PLACE-DES-ARTS
Art et architecture
Cette station attrayante est construite dans un grand volume, creusé à ciel ouvert, près du complexe culturel de la Place des Arts, avec une architecture chic qui sied à la vocation culturelle du quartier.
Les murs au centre des quais sont remarquables; agencés en zigzag, ils contrastent avec les formes rectilignes favorisées durant la période du réseau initial. La plupart des murs sont recouverts de briques d’un bleu gris clair, plus ou moins densément tachetés de bleu foncé. Les différents degrés de clarté sont disposés pour former un motif irrégulier qui rappelle celui de la station Atwater, œuvre des mêmes architectes. Les carreaux au sol sont généralement d’un ton de bleu coordonné aux murs. Les piliers et garde-corps sont revêtus de petits carreaux d’un blanc rutilant, tandis que les grilles qui délimitent les zones de contrôle et les rebords des passerelles sont peintes d’un pourpre contrastant.
Comme sa voisine plus achalandée, McGill, la station possède deux salles de contrôle à ses deux extrémités, reliées par deux passerelles hors de la zone contrôlée. Celles-ci sont soutenues discrètement par une charpente reliée à la pointe de chaque zigzag, de sorte qu’elles semblent flotter au-dessus des quais. Quant au plafond, ses poutres transversales créent des caissons dans lesquels sont dissimulés les éléments d’éclairage. L’interface entre les caissons et les zigzags crée des jeux intéressants de lumière et d’ombre sur les murs.
La nef de la station s’élargit aux deux extrémités pour accueillir les salles de contrôle. La salle de contrôle ouest, plus petite, est reliée par un corridor aux deux sorties De Bleury.
Cette salle de contrôle ne donne pas sur les quais, bien que les passerelles juste au-delà de celle-ci offrent des perspectives sur le volume généreux au-dessus des quais. D’amples escaliers relient la zone contrôlée aux extrémités élargies des quais.
La partie ouest de la station accueille également les ascenseurs. L’escalier à partir de la sortie De Bleury Nord s’ouvre sur l’arrière de la salle de contrôle. Quant aux ascenseurs vers les quais, on y accède par les passerelles un peu plus loin. Comme ils se trouvent à l’extérieur de la zone contrôlée de la salle de contrôle, ils possèdent chacun leur propre barrière de perception.
La salle de contrôle à l’est de la station se situe dans un long, vaste hall qui la relie aux sorties UQAM et Jeanne-Mance ainsi qu’à l’accès souterrain vers la Place des Arts.
Le parapet de la zone contrôlée est, les murs-écran à côté des escaliers vers les quais, et les passerelles entourent et définissent un grand volume impressionnant sur deux étages au-dessus des quais. Les parapets anguleux lui donnent un périmètre généralement hexagonal, créant une forme de bassin, voire d’amphithéâtre; dans ce décor, le va-et-vient des passagers et des trains en contrebas assume quasiment un air de spectacle, de ballet.
Comme à McGill, en plus des tourniquets normaux, chaque quai est relié à ce hall par un escalier offrant une sortie à sens unique. Ces sorties sont dotées de portes-tourniquet à pleine hauteur, les seules situées à l’intérieur d’une station de métro.
Le mur est de ce hall abrite l’œuvre d’art principale de la station, une splendide murale lumineuse de verre peint et de fer, qui est signée par Frédéric Back. Intitulée L’histoire de la musique à Montréal, elle trace cette histoire depuis l’époque précoloniale, puis le premier concert européen sur l’île en 1535, jusqu’au jazz et à la musique populaire et expérimentale des années 1960. Il y figure aussi plusieurs des grands noms de la musique québécoise, tels que Calixa Lavallée et Dame Emma Albani. L’œuvre, parrainée par l’ancienne chaîne de supermarchés Steinberg, était la première œuvre d’art à être installée dans le métro après sa construction.
Plus récemment, en 2005, un projet de construction a ajouté des locaux techniques au-dessus du portail du tunnel en direction Angrignon. L’aménagement est dissimulé par une murale décorative haute en couleurs, œuvre de la mosaïste Saskia Siebrand de la compagnie Mosaika Art & Design.
À l’origine, chacune des quatre entrées de la station était coiffée par un édicule temporaire en prévision de la cession des droits aériens. Or tous les édicules temporaires ont subsisté pendant plus de 25 ans. La sortie Jeanne-Mance, la seule qui se trouve sur le campus même de la Place des Arts, a été reconstruite en 1992 lors de la construction du Musée d’art contemporain, et répète le style de ce bâtiment. Alors que cet édicule a été le premier à être remplacé, il demeure toujours le seul édicule indépendant de la station.
En 1998, l’entrée le plus à l’est de la station a été incorporée à son tour au rez-de-chaussée d’un nouvel édifice du campus des sciences de l’UQAM. Cette entrée offre également l’accès intérieur à ce pavillon et aux autres qui y sont raccordés.
Les deux accès de la rue De Bleury ont maintenu leur édicule temporaire pendant beaucoup plus longtemps. Le minuscule édicule De Bleury Sud a été démoli en 2007 pour faire place à une tour de condominiums, dont le rez-de-chaussée abrite maintenant l’accès au métro.
Pour sa part, le dernier survivant, l’édicule De Bleury Nord, a été fermé et démoli en 2019 pour faire place, lui aussi, à une tour résidentielle. Rouverte en 2024, l’entrée occupe désormais un espace de deux étages de haut, revêtu en brique blanche et bleue. Elle accueille l’ascenseur vers le rez-de-chaussée, de même que la dernière œuvre d’art de la station : une grande murale en aluminium, arborant des formes géométriques en tons éclatants de mauve, bleu et rouge. Cette œuvre, signée Dominique Pétrin et portant le titre La réconciliation, se veut un hommage aux idéaux humanistes à l’inspiration d’Expo 67.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
11,6 mètres
49e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers McGill : 345,69 mètres
Vers Saint-Laurent : 354,38 mètres
Origine du nom
Place des Arts. La construction d’un complexe culturel important à Montréal avait déjà cheminé pendant plusieurs années avant que la Corporation Sir George-Étienne-Cartier fut créée pour gérer sa réalisation; le projet portait le nom Place des Arts depuis 1959. La salle Wilfrid-Pelletier, premier maillon du complexe, est inaugurée le 21 septembre 1963.
Le plus vaste complexe culturel du Canada, Place des Arts regroupe aujourd’hui six salles de spectacle totalisant plus de 8 000 places, le Musée d’art contemporain de Montréal, des salles de répétition, des boutiques et une grande esplanade très achalandée. La salle Wilfrid-Pelletier, dotée de la plus grande scène multifonctionnelle au Canada, a deux compagnies résidantes — Les Grands Ballets canadiens de Montréal et l’Opéra de Montréal — alors que la Maison symphonique de Montréal, inaugurée en 2011, accueille l’Orchestre symphonique de Montréal. Le complexe représente le cœur du Quartier des spectacles.
L’esplanade de la Place des Arts
(Source3)
Faits divers
- À l’origine, plusieurs surfaces de la station étaient revêtues de carreaux céramiques blancs texturés de facture artisanale. Malheureusement, lors de rénovations à la fin des années 1990, il était impossible d’obtenir des carreaux supplémentaires pour effectuer des réparations, donc tous les carreaux ont été retirés et remplacés.4
Esquisse architecturale de la station
(Source5)
Des ouvriers posent les briques le long des murs en zigzag des quais durant la construction de la station
(Source6)
Arrivée des dignitaires lors de l’inauguration de la station, le 14 octobre 1966. Au fond, on voit le carrelage blanc texturé originel de la station.
(Source7)
- Avant le dévoilement de la murale de Frédéric Back le 20 décembre 1967, le même emplacement a accueilli une installation murale prêtée par le Louisiana Council for Music and the Performing Arts à l’occasion d’Expo 67. Sous une bannière portant le titre « Hommage de la Nouvelle-Orléans à Montréal », l’œuvre racontait les liens historiques entre le Canada et la Louisiane. Elle arborait une carte des deux colonies françaises en 1718 ainsi que des dioramas représentant des scènes de quatre opéras.8, 9
Cette photo d’archives capte une section de la murale prêtée par le Louisiana Council for Music and the Performing Arts en mai 1967, dont deux des dioramas présentant des scènes d’opéras
(Source10)
Le futur roi Albert II des Belges (droite) et la future reine Paola visitent la station durant Expo 67, en compagnie du maire Drapeau, le 8 mai 1967
(Source11)
L’escalier entre la salle de contrôle est et ce qui est aujourd’hui le quai Angrignon. On voit les grillages de l’ancien système de contrôle de circulation des passagers à sens unique, ainsi que l’un des portillons qui empêchaient l’accès aux quais lors de l’entrée en station des trains.
(Source12)
Le même escalier après le retrait du système de circulation à sens unique et des portillons. Le grillage restant a finalement aussi été retiré.
(Source13)
L’extrémité ouest des quais avant la construction d’un local technique au-dessus des voies
(Source14)
- À la fin des années 1970, un projet de lien ferroviaire rapide vers l’aéroport Mirabel a prévu une station-correspondance vers le métro à Place-des-Arts. Le projet, préparé par le Bureau d’aménagement du réseau express de Montréal (BAREM) du ministère des Transports du Québec, était le premier maillon d’un réseau de transport en commun ferroviaire rapide projeté pour la région métropolitaine, sous le nom Réseau express de Montréal (REM; sans lien avec le Réseau express métropolitain ouvert en 2023). Ce projet, publié en 1977-78, prévoyait que la desserte aéroportuaire entrerait au centre-ville via un tunnel creusé sous la rue Jeanne-Mance, avec des stations souterraines à Place-des-Arts et au terminus Bonaventure. Une correspondance en surface était également prévue avec la future station Parc. Le projet entier a été abandonné peu de temps après sa publication. 15
La ligne projetée REM-Mirabel, avec une station-correspondance à Place-des-Arts
(Source16)
Le secteur centre-ville de la ligne projetée REM-Mirabel, avec un terminus à Bonaventure et une correspondance à Place-des-Arts
(Source17)
Dessin architectural conceptuel de la station-correspondance Place-des-Arts de la ligne REM-Mirabel; la station de métro est à gauche
(Source18)
- La mosaïque créée par Mosaika Art et Design pour le volume ouest devait à l’origine bénéficier d’un éclairage spécialement conçu et implanté dans le grillage en aluminium qui la recouvre, mais celui-ci n’a finalement jamais été activé.19
L’édicule temporaire de l’accès Jeanne-Mance, démoli en 1992
(Source20)
L’ancien édicule Kimberley, démoli en 1998 et remplacé par l’accès UQAM
(Source20)
- Des scènes du film C’t’à ton tour, Laura Cadieux (1998) de Denise Filiatrault furent tournées dans cette station. (D’autres scènes situées dans la salle de contrôle de cette station ont été en fait tournées à la station Jean-Drapeau.)
Ginette Reno, Pierrette Robitaille et Samuel Landry dans C’t’à ton tour, Laura Cadieux (1998).
(Source21)
- Des scènes du film John Wick : Chapitre 2 (2017) de Chad Stehelski furent tournées dans cette station, qui représentait la station Fulton Street du métro de New York. D’autres scènes furent tournées dans les tunnels de la ville souterraine, soit dans le complexe de la Place des Arts et le centre CDP Capital.
Keanu Reeves dans John Wick : Chapitre 2 (2017).
(Source22)
Adresses des accès
Arrondissement de Ville-Marie
AAccès Jeanne-Mance : 1555, rue Jeanne-Mance, angle boulevard De Maisonneuve Ouest
BAccès UQAM : 155, avenue du Président-Kennedy, entre les rues Jeanne-Mance et Saint-Urbain
CAccès De Bleury Sud : 1990, rue De Bleury, angle avenue du Président-Kennedy
DAccès De Bleury Nord : 2020, rue De Bleury, angle boulevard De Maisonneuve Ouest
Ville souterraine
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Attractions avoisinantes
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Dernière mise à jour : 2026-09-30
Références
- David, Jacques. (s.d.) Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Ministère de la Culture et des Communications du Québec. ↩
- Quebec will invest $4.2M to make Place des Arts complex wheelchair accessible from Metro. (2020, 26 janvier). CBC News. ↩
- Image par Caroline Bergeron, Société de la Place des Arts, Wikimedia Commons. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-SA 4.0. ↩
- Déom, Claudine. (1999, 20 février). Réno-Métro, le train de la rénovation. Le Devoir, p. D10. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-022-06. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-MD36-003. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M217-014. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- City Receives Gift of Mural. (1967, 25 mai.) The Montreal Star. Source : Archives de la Ville de Montréal, CA M001 VM166-1-1-D5287. ↩
- Oeuvre prêtée à la ville de Montréal. (1967, 26 mai). La Presse, p. 14. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-022-11. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Photographie par René Picard, La Presse, 8 mai 1967. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1967-0154, no. 12. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-022-09. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-022-10. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source de l’image : Bureau de transport métropolitain. (1982.) Place-des-Arts [dépliant]. ↩
- Bureau d’aménagement du réseau express de Montréal. (septembre 1977). Ligne Mirabel : Réseau express de Montréal : Rapport technique d’avant-projet. Gouvernement du Québec, Ministère des Transports. ↩
- Source de l’image : Bureau d’aménagement du réseau express de Montréal. (Septembre 1977). Ligne Mirabel : Réseau express de Montréal : Rapport technique d’avant-projet. Gouvernement du Québec, Ministère des Transports. Fig. 1 (p. 10). ↩
- Source de l’image : Bureau d’aménagement du réseau express de Montréal. (Septembre 1977). Ligne Mirabel : Réseau express de Montréal : Rapport technique d’avant-projet. Gouvernement du Québec, Ministère des Transports. Fig. 9 (p. 18). ↩
- Source de l’image : Bureau d’aménagement du réseau express de Montréal. (mai 1978). Ligne Mirabel : Réseau express de Montréal. Fascicule 2 : Les stations. Gouvernement du Québec, Ministère des Transports. Fig. 7.2 (p. 52). ↩
- Cloutier, Mario. (2009, October 26.) Saskia Siebrand et Kori Smyth: mille morceaux d’art. La Presse, p. C2. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩
- Images © 1998 Cinémaginaire. ↩
- Images © 2017 Les Films Séville Inc. ↩
McGill





































































