SHERBROOKE
Architectes
Crevier, Lemieux, Mercier et Caron
Accès est (1971) : Jean Dumontier1
Artistes
Mise en service
14 octobre 1966
Art et architecture
Le volume, construit à ciel ouvert, s’ouvre sur deux étages de hauteur pour la majorité de sa longueur, ce qui lui donne un air dégagé. La salle de contrôle est aménagée sur une mezzanine qui donne sur les quais aux deux faces.
Les deux sorties, de part et d’autre de la rue Berri, sont intégrées au rez-de-chaussée de deux édifices. La construction de ceux-ci a enrichi la station de deux œuvres d’art de Mario Merola. L’accès ouest, au début l’unique édicule de la station, a été intégré à l’édifice de l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec (ITHQ) lors de sa construction en 1975. L’entrée occupe toute la façade ouest du rez-de-chaussée, constituant un hall élancé à demi-niveaux, abondamment fenêtré.
Le mur ouest de cet accès est décoré d’une murale plutôt discrète, animée d’un rythme subtil par la disposition de ses briques brunes. L’agencement, sous le titre Rivières, parcourt aussi les murs extérieurs de l’édifice; une section à l’intérieur de l’ITHQ a été perdue lors des rénovations de celui-ci au milieu des années 2000.
Cette entrée a été ajoutée cinq ans après l’ouverture de la station, dans le but d’épargner aux passagers la traversée longue et complexe de la rue Berri, notamment lors de correspondances avec l’importante ligne d’autobus 24 en direction est. Le nouvel accès est arrivée en service le 20 décembre 1971.2 Ainsi, son style brutaliste en béton cannelé détonne du restant de la station et en effet de la majorité du réseau initial.
Le hall d’entrée en forme de U est intégré au rez-de-chaussée de l’édifice Place du Cercle, et intègre deux locaux commerciaux. Il donne également accès à un couloir mal signalisé et entretenu qui mène vers un petit accès peu connu, en retrait de la rue Sherbrooke à côté d’un édifice avoisinant.
Accessibilité
Cette station n’est présentement pas accessible en fauteuil roulant. Le plan d’immobilisation 2020-2029 de la STM a ciblé cette station pour l’installation d’ascenseurs avant 2027. Toutefois, elle ne figure plus sur la liste du plan 2023-2032, la construction de nouveaux ascenseurs est interrompue à cause de compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial,3 et aucun chantier n’a encore été annoncé.
Historique et faits divers
Achalandage
3 483 377 départs en 2023
27e station en achalandage
Profondeur des quais
10,4 mètres
54e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Berri-UQAM : 579,10 mètres
Vers Mont-Royal : 932,10 mètres
Origine du nom
Rue Sherbrooke. Sir John Coape Sherbrooke (1764-1830), militaire britannique, a occupé différents postes autour du monde, dont celui du gouverneur de la Nouvelle-Écosse durant la guerre de 1812 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Il a subséquemment été gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique de 1816 à 1818. Durant son administration, il a préconisé une approche conciliante entre des forces politiques opposées; il avait de bonnes relations avec Louis-Joseph Papineau et a nommé l’évêque de Québec au Conseil législatif malgré l’opposition anticatholique de la part du gouvernement britannique. Ainsi, son mandat a été une période de calme pour le Bas-Canada. La maladie l’a contraint à démissionner en 1818 et à rentrer en Angleterre, où il est décédé.
La rue Sherbrooke fut ouverte au début du XIXe siècle le long de la crête supérieure de la dénommée côte à Baron; elle a reçu son nom vers 1817,4 et a également été connue sous le nom Rue Sainte-Marie. En 1825 elle s’étendait environ de la rue Union actuelle jusqu’à la rue Saint-Denis. Pendant longtemps elle constituait la limite municipale nord de Montréal. À l’époque, le secteur était un paysage bucolique loin des industries de la vieille ville. Ainsi, il a attiré plusieurs institutions éducationnelles, monastiques et sanitaires, dont l’hôpital Notre-Dame, de même que de luxueuses demeures, notamment le tronçon connu comme le Mille carré doré.
Aujourd’hui, la rue Sherbrooke continue sans interruption de l’avenue Westminster, à Montréal-Ouest, jusqu’au rond-point de la rue Notre-Dame Est près de l’extrémité est de l’île de Montréal. Elle constitue sur une bonne partie de sa longueur une partie de la route québécoise 138, qui s’étend de la frontière américaine dans l’extrême ouest de la province jusqu’à Blanc-Sablon, la pointe la plus orientale du Québec à sa frontière avec le Labrador. Cette route incorpore également le chemin du Roy, l’une des plus anciennes routes coloniales du Canada.
Nom proposé durant la phase de planification : Cherrier.5
Sir John Coape Sherbrooke
(Source6)
Faits divers
- Cette station et la station Jean-Talon furent les seules du réseau initial à posséder un seul escalier par quai. À l’origine, les stations étaient aménagées de sorte à séparer les passagers qui se dirigeaient vers les quais de ceux qui en sortaient; des portillons contrôlaient l’accès, en bloquant le chemin vers le quai lors de l’arrivée des trains. Ces portillons se sont rapidement avérés susceptibles aux défectuosités, et le système de séparation des passagers fut finalement jugé inutile et supprimé. L’aménagement de cette station avec un seul escalier par quai explique la largeur des escaliers et la longueur des collatéraux y donnant accès, puisque les uns et les autres devaient pouvoir être divisés en deux.
Dessin de perspective architectural de la nef
(Source7)
La nef de la station en chantier, août 1965.
(Source8)
L’édicule Berri Ouest, à l’origine le seul accès de la station, avant son intégration au rez-de-chaussée de l’édifice ITHQ.
(Source9)
Vue arrière de l’édicule originel
(Source10)
Les barrières de séparation du flux des passagers entre les quais et les escaliers.
(Source9)
Ces barrières débouchaient sur des portillons qui se fermaient lors de l’arrivée des trains, afin d’empêcher que les passagers courent pour y arriver. Les passagers arrivants pouvaient partir librement.
(Source9)
- Le programme artistique d’œuvres sur des sujets historiques proposé par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme, et jamais complété, prévoyait que cette station accueillerait une œuvre de Philip Surrey au sujet de l’histoire du théâtre à Montréal, en vue de la proximité de plusieurs théâtres importants près de la station. Surrey avait également préparé un projet pour une mosaïque représentant le défilé de la Saint-Jean-Baptiste; ce sujet a apparemment été rejeté en faveur du sujet du théâtre, quitte à être repris dans une autre station, avant qu’un thème semblable ne soit approuvé pour l’œuvre de Bastien et Vau ultimement installée.11 Une mosaïque sur le thème de l’histoire économique fut également considérée.12
Esquisse d’une œuvre de Philip Surrey planifiée pour la station Sherbrooke, mettant en scène le défilé de la Saint-Jean-Baptiste.
(Source11)
- Des scènes du film Mesrine : L’instinct de mort (2008) de Jean-François Richet furent tournées dans cette station.
Roy Dupuis dans Mesrine : L’instinct de mort (2008)
(Source13)
- Des scènes du film Cruising Bar 2 (2008) de Robert Ménard et Michel Côté furent tournées dans cette station.
Michel Côté dans Cruising Bar 2 (2008)
(Source14)
Adresses des accès
Arrondissement du Plateau-Mont-Royal
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A Accès Berri Ouest : 3580, rue Berri, entre les rues de Rigaud et de Malines |
Dernière mise à jour : 2026-09-18
Références
- Guides de voyage Ulysse. (2007). Montréal en métro. (2e éd.) Montréal : Auteur. p. 153. ↩
- Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal. (1972). Rapport annuel/Annual Report 1971. Montréal : auteur. P. 22. ↩
- Ouellette-Vézina, Henri. (2025, 16 avril). Faute de financement : L’installation d’ascenseurs encore à l’arrêt dans le métro. La Presse. ↩
- Fiche descriptive : Rue Sherbrooke Ouest. Commission de toponymie du Québec. ↩
- Clairoux, Benoît. (2001). Le métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal : Hurtubise HMH. P. 110. ↩
- Robert Field. Sir John Sherbrooke. c. 1812. Tableau. The Halifax Club, Halifax (Nouvelle-Écosse). Source : Wikimedia Commons. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-026-02. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M152-014. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-026-11. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Gagnon, Lysiane. (1967, 25 mars.) On va décorer notre métro. La Presse, supplément 1, pp. 4-9. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩ ↩
- Une fois décoré, le métro sera un livre d'images sur Montréal. (1968, 25 février). Le Petit Journal, p. 7. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
- Images © 2008 La Petite Reine/Remstar/Novo Rpi/M6 Films. ↩
- Images © 2008 Les Productions Vidéofilms Ltée. ↩
Berri-UQAM















































