HONORÉ-BEAUGRAND
Art et architecture
Terminus est de la ligne verte et important point de rabattement pour plusieurs lignes d’autobus, cette station marie l’efficience nécessaire à ses fonctions avec un élégant design moderniste.
Elle a été construite en tranchée à côté de la rue Sherbrooke, plutôt qu’en tunnel sous la chaussée, ce qui a permis de dégager d’importants espaces. Les trois édicules longeant la rue Honoré-Beaugrand convergent sur un vaste hall éclairé par un large puits de lumière. Ce hall mène vers la billetterie, tout aussi spacieuse, avec une barrière de perception sur sa pleine largeur. Les larges couloirs et l’ample billetterie assurent la fluidité de la circulation des passagers, accommodant notamment les afflux provenant des trains et des autobus qui y terminent leur parcours et se vident de leurs passagers.
La zone contrôlée de la billetterie donne sur les quais à travers un mur de verre de pleine hauteur. Le volume qu’elle surplombe au-dessus des voies est éclairé par un deuxième puits de lumière.
Les larges escaliers entre la billetterie et les quais sont encadrés par d’imposants murs monolithiques de béton, d’une forme distinctive en Y. Les murs extérieurs des escaliers, pour leur part, accueillent des murales en céramique de Jean-Paul Mousseau, qui sont des « négatifs » l’une de l’autre : elles arborent le même motif abstrait en bleu sur fond rouge au nord, et en rouge sur fond bleu au sud.
Les quais s’élargissent vers les escaliers, également afin de faciliter la circulation, et les plafonds se lèvent et se baissent pour rythmer la longueur des espaces. Ceux-ci sont également ponctués par la finition des planchers, constituée de carreaux de grès cérame rouge-brun disposés en panneaux carrés encadrés de granit gris pâle.
Les murs des quais, comme ceux des espaces de circulation au niveau de la billetterie, sont recouverts d’une remarquable frise en béton, coulée sur place, qui exprime par ses formes tailladées le dynamisme du transport en commun. Sur les quais, un éclairage dissimulé en arrière des bandeaux de nom de la station crée des jeux théâtraux de lumière et d’ombre sur ces murs.
Les deux édicules principaux sont des structures longiformes entourées par des boucles d’autobus. Leurs toits en béton à caissons carrés présentent de grandes saillies appuyées par des corbeaux triangulaires ressortant des colonnes de la charpente. La lourdeur visuelle des toits est équilibrée par les intérieurs dégagés et dépouillés, presque entièrement vitrés pour admettre un éclairage naturel abondant.
L’édicule Sherbrooke Sud a été élargi vers l’ouest pour offrir un espace d’attente supplémentaire, que l’on rejoint par un couloir au sud du puits d’escalier.
Un troisième édicule longe le côté nord de la rue Sherbrooke. Ce bâtiment minuscule n’est guère plus qu’un escalier couvert.
Les deux puits de lumière sont coiffés en surface par de grandes lanternes détachées qui reprennent le style des édicules et ressortent visuellement tout autant que ceux-ci, un aménagement inhabituel. Un puits de ventilation tout aussi imposant encadre une placette avec l’une des lanternes et l’édicule Sherbrooke Nord; il reprend la forme monolithique en Y des escaliers vers les quais.
Historique et faits divers
Longueur d’interstations
Vers Radisson : 716,99 mètres
Origine du nom
Rue Honoré-Beaugrand. Honoré Beaugrand (1848-1906) fut maire de Montréal de 1885 à 1887. Ayant participé à la guerre mexicaine de Napoléon III en 1865, il fonde le quotidien montréalais La Patrie en 1879. Après avoir quitté ses fonctions de maire, il part en voyage pour écrire; son œuvre la plus connue sera La Chasse-galerie : légendes canadiennes.
Ouverte avant 1912 sous le nom de rue Eliza,1 cette voie prend le nom de rue Beaugrand avant 1919.2 En 1973, le conseil municipal de Montréal officialise le nom Honoré-Beaugrand pour la rue, une place adjacente et la station de métro alors en construction.3
Nom durant la phase de planification : Beaugrand4 (parfois utilisé aujourd’hui de façon informelle).
Honoré Beaugrand
(Source5)
Faits divers
- Cette station, le terminus « est » de la ligne verte, est en fait la station la plus au nord du réseau.
- Un quatrième édicule était prévu à cette station. Celui-ci en aurait été le plus au sud et devait servir « exclusivement aux taxis et voitures particulières ».4
- Des prototypes insolites d’abri de vélo, basés notamment sur des modèles utilisés à San Francisco, ont été installés à cette station et à Cadillac et Pie-IX en 1978.6 Les abris consistaient de marquises carrées arrondies sous lesquelles on pouvait garer huit vélos en position verticale. L’expérience n’a pas été généralisée, mais quelques-uns ont demeuré jusqu’en 1990 au moins7 avant d’être retirés.
- Chacun des trois édicules a subi des modifications depuis sa construction. L’édicule Sherbrooke Sud en a subi les plus importantes: une deuxième boucle d’autobus a été aménagée entre 1990 et 1993,8 et l’édicule a été élargi pour créer une deuxième aire d’attente à l’ouest, reliée à la première par un couloir au sud de la cage d’escalier. À l’origine, l’édicule Sherbrooke Nord s’ouvrait sur son côté vers le trottoir, mais la porte a été déplacée à l’extrémité du bâtiment en 2016-2017, ce qui épargne aux usagers un quart de tour dans l’espace très restreint. Finalement, l’édicule Honoré-Beaugrand a accueilli en 2018 un ascenseur à l’est des escaliers.
Mise en service de la station et du prolongement de la ligne verte vers l’est, le 6 juin 1976
(Source9)
La cérémonie officielle d’inauguration de la station et du prolongement de la ligne verte vers l’est, le 4 juillet 1976. Dans l’ordre habituel : le maire de Montréal, Jean Drapeau; le directeur du BTM, Gérard Gascon; le premier ministre du Québec, Robert Bourassa; le président de la CTCUM, Lawrence Hanigan; et le ministre des Affaires municipales du Québec, Victor Goldbloom.
(Source9)
D’insolites prototypes d’abri de vélo installés à cette station ainsi qu’aux stations Cadillac et Pie-IX en 1978
(Source9)
L’extrémité ouest de l’édicule Sherbrooke Sud avant son expansion au début des années 1990
(Source10)
L’édicule Sherbrooke Nord en 2011, avant le déplacement de sa porte du côté à l’extrémité en 2016-17
(Source11)
Adresses des accès
Arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
|
A Accès Honoré-Beaugrand : 4755, rue Honoré-Beaugrand, angle rue Sherbrooke |
Dernière mise à jour : 14 Oct 2026
Références
- Chas. E. Goad Co. (1914). Atlas of the City of Montreal and vicinity. Vol. 4. Montréal : auteurs. Planche 400A (p. 7). Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0000174399. ↩
- Montreal Map Publishing Co. (1919). Carte de la cité de Montréal [carte]. Montréal : auteurs. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 0005278876. ↩
- Ville de Montréal. (1973, 26 juin). Règlement 4624 – Changement du nom des rue, place et station de métro Beaugrand en celui d’Honoré-Beaugrand. Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM001-33-02-D108-P4624. ↩
- Bernard, Yves. Station Beaugrand (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). Sans date (vers 1971). Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-09F. ↩ ↩
- Photographe inconnu. Portrait d’Honoré Beaugrand. c. 1885. Photographie. Collection Centre d’archives de Québec. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P1000,S4,D83,PB17. ↩
- Abris pour vélos. (1978, juin.) Promenade. Source : Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5261, p. 30. ↩
- Visibles sur la photographie aérienne de la Ville de Montréal 1990-PGI90009-L16S-154-e5000 (1990). Voir Géomatique Montréal, Photothèque de la Ville de Montréal. ↩
- Comparer les photographies aériennes de la Ville de Montréal nos. 1990-PGI90009-L16S-154-e5000 (1990) et 1993-93003-15-198-e10000 (1993). Voir Géomatique Montréal, Photothèque de la Ville de Montréal. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩
- Source de l’image : Bureau de transport métropolitain. (1982.) Honoré-Beaugrand (dépliant). ↩
- Source de l'image : Google Street View, août 2011. ↩
Radisson





































