Station Rosemont - Grand plan

Ligne 2 orange ROSEMONT

Architectes

Architectes

Gilles Duplessis, Henri P. Labelle, Gérard Derome
Nouvel édicule (1999) : Régis Côté1
Élargissement de l'édicule (2017) : STM, Section Architecture

Artistes

Artiste

Aucun

Mise en service

Mise en service

14 octobre 1966

Art et architecture

Panorama de la nef, vue à partir du quai Côte-Vertu. Le volume central prend la forme d'un octogone aplati; la passerelle traverse son milieu et les escaliers vers les quais épousent ses murs obliques, séparés du quai par une colonnade. La plupart des murs sont parés de céramique couleur coquille d'œuf, alors que les colonnes et les murs d'accent revêtent un carrelage de tons variés d'orange. Le plafond du grand volume présente un grand retrait révélant la charpente, quoique peinte de noir sur un fond noir. Les sections de la nef creusées en tunnel projettent de part et d'autre du grand volume construit en tranchée.

Si cette station n’offre aucun grand coup d’éclat esthétique ou artistique, son volume généreux, décoré de couleurs vives, laisse les voyageurs avec une impression très agréable.

Vue le long de la passerelle vers les tourniquets, donnant de part et d'autre sur le grand volume et les quais.
Vue vers le sud sur le grand volume à partir de la passerelle. Les paliers à la tête des escaliers vers les quais mènent également aux ascenseurs. À droite, la passerelle mène vers les tourniquets et la sortie.

Le grand volume prend la forme d’un octogone aplati, avec des murs obliques entre la passerelle et les deux extrémités de l’espace haut et large. Cette géométrie attrayante est complémentée par l’arrangement de la passerelle, des escaliers, et des bancs et des piliers dégagés du mur. Sur chaque quai, une rangée de fines colonnes, disposée parallèlement aux voies, crée un intérêt visuel par son angle avec les murs obliques derrière elle et des escaliers adossés aux murs. Des bancs de pierre occupent les interstices entre les colonnes. Les escaliers, pour leur part, sont encadrés entre de larges piles à leurs extrémités et de part et d’autre de la passerelle. L’ample volume a facilité l’ajout des gaines d’ascenseur vitrées à côté des escaliers.

Les murs de couleur crème et la pierre gris pâle des bancs et des côtés des colonnes sont mis en relief par le plafond sombre, mais surtout par le carrelage céramique des colonnes et d’autres accents, dans des tonalités variées et éclatantes d’orange.

L'une des impressionnantes colonnades du grand volume. La rangée de fines colonnes, disposée parallèlement aux voies, crée un intérêt visuel par son angle avec la position oblique de l'escalier. Ce dernier pour sa part est encadré entre de larges piles. Des bancs de pierre occupent les interstices. L'un des escaliers entre le quai et la passerelle, longeant le mur oblique du grand volume. La colonnade le long du quai Côte-Vertu.
En montant l'escalier vers la passerelle, on bénéficie de perspectives intéressantes sur l'espace derrière les colonnes et sur les quais à travers la colonnade. L'un des bancs de pierre du grand volume, situé entre deux colonnes. Vue de l'espace derrière l'une des colonnades, à partir de la passerelle.

Les parties de la nef construites en tunnel se projettent de part et d’autre du grand volume central. Leur décor crée un effet à la fois de continuité et de contraste avec le grand volume. En effet, elles partagent avec ce dernier le carrelage uniforme couleur crème aux murs, avec des accents d’orange bigarrés dans les niches des bancs. Toutefois, l’utilisation plus importante du carrelage orange dans le grand volume crée une distinction visuelle. La division entre le volume et les cavernes est renforcée par la hauteur et la verticalité des murs tympan au-dessus de l’arche des voûtes.

Le nord du grand volume vu de la passerelle. À partir de ce volume, une section de la nef construite en tunnel se projette vers le nord. Au-dessus de sa voûte, un mur tympan haut et plane démarque l’espace.. La partie nord de la nef construite en tunnel, vue depuis le quai Côte-Vertu. Dans les sections des quais construits en tunnel, les bancs sont situés dans des niches accentuées d'un carrelage de tons variés d'orange, en continuité avec les accents du grand volume.

La salle de contrôle occupe un passage large mais simple entre les escaliers provenant de l’édicule et l’extrémité de la passerelle, débouchant directement sur cette dernière.

La billetterie est située au niveau de la passerelle. Elle occupe un passage large mais simple entre les escaliers provenant de l'édicule et l'extrémité de la passerelle. À gauche, l'accès à l'ascenseur vers le rez-de-chaussée.
La cage d'escalier principale entre la salle de contrôle et le rez-de-chaussée. L'ascenseur entre le niveau de la billetterie et le rez-de-chaussée se trouve à côté de la grande cage d'escaliers, vus à côté.

L’édicule dessert une boucle d’autobus qui sert de terminus de plusieurs lignes. L’édicule, reconstruit en 1999, fut élargi en 2017 pour accueillir un ascenseur : l’agrandissement de deux étages sur le côté nord de l’édicule en a changé beaucoup l’apparence. Plus récemment, une tour de logements sociaux, complétée en 2023, a été construite par dessus la boucle d’autobus, englobant partiellement l’édicule.

L’extérieur de l’édicule est revêtu pour la plupart de brique gris ardoise foncé, alors que la façade est largement vitrée de verre fumé. Un portique au-dessus de l’entrée principale attire l’œil grâce à son revêtement de bois. L’utilisation du bois comme parement mural, qui s’inscrit dans des tendances contemporaines du design québécois, représente une nouveauté dans l’architecture du métro.

Survol de l'édicule et la tour de logements sociaux qui l'entoure depuis 2023. La façade principale de l'édicule, face au boulevard Rosemont, entouré par la tour de logement social. La façade que l'on voit ici est constituée principalement d'un agrandissement de deux étages, construit en 2017 pour recevoir l'ascenseur vers la billetterie. La brique foncée et le verre teinté sont en continuité avec l'édicule existant, mais la saillie oblique du toit est accentuée avec un revêtement en bois.

À l’intérieur de l’édicule, un vestibule étroit, ouvert sur deux étages, donne accès à l’ascenseur et débouche sur le palier en haut des escaliers vers la billetterie. L’entrée sud donne sur la boucle d’autobus.

L'intérieur de l'édicule. À gauche, au-dessus de la sortie principale vers le boulevard Rosemont, l'élargissement de deux étages accueillant l'ascenseur vers le niveau de la billetterie. La large cage d'escalier vers la billetterie est au centre. À gauche, la sortie vers la boucle d'autobus. Des persiennes rouge et orange dissimulent des bouches d'aération naturelle à l'étage de l'élargissement et au-dessus des escaliers. Des persiennes rouge et orange, ajoutées au milieu des années 2010, dissimulent une bouche d'aération naturelle au-dessus des escaliers principaux. Elles se ressemblent à leurs homologues à la station voisine Laurier, issus de la même époque.
La boucle d'autobus au sud de l'édicule, maintenant située sous la tour de logements sociaux.

Accessibilité

Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Un ascenseur relie le rez-de-chaussée et le niveau de la billetterie; ensuite, celui-ci est relié aux quais par deux ascenseurs installés au sud de la passerelle. Les ascenseurs sont entrés en service le 23 décembre 2016.

Historique et faits divers

Achalandage

Achalandage

2 474 345 départs en 2023
39e station en achalandage

Longueur d'interstations

Longueur d’interstations

Vers Laurier : 746,10 mètres
Vers Beaubien : 541,10 mètres

Origine du nom

Boulevard Rosemont. Cette artère prend son nom du quartier de Rosemont, située à environ 2 km à l’est de la station. Après que le chemin de fer Canadien Pacifique a fait l’acquisition de terrains dans le village de La Petite-Côte pour y aménager ses usines Angus (ouvertes en 1904), le spéculateur immobilier Ucal-Henri Dandurand (1866-1941) et son associé Herbert Holt ont anticipé la demande à venir pour des logements à proximité. Ainsi, ils ont acheté un important territoire avoisinant, la ferme Crawford, par le biais de leur société, le Rosemount Land Improvement Company, et l’ont fait lotir pour la construction résidentielle. En 1905, le secteur a été constitué en municipalité de village sous le nom de Rosemont, puis fusionné avec la ville de Montréal dix ans plus tard.2, 3 Le chemin de la Côte-de-la-Visitation fut renommé boulevard Rosemont en 1908.

Dandurand avait choisi ce nom en l’honneur de sa mère, née Rose ou Rosalie Phillips (1834-1924). D’ascendance écossaise et canadienne-française, Phillips est née à Saint-Luc (aujourd’hui partie de Saint-Jean-sur-Richelieu). Elle a épousé Anthime Dandurand, charpentier, et s’est installée à Montréal où elle a élevé ses enfants, mais n’a jamais habité le secteur qui porte son nom.4, 5 Présentement, Rose Phillips demeure la seule femme québécoise ou canadienne, et la seule femme qui n’est ni sainte ni reine, qui est commémorée par le nom d’une station de métro de Montréal. Elle le restera jusqu’à l’ouverture des stations Mary-Two-Axe-Earley, Cesira-Parisotto et Madeleine-Parent sur le prolongement de la ligne bleue vers Anjou.

Rose Phillips avec sa petite-fille Thérèse, c. 1915

Rose Phillips avec sa petite-fille Thérèse, c. 1915
(Source6)

Publicité pour le développement Rosemount dans La Presse, 1903

Publicité pour le développement Rosemount dans La Presse, 1903
(Source7)

Ucal-Henri Dandurand

Ucal-Henri Dandurand
(Source8)

Plan du village de Rosemount ou Rosemont, 1907

Plan du village de Rosemont (ici appelé Rosemount), 1907
(Source9)

Faits divers

  • Le programme artistique d’œuvres sur des sujets historiques proposé par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme, et jamais complété, prévoyait que cette station accueillerait une œuvre présentant les « rois qui ont régné sur le Canada français (neuf rois français et neuf rois anglais, plus une régence française et une régence anglaise) ».10 Ce sujet a aussi été considéré pour les stations Atwater11 et Jarry.12
Esquisse architecturale du grand volume.

Esquisse architecturale du grand volume.
(Source13)

Le grand volume en chantier, 1965.

Le grand volume en chantier, 1965.
(Source14)

L'édicule d'origine de la station.

L’édicule d’origine de la station.
(Source15)

  • Cette station et les tunnels adjacents furent la scène d’un violent incendie le 23 janvier 1974. En pleine heure de pointe du matin, les passagers d’un train bondé entre Beaubien et Rosemont entendent une explosion. Le train effectue un arrêt prolongé à Rosemont, mais continue finalement vers Laurier. En route, des pneus éclatent et le train prend feu. Environ 1 500 passagers sont évacués par le tunnel. Treize personnes sont transportées à l’hôpital, mais heureusement on ne déplore aucun décès. La rame de neuf voitures est détruite et la ligne orange est fermée durant une semaine. Comme cet incident survient deux ans seulement après l’incendie mortel dans l’arrière-gare de la station Henri-Bourassa le 9 décembre 1971, il provoque un tollé et entraîne d’importantes réformes, dont l’installation de points d’eau en tunnel, la bonification des équipements de sécurité et l’aménagement d’un centre de formation souterrain pour former les pompiers pour répondre aux incidents dans le métro.16, 17, 18
La fumée s'échappe de l'édicule de la station durant l'incendie du 23 janvier 1974.

La fumée s’échappe de l’édicule de la station durant l’incendie du 23 janvier 1974
(Source19)

Les décombres d'un train dans le tunnel entre les stations Rosemont et Laurier, à la suite de l'incendie du 23 janvier 1974.

Les décombres d’un train dans le tunnel entre les stations Rosemont et Laurier, à la suite de l’incendie du 23 janvier 1974
(Source20)

Le nouvel édicule construit en 1999, avant son élargissement en 2017.

Le nouvel édicule construit en 1999, avant son élargissement en 2017

Vue oblique de l'édicule après son élargissement en 2017 mais avant la construction de la tour de HLM adjacente.La façade de l'édicule après son élargissement en 2017 mais avant la construction de la tour de HLM adjacente. On remarque le parement de bois à l'intérieur de la saillie du toit et du portique autour des portes, un élément unique. Le bois près des portes a depuis été remplacé par des panneaux métalliques, peut-être à cause de vandalisme.

L’édicule après son élargissement en 2017 mais avant la construction de la tour de HLM adjacente. On remarque le parement de bois à l’intérieur de la saillie du toit et du portique autour des portes, un élément unique. Le bois près des portes a depuis été remplacé par des panneaux métalliques, peut-être à cause de vandalisme.

La boucle d'autobus avant la construction de la tour de HLM au-dessus.

La boucle d’autobus avant la construction de la tour de HLM au-dessus.

Renseignements généraux

Plan des quais

Les voitures de métro les plus pratiques pour descendre à cette station

Plan des quais - station Rosemont

Alentours de la station

Rosemont - Alentours de la station

Adresse de l’accès

Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie
420, boulevard Rosemont, angle rue Saint-Denis

Lien vers OpenStreetMap
Lien vers Google Maps

Plan de quartier de la STM (PDF)

Lien vers le site officiel

Renseignements pratiques, heures d’ouverture, fréquence des passages, lignes d’autobus

Logo STM

Dernière mise à jour : 2026-07-28

Références
  1. Martins-Manteiga, John. (2011). Métro : Design in motion/Le design en mouvement. Montréal : Dominion Modern. P. 330. ↩
  2. Lachance, Marie-Hélène. (2009, août). De l’espace rural à la banlieue industrielle: le quartier Rosemont, 1892-1911. Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Montréal. Pp. 34-42. ↩
  3. Loi refondant la loi érigeant en corporation le village de la Petite-Côte et changeant son nom en celui de village de Rosemont. Statuts de la Province du Québec, 5 Ed. VII (1905), ch. 49. ↩
  4. Noel, Lisa-Marie. (2013, 11 janvier). Rose Phillips, celle qui a nommé Rosemont. RueMasson.com (archivé par archive.org). ↩
  5. Noel, Lisa-Marie. (2013, 17 avril). Les origines de Rose Phillips. RueMasson.com (archivé par archive.org). ↩
  6. Anonyme. Photographie de Rose Phillips et de sa petite-fille Thérèse, c. 1915. Source de l’image : Sabourin, Roger (2002), Rosemont hier et aujourd’hui en photos. Anjou : auteur. ↩
  7. Source de l’image : La Presse, 19 septembre 1903, p. 10. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0000082812.  ↩
  8. Source de l’image : Centre d’histoire de Montréal, fonds Dandurand. ↩
  9. Source de l’image : Pinsonneault, A.R. (1907). Atlas of the island and city of Montreal and Ile Bizard: a compilation of the most recent cadastral plans from the book of reference. Montréal : Atlas Publishing Co. Planche 4. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, G/1144/M65G475/P5/1907 DCA.  ↩
  10. Une fois décoré, le métro sera un livre d'images sur Montréal. (1968, 25 février). Le Petit Journal, p. 7. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
  11. Gagnon, Lysiane. (1967, 25 mars.) On va décorer notre métro. La Presse, supplément 1, pp. 4-9. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
  12. Info-STM. (2002, 12 décembre). Les artistes du métro de Montréal : Mario Merola. Métro, p. 9. ↩
  13. Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-023-03. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
  14. Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-MD31-007. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
  15. © Archives de la STM. ↩
  16. Clairoux, Benoît. (2001). Le métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal : Hurtubise HMH. P. 43. ↩
  17. Masse, Denis. (1974, 24 janvier). Métro : des mesures rapidement oubliées. La Presse. P. A1. ↩
  18. Service de sécurité incendie de Montréal. Incendie au métro Rosemont. ↩
  19. Photographie par Réal St-Jean, La Presse, 23 janvier 1974. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1974-0041, no. 4. ↩
  20. Photographie par Réal St-Jean, La Presse, 23 janvier 1974. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1974-0041, no. 10. ↩