Station Sherbrooke - Grand plan

Ligne 2 orange SHERBROOKE

Architectes

Architectes

Crevier, Lemieux, Mercier et Caron
Accès est (1971) : Jean Dumontier1

Mise en service

Mise en service

14 octobre 1966

Art et architecture

Panorama de la nef, construite en tranchée. Au centre droit, de longs, larges collatéraux rejoignent les escaliers vers la mezzanine, à droite; ceux-ci sont séparés des quais par d'imposantes colonnes noires. Les murs sont essentiellement revêtus de carreaux jaune pâle.
Bien que peu ornementée, cette station utilise la couleur à bon escient. Le carrelage mural couleur paille contraste avec les piliers noirs, les accents orange et surtout les plafonds et les murs tympans mauves.
Regard vers le nord à partir du parapet où la zone contrôlée de la mezzanine donne sur les quais. De part et d'autre, on voit les larges escaliers vers les quais et les collatéraux sur lesquels ils débouchent. L'arrière de mezzanine donne sur l'extrémité sud des quais.
L'extrémité sud des quais, vue à partir du quai Montmorency. Une étendue mauve accentue le tympan au-dessus de la bouche du tunnel. L'un des ensembles de sièges le long des quais, composé de deux groupes de trois sièges en fibre de verre mauve. La zone contrôlée et son parapet qui donne sur les quais en contrebas. En haut, le grillage mauve du faux plafond. Des murs d'accentuation de part et d'autre de la barrière de perception (gauche) interrompent le carrelage jaune pâle. Le parapet est revêtu de la même pierre noire que les colonnes.

Le volume, construit à ciel ouvert, s’ouvre sur deux étages de hauteur pour la majorité de sa longueur, ce qui lui donne un air dégagé. La salle de contrôle est aménagée sur une mezzanine qui donne sur les quais aux deux faces.

L’aire de convergence des corridors à partir des accès, au niveau de la mezzanine. Les tourniquets sont à gauche; à droite, un parapet donne sur l'extrémité sud des quais. Au centre, un local commercial revêtu de panneaux orange. Le corridor vers la sortie Berri Ouest se trouve au-delà du côté droit de l'image.
Chaque quai est longé par un collatéral dont il est séparé par d’imposants piliers noirs, et qui mène à un large escalier fixe vers la mezzanine.
Vue vers la mezzanine depuis le quai Côte-Vertu.
Le collatéral du quai Côte-Vertu, séparé du quai lui-même par une colonnade, mène à l'escalier vers la mezzanine. Le large escalier depuis la mezzanine débouche sur le collatéral du quai Montmorency.

Les deux sorties, de part et d’autre de la rue Berri, sont intégrées au rez-de-chaussée de deux édifices. La construction de ceux-ci a enrichi la station de deux œuvres d’art de Mario Merola. L’accès ouest, au début l’unique édicule de la station, a été intégré à l’édifice de l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec (ITHQ) lors de sa construction en 1975. L’entrée occupe toute la façade ouest du rez-de-chaussée, constituant un hall élancé à demi-niveaux, abondamment fenêtré.

L'accès Berri Ouest est intégré au rez-de-chaussée de l'édifice ITHQ. Le coin sud-ouest de l’extérieur de l'accès Berri Ouest.
Le long intérieur dégagé de l'accès Berri Ouest. La sortie vers la rue de Rigaud se trouve derrière le photographe, et la rue Berri à droite. Au fond, des escaliers fixes et mécaniques descendent vers la station; à gauche de ceux-ci, un escalier monte vers la sortie de la rue de Malines. Le mur gauche de l'espace accueille le relief Rivières de l'artiste Mario Merola. Vue vers le sud de l'accès Berri Ouest. De larges baies vitrées donnent sur les arrêts d'autobus des rues Berri et de Rigaud. Une aire d'attente pour les passagers d'autobus occupe le coin de l'espace.
Le plancher de l'accès Berri Ouest. Des lignes obliques de carreaux gris foncé interrompent la régularité du carrelage pâle; ce motif relie l'ensemble des niveaux supérieurs de la station. La cage d’escalier qui descend vers l’accès Berri Ouest. Le corridor entre l'accès Berri Ouest et la billetterie. Les accents orange et mauves servent à ponctuer le carrelage jaune pâle et unifier ce passage avec les autres espaces souterrains de la station. Le boîtier métallique au centre du couloir représente une solution insolite lors de l'installation de canalisations techniques au début des années 2000.

Le mur ouest de cet accès est décoré d’une murale plutôt discrète, animée d’un rythme subtil par la disposition de ses briques brunes. L’agencement, sous le titre Rivières, parcourt aussi les murs extérieurs de l’édifice; une section à l’intérieur de l’ITHQ a été perdue lors des rénovations de celui-ci au milieu des années 2000.

Panorama du relief briqueté Rivières de Mario Merola dans l'accès Berri Ouest, à côté de la sortie sur la rue de Malines (droite). Détail du relief Rivières de Mario Merola dans l'accès Berri Ouest.
Merola a également créé une deuxième œuvre murale, un grand cercle orange en ciment fondu et porphyre, intitulé Horizons, situé dans la mezzanine au pied des escaliers vers la sortie est. Sa forme est un clin d’œil à l’édifice qui incorpore cet accès, la Place du Cercle.

Le pied des escaliers reliant la salle de contrôle à l'accès Berri Est. La grande murale circulaire Horizons, œuvre de Mario Merola fait en porphyre orange, occupe le mur adjacent. La cage d’escalier qui monte vers l’accès Berri Est.
L'accès Berri Est, au rez-de-chaussée de l'édifice Place du Cercle. La façade de l'accès Berri Est. Cet accès est indiqué par un ancien panneau métro de taille réduite, l'un des seuls exemples subsistants.

Cette entrée a été ajoutée cinq ans après l’ouverture de la station, dans le but d’épargner aux passagers la traversée longue et complexe de la rue Berri, notamment lors de correspondances avec l’importante ligne d’autobus 24 en direction est. Le nouvel accès est arrivée en service le 20 décembre 1971.2 Ainsi, son style brutaliste en béton cannelé détonne du restant de la station et en effet de la majorité du réseau initial.

L'intérieur de l'accès Berri Est. Son style brutaliste, typique de l'époque de sa construction en 1972, détonne quelque peu avec le restant de la station et du réseau initial. La sortie se trouve au fond; l'escalier vers la station est à droite. À gauche, un couloir menant à des commerces situés aux rez-de-chaussée de l'immeuble.

Le hall d’entrée en forme de U est intégré au rez-de-chaussée de l’édifice Place du Cercle, et intègre deux locaux commerciaux. Il donne également accès à un couloir mal signalisé et entretenu qui mène vers un petit accès peu connu, en retrait de la rue Sherbrooke à côté d’un édifice avoisinant.

Entrée à partir de l'accès Berri Est vers les commerces au rez-de-chaussée de Place du Cercle et vers la petite sortie de la rue Sherbrooke. Le couloir plutôt glauque et défraîchi à travers Place du Cercle. La petite sortie peu voyante donnant sur la rue Sherbrooke, niché à côté de l'immeuble situé à l'angle des rues Sherbrooke et Berri.
L’œuvre d’art principale de la station, et la première à être installée, est une grande mosaïque aux couleurs vives, qui occupe un mur en face du pied des escaliers vers le quai Côte-Vertu. Œuvre du peintre Gabriel Bastien et du mosaïste Andrea Vau, elle commémore la Société Saint-Jean-Baptiste, dont le siège social se trouve à proximité de cette station, en représentant la figure du saint et les contributions de la société à la vie académique et culturelle du Québec.
La grande mosaïque haute en couleurs en l'honneur de la Société Saint-Jean-Baptiste, œuvre de Gabriel Bastien et Andrea Vau, située sur le quai Côte-Vertu. Détail de la mosaïque de Gabriel Bastien et d'Andrea Vau sur le quai Côte-Vertu. Détail de la mosaïque de Gabriel Bastien et d'Andrea Vau sur le quai Côte-Vertu, avec la figure de saint Jean-Baptiste.

Accessibilité

Cette station n’est présentement pas accessible en fauteuil roulant. Le plan d’immobilisation 2020-2029 de la STM a ciblé cette station pour l’installation d’ascenseurs avant 2027. Toutefois, elle ne figure plus sur la liste du plan 2023-2032, la construction de nouveaux ascenseurs est interrompue à cause de compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial,3 et aucun chantier n’a encore été annoncé.

Historique et faits divers

Achalandage

Achalandage

3 483 377 départs en 2023
27e station en achalandage

Longueur d'interstations

Longueur d’interstations

Vers Berri-UQAM : 579,10 mètres
Vers Mont-Royal : 932,10 mètres

Origine du nom

Rue Sherbrooke. Sir John Coape Sherbrooke (1764-1830), militaire britannique, a occupé différents postes autour du monde, dont celui du gouverneur de la Nouvelle-Écosse durant la guerre de 1812 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Il a subséquemment été gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique de 1816 à 1818. Durant son administration, il a préconisé une approche conciliante entre des forces politiques opposées; il avait de bonnes relations avec Louis-Joseph Papineau et a nommé l’évêque de Québec au Conseil législatif malgré l’opposition anticatholique de la part du gouvernement britannique. Ainsi, son mandat a été une période de calme pour le Bas-Canada. La maladie l’a contraint à démissionner en 1818 et à rentrer en Angleterre, où il est décédé.

La rue Sherbrooke fut ouverte au début du XIXe siècle le long de la crête supérieure de la dénommée côte à Baron; elle a reçu son nom vers 1817,4 et a également été connue sous le nom Rue Sainte-Marie. En 1825 elle s’étendait environ de la rue Union actuelle jusqu’à la rue Saint-Denis. Pendant longtemps elle constituait la limite municipale nord de Montréal. À l’époque, le secteur était un paysage bucolique loin des industries de la vieille ville. Ainsi, il a attiré plusieurs institutions éducationnelles, monastiques et sanitaires, dont l’hôpital Notre-Dame, de même que de luxueuses demeures, notamment le tronçon connu comme le Mille carré doré.

Aujourd’hui, la rue Sherbrooke continue sans interruption de l’avenue Westminster, à Montréal-Ouest, jusqu’au rond-point de la rue Notre-Dame Est près de l’extrémité est de l’île de Montréal. Elle constitue sur une bonne partie de sa longueur une partie de la route québécoise 138, qui s’étend de la frontière américaine dans l’extrême ouest de la province jusqu’à Blanc-Sablon, la pointe la plus orientale du Québec à sa frontière avec le Labrador. Cette route incorpore également le chemin du Roy, l’une des plus anciennes routes coloniales du Canada.

Nom proposé durant la phase de planification : Cherrier.5

Sir John Coape Sherbrooke

Sir John Coape Sherbrooke
(Source6)

Faits divers

  • Cette station et la station Jean-Talon furent les seules du réseau initial à posséder un seul escalier par quai. À l’origine, les stations étaient aménagées de sorte à séparer les passagers qui se dirigeaient vers les quais de ceux qui en sortaient; des portillons contrôlaient l’accès, en bloquant le chemin vers le quai lors de l’arrivée des trains. Ces portillons se sont rapidement avérés susceptibles aux défectuosités, et le système de séparation des passagers fut finalement jugé inutile et supprimé. L’aménagement de cette station avec un seul escalier par quai explique la largeur des escaliers et la longueur des collatéraux y donnant accès, puisque les uns et les autres devaient pouvoir être divisés en deux.
Dessin de perspective architectural de la nef.

Dessin de perspective architectural de la nef
(Source7)

La nef de la station en chantier, août 1965.

La nef de la station en chantier, août 1965.
(Source8)

L'édicule Berri Ouest, à l’origine le seul accès de la station, avant son intégration au rez-de-chaussée de l'édifice ITHQ.

L’édicule Berri Ouest, à l’origine le seul accès de la station, avant son intégration au rez-de-chaussée de l’édifice ITHQ.
(Source9)

Vue arrière de l'édicule originel.

Vue arrière de l’édicule originel
(Source10)

Les barrières de séparation du flux des passagers entre les quais et les escaliers.

Les barrières de séparation du flux des passagers entre les quais et les escaliers.
(Source9)

Ces barrières débouchaient sur des portillons qui se fermaient lors de l'arrivée des trains, afin d'empêcher que les passagers courent pour y arriver. Les passagers arrivants pouvaient partir librement.

Ces barrières débouchaient sur des portillons qui se fermaient lors de l’arrivée des trains, afin d’empêcher que les passagers courent pour y arriver. Les passagers arrivants pouvaient partir librement.
(Source9)

  • Le programme artistique d’œuvres sur des sujets historiques proposé par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme, et jamais complété, prévoyait que cette station accueillerait une œuvre de Philip Surrey au sujet de l’histoire du théâtre à Montréal, en vue de la proximité de plusieurs théâtres importants près de la station. Surrey avait également préparé un projet pour une mosaïque représentant le défilé de la Saint-Jean-Baptiste; ce sujet a apparemment été rejeté en faveur du sujet du théâtre, quitte à être repris dans une autre station, avant qu’un thème semblable ne soit approuvé pour l’œuvre de Bastien et Vau ultimement installée.11 Une mosaïque sur le thème de l’histoire économique fut également considérée.12
Esquisse d'une œuvre de Philip Surrey planifiée pour la station Sherbrooke, mettant en scène le défilé de la Saint-Jean-Baptiste. Détail d'une esquisse d'une œuvre de Philip Surrey planifiée pour la station Sherbrooke, mettant en scène le défilé de la Saint-Jean-Baptiste.

Esquisse d’une œuvre de Philip Surrey planifiée pour la station Sherbrooke, mettant en scène le défilé de la Saint-Jean-Baptiste.
(Source11)

Roy Dupuis dans Mesrine : L'Instinct de mort (2008) Scène de Mesrine : L'Instinct de mort (2008) Roy Dupuis dans Mesrine : L'Instinct de mort (2008)

Roy Dupuis dans Mesrine : L’instinct de mort (2008)
(Source13)

  • Des scènes du film Cruising Bar 2 (2008) de Robert Ménard et Michel Côté furent tournées dans cette station.
Michel Côté dans Cruising Bar 2 (2008) Michel Côté dans Cruising Bar 2 (2008) Michel Côté dans Cruising Bar 2 (2008)

Michel Côté dans Cruising Bar 2 (2008)
(Source14)

Renseignements généraux

Plan des quais

Les voitures de métro les plus pratiques pour descendre à cette station

Plan des quais - station Sherbrooke

Alentours de la station

Sherbrooke - Alentours de la station

Adresses des accès

Arrondissement du Plateau-Mont-Royal

A Accès Berri Ouest : 3580, rue Berri, entre les rues de Rigaud et de Malines
B Accès Berri Est : 3585, rue Berri, entre les rues Sherbrooke et Cherrier

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Plan de quartier de la STM (PDF)

Lien vers le site officiel

Renseignements pratiques, heures d’ouverture, fréquence des passages, lignes d’autobus

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Dernière mise à jour : 2026-09-18

Références
  1. Guides de voyage Ulysse. (2007). Montréal en métro. (2e éd.) Montréal : Auteur. p. 153. ↩
  2. Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal. (1972). Rapport annuel/Annual Report 1971. Montréal : auteur. P. 22. ↩
  3. Ouellette-Vézina, Henri. (2025, 16 avril). Faute de financement : L’installation d’ascenseurs encore à l’arrêt dans le métro. La Presse. ↩
  4. Fiche descriptive : Rue Sherbrooke Ouest. Commission de toponymie du Québec. ↩
  5. Clairoux, Benoît. (2001). Le métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal : Hurtubise HMH. P. 110. ↩
  6. Robert Field. Sir John Sherbrooke. c. 1812. Tableau. The Halifax Club, Halifax (Nouvelle-Écosse). Source : Wikimedia Commons. ↩
  7. Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-026-02. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
  8. Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M152-014. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
  9. © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩
  10. Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-026-11. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
  11. Gagnon, Lysiane. (1967, 25 mars.) On va décorer notre métro. La Presse, supplément 1, pp. 4-9. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩ ↩
  12. Une fois décoré, le métro sera un livre d'images sur Montréal. (1968, 25 février). Le Petit Journal, p. 7. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
  13. Images © 2008 La Petite Reine/Remstar/Novo Rpi/M6 Films. ↩
  14. Images © 2008 Les Productions Vidéofilms Ltée. ↩