VERDUN
Art et architecture
Bien qu’elle soit concentrée, comme sa voisine Monk, autour d’un volume immense, plusieurs étages de profond, la station Verdun ne partage pas le même thème de grandeur sobre. Elle adoucit plutôt l’impact de l’espace à l’aide de formes et de couleurs ludiques.
En pénétrant dans le grand volume à l’aide des escaliers mécaniques, les passagers découvrent à vol d’oiseau l’espace principal de la station, au-dessus de la billetterie et le transept.
La station emploie plusieurs formes géométriques insolites pour égayer l’espace. On remarque d’abord les colonnes obliques qui forment six immenses arches qui soutiennent le plafond et, en surface, la chaussée au-dessus de la station. Mentionnons également les lampadaires en « cou de girafe » ainsi que les angles aigus de la passerelle au-dessus des voies.
La grande hauteur des plafonds de la caverne entière de la station est très inhabituelle et remarquable. À cause de la fragilité du sous-sol local (voir De l’Église et Charlevoix), la station entière a dû être construite dans une tranchée d’une profondeur considérable, plutôt qu’en tunnel. Fait à noter, le plafond et les quais se rétrécissent en descendant vers l’extrémité nord du quai, ce qui exagère l’effet de la perspective dans cet espace immense.
Autre élément qui aide à éliminer toute lourdeur de ce haut volume, un grand puits de lumière ensoleille la salle de contrôle. La forme pyramidale irrégulière de ce puits surgit du sol près de l’édicule nord. Malheureusement, le puits souffre d’un problème d’infiltration d’eau par temps pluvieux.
Les murs sont rehaussés de murales qui rythment ces hautes surfaces et leur confèrent charme et intérêt. Sur les sections inférieures des murs, les lambris de demi-revêtement sont constitués de panneaux de béton pâle, portant des bandes continues mauves et rouges de forme anguleuse.
La partie supérieure des murs en béton brut est laissée à découvert. Le long des quais, ces surfaces sont simplement cannelées. Or, au niveau du grand volume, cette partie des murs est égayée de motifs en bas-relief, dont les formes géométriques donnent vibration et vie aux étendues grises. Ces motifs sont l’œuvre des artistes Antoine D. Lamarche et Claude Théberge et rappellent les reliefs semblables des mêmes artistes à la station avoisinante de l’Église.
Le jaune brillant des lampadaires, des supports signalétiques et des grillages aide à ensoleiller l’espace. Les bancs sur les quais, pour leur part, sont constitués de dalles de granit noir qui ressortent par rapport aux couleurs claires des surfaces.
On remarque également une asymétrie insolite au niveau des liens entre le niveau de la billetterie et celui des quais. Du côté du quai en direction Angrignon, des escaliers de part et d’autre de la passerelle créent une forme trapézoïdale. Pour rejoindre le quai Honoré-Beaugrand, par contre, on emprunte un escalier en forme de U qui passe sous la loge du guichetier. L’escalier débouche sur un espace en retrait du quai, séparé de celui-ci par les pieds des grandes arches.
Typiquement, dans les stations qui, comme Verdun, se trouvent près des extrémités des lignes, l’un des quais est surtout utilisé par les passagers arrivants qui descendent (le quai Angrignon, dans ce cas), alors que l’autre sert principalement à l’embarquement vers le centre-ville (Honoré-Beaugrand). Le quai d’embarquement reçoit un débit assez constant de passagers, mais le quai d’arrivée doit composer avec des afflux ponctuels lors de l’arrivée de chaque train. Le deuxième escalier desservant le quai Angrignon aide à accueillir ces afflux. On voit le même aménagement à la station LaSalle, mais curieusement, la station Monk présente la disposition contraire.
Quant aux accès, la station dispose de deux édicules, situés de part et d’autre de la rue de Verdun. On accède aux deux édicules à partir d’un palier en haut de l’escalier vers la billetterie. Ce palier, qui se trouve sous l’édicule nord, accueille également le local commercial de la station.
Le palier est relié à l’édicule nord par un escalier fixe et un escalier mécanique montant. Ceux-ci sont disposés de part et d’autre d’un tunnel qui passe sous la rue de Verdun pour rejoindre l’édicule sud. La bouche du tunnel est encadrée par deux piliers obliques en béton, un détail architectural frappant.
Les deux édicules possèdent une structure métallique noire surmontée d’une charpente spatiale qui saillit des murs-rideaux vitrés pour supporter la toiture plate. Les parements intérieurs reprennent le jaune brillant des niveaux inférieurs, alors que les bancs, constitués par les mêmes dalles de granit noir que ceux des quais, sont remarquables pour leurs supports pyramidaux de béton cannelé.
L’édicule nord, détaché, occupe un coin du parc devant la mairie de l’arrondissement de Verdun. À l’intérieur, l’édicule nord chevauche le tunnel donnant accès à l’édicule sud.
Les décorations rouge et mauve continuent le long de ce tunnel, d’un profil inhabituel en pente, et culminent dans une grande forme peinte au-dessus de l’escalier vers l’édicule sud. Ce dernier est un bâtiment mitoyen entre deux autres immeubles. En 2020, un local technique a été aménagé sur son toit. Heureusement, et à différence des additions correspondantes à d’autres stations, son parement en panneaux de verre noir a été conçu pour bien s’harmoniser avec l’architecture moderniste du bâtiment existant.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
21,9 mètres
12e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Jolicoeur : 761,39 mètres
Vers De l’Église : 563,86 mètres
Origine du nom
Rue de Verdun; arrondissement de Verdun. Alors que la présence autochtone dans ce secteur remonte à plus de 5 000 ans, son nom date du 17e siècle. Le 26 décembre 1671, les prêtres de l’Ordre des sulpiciens, seigneurs de l’île, concèdent le domaine au major Zacharie Dupuy ou Dupuis, chef de la milice de Montréal. Le secteur était anciennement connu sous les noms Côte-des-Argoulets, Côte-du-Sault-Saint-Louis, Pointe-Saint-Louis et Côte-de-la-Rivière-Saint-Pierre; or le major Dupuy le renomma Fief-de-Verdun, sans doute pour commémorer sa ville natale de Saverdun, dans le sud de la France. À sa mort, il légua les terrains aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.
En 1874, le village de Rivière-Saint-Pierre fut fondé à cet endroit et renommé Verdun l’année suivante. Comme la ville prospérait et prenait rapidement de l’expansion, en 1954 elle devint la troisième ville du Québec. Fusionnée à la ville de Montréal en 2002, elle constitue désormais l’arrondissement de Verdun. Elle a donné son nom à la rue de Verdun (anciennement l’avenue Verdun) avant 1898.1
Faits divers
- L’architecte de la station, Jean-Maurice Dubé, un Verdunois, a aussi dessiné l’École Lévis-Sauvé avoisinante. L’école a dû être fermée pendant un court temps lors de la construction de la station, à la suite d’un éboulement mineur qui a interrompu l’approvisionnement d’eau potable.2
- Les clôtures jaunes sur le mur au-dessus des escaliers ont dû être rehaussées parce que certains passagers essayaient de grimper au-dessus du local du changeur et voulaient sauter de l’autre côté pour éviter d’acquitter le tarif. Au moins une personne aurait ainsi perdu la vie.
Esquisse architecturale de la station Verdun
(Source3)
Maquette de l’édicule nord et du tunnel vers l’édicule sud
(Source4)
Chantier de la station; les arches sont clairement visibles.
(Source4)
Étape de finition de l’intérieur de la station.
(Source4)
La fête marquant l’inauguration de la station en 1978
(Source4)
La loge et les escaliers avant l’installation des garde-corps
(Source4)
- Des scènes du film Warm Bodies (Zombie malgré lui) (2013) de Jonathan Levine ont été tournées dans cette station.
Nicholas Hoult et Teresa Palmer dans Warm Bodies (Zombie malgré lui) (2013) (Source5)
Texte de la plaque commémorative installée sur le lanterneau du puits d’éclairage:
Cité de Verdun
Centenaire 1876-1976
J. Albert Gariepy, maire
Conseillers :
Eugène Bonin · Bruno Fortin · Lucien Caron, M.A.N. [député provincial] · Gilles Groulx · Roger Séguin · Jean-Paul Belisle · Raymond Savard, M.P. [député fédéral] · George O’Reilly
Jean-Paul Hébert, C.A., gérant général
William Paul, ingénieur de la cité
Jean-Maurice Dubé, architecte
Adresses des accès
Arrondissement de Verdun
Accès Verdun Nord : 4525, rue de Verdun, angle rue Willibrord
Accès Verdun Sud : 4520, rue de Verdun, angle rue Willibrord
Attractions avoisinantes
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Dernière mise à jour : 8 Oct 2026
Références
- Rue de Verdun. Commission de Toponymie du Québec. Consulté le 15 novembre 2024. ↩
- « Slide rules out school for 800 » (1975, 23 septembre). The Montreal Gazette. P. 4. ↩
- Dubé, J.M.. Verdun (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). 14 juin 1973. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-16F. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩ ↩ ↩ ↩
- Images © 2013 Entertainment One ↩
Jolicoeur












































