le 13 octobre 2020 et le 14 novembre 2022, s’achevant peu de temps après la mise en service du SRB Pie-IX.
Historique et faits divers
Achalandage
4 155 312 départs en 2023
18e station en achalandage
Profondeur des quais
10,1 mètres
55e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Joliette : 766,88 mètres
Vers Viau : 621,85 mètres
Origine du nom
Boulevard Pie-IX. Le pape Pie IX, né Giovanni Maria Mastai Ferretti (1792-1878), devient le 253e souverain pontife en 1846. Il proclame notamment le dogme de l’Immaculée Conception de Marie en 1854, et en 1868 il convoque le Premier conseil du Vatican, qui en son tour établit le dogme de l’infaillibilité papale. Son règne, le plus long de tous les papes (sauf celui attribué traditionnellement à saint Pierre), a vu la chute des États pontificaux et leur annexion par le royaume d’Italie en 1870. Malgré des controverses au sujet de ses positions antisémites, il fut nommé bienheureux par Jean-Paul II en 2001.
La rue Pie-IX fut ouverte en 1874, durant son pontificat, et le nom boulevard Pie-IX fut officialisé en 1912.
Le pape Pie IX
(Source4)
Faits divers
- Durant la planification de la station, le BTM a reçu le mot d’ordre de la compléter aussi rapidement que possible, afin de ne pas entraver la construction du Stade olympique et des installations attenantes. En effet, la construction a débuté en 1971 et le gros des travaux était complété dès 1974.1
- Puisque le site du Parc olympique était un terrain vide avant la construction du métro et des installations olympiques, toutes les installations du métro qui s’y sont construites—soit les stations Pie-IX et Viau et le tunnel entre elles—ont pu être creusées à ciel ouvert. Cela a permis de construire le tunnel avec trois voies plutôt que deux, de sorte à permettre de stationner un train à l’est de la station Pie-IX pour offrir plus de capacité lors de grands événements.1
- Les dessins préliminaires de la station, présentés avant que le projet du Stade olympique ne prenne sa forme définitive, envisageaient des édicules dont les toits devaient prendre des formes anguleuses remarquables.5
Le concept originel des édicules de la station
(Source5)
Vue aérienne du chantier de la station et du Stade olympique
(Source6)
- Ces mêmes plans prévoyaient également une murale sur le thème mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain), qui devait se trouver sur le quai Angrignon là où se trouvent aujourd’hui les anneaux olympiques.5
- En décidant de remplacer ce dernier projet par le logotype olympique, l’architecte Marcel Raby prévoyait d’afficher le logotype spécifique des Jeux olympiques 1976 de Montréal. Or, il a été informé que ce logotype n’était pas définitif; en effet, celui-ci a subséquemment été modifié. En vue de l’incertitude, l’architecte a finalement opté pour les anneaux olympiques tout simplement.1
- Les murs en brique de cette station devaient être de couleur olive,5 mais le brun a été choisi à sa place à la dernière minute.
- Cette station a été ouverte d’avance, le 1er mars 1976, mais uniquement pour desservir les ouvriers de construction qui travaillaient sur les installations olympiques. Des trains spéciaux reliaient les stations Frontenac et Pie-IX.7 Or, ce service a bientôt été arrêté à cause d’un manque d’utilisation.8
- Cette station devait servir comme terminus sud et point de correspondance pour la ligne 6 projetée, qui apparaissait comme la « ligne blanche » sur les plans du métro affichés dans les trains jusqu’aux années 1990.9 Le projet n’a finalement jamais vu le jour.
- La station était autrefois dotée d’un accès secondaire qui reliait le lien vers le Stade olympique directement au quai Angrignon. Il a été conçu pour aider à gérer les pics d’achalandage générés à la sortie d’événements au stade. Toutefois, après avoir servi durant les Jeux olympiques de 1976, il n’a finalement jamais été réutilisé.10 Après de nombreuses années de fermeture, il a finalement été condamné et muré lors des rénovations de 2020-2022.
L’ancien accès secondaire vers le quai Angrignon était situé à l’extrémité est de la salle des pas perdus, à côté du lien souterrain vers le Stade olympique.
Adresses des accès
Arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
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A Accès Pie-IX Est : 2705, boulevard Pie-IX, angle avenue Pierre-De Coubertin |
Ville souterraineAttractions avoisinantes |
Dernière mise à jour : 2025-11-16
Références
- Senosier Roberge, Véronique (réalisatrice). (2019, 30 septembre). « Station Pie-IX » [épisode d'émission télévisuelle]. Le métro voyage dans le temps. MAtv Montréal. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- NEUF Architectes. (n.d.) SRB Pie-IX. ↩
- STM, Direction exécutive Ingénierie, infrastructures et projets majeurs. (2021, 7 juin.) Règlement et programme du concours pour une œuvre d’art public à la station de métro Pie-IX. ↩
- George Peter Alexander Healy. Portrait du pape Pie IX. 1871. Huile sur toile. Museo Pio IX, Senigallia (Italie). Source : Wikimedia Commons. ↩
- Marcel Raby. Station Pie-IX (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 6 octobre 1971. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-25F. ↩ ↩ ↩ ↩
- © Archives de la STM. ↩
- April, Pierre. (1976, 19 février.) La station Pie-IX ouverte le 1er mars. Montréal-Matin. Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5285, p. 26. ↩
- Strachan, Al. (1976, 6 mai.) Getting on the right track for the Olympic Games. The Gazette. P. 14. Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5285, pp. 31-32. ↩
- STM. (2004, 10 mars). L’évolution du plan du métro (1966-2004). Métro. P. 9. ↩
- Clairoux, Benoît. (2016). Le parc Olympique : 40 ans d’émotion/40 years of emotion. Toronto : Dominion Modern. P. 66. ↩






















































