JOLICOEUR
Art et architecture
Comme sa voisine plus vaste Angrignon, cette station est construite en tranchée, les quais sont immédiatement sous le niveau du sol et l’édicule est presque entièrement vitrée. Ainsi, la lumière du jour jaillit sur la partie centrale des quais, éblouissant les passagers dans les rames lors des journées ensoleillées.
L’édicule vu de l’extérieur a l’aspect d’un monolithe obscur surgissant de la terre, une forme rectangulaire dépouillée aux murs-rideaux en verre teinté foncé, qui rappelle les œuvres du Style international du célèbre architecte Ludwig Mies van der Rohe.
Les seules sections opaques de l’édicule se trouvent du côté est de la structure, soit la moitié inférieure des murs autour des deux entrées de la station ainsi que sa façade est. Ces portions sont revêtues de brique de béton disposée verticalement; elles sont séparées de la portion supérieure de la façade par un auvent dont le dessous, de couleur orange, est muni de lampes circulaires. Or, les murs au-dessus de ces portions sont entièrement vitrés pour leur part, créant ainsi une claire-voie qui admet le soleil sur l’ensemble du pourtour. Un débarcadère en forme de boucle est aménagé au sud de l’édicule.
Cette façade moderniste austère dissimule toutefois un intérieur aéré et clair. L’utilisation d’une structure d’acier assortie d’une charpente spatiale pour appuyer le toit fait en sorte que le poids du toit repose entièrement par les meneaux de la fenestration, sans aucune colonne intérieure ou extérieure, tandis que les poutrelles dissimulent les conduits techniques. Un bel espace dégagé de toute obstruction en est le résultat. Le plafond jaune, en métal ondulé, et sa charpente spatiale semblent flotter au-dessus du plancher.
Le vaste espace entre le parapet de la salle de contrôle et le mur extérieur laisse pénétrer jusqu’aux quais une grande quantité de lumière du jour. En plus de l’effet éclatant sur les passagers, cet éclairage naturel donne une impression de légèreté à l’environnement des quais, réduisant l’effet souterrain.
Les quais sont élégamment décorés. Les murs, comme ceux en surface, sont vêtus de briques posées à la verticale; or, au niveau des quais, celles-ci sont disposées tels des bardeaux, une texture qui sert à amortir le bruit. Les bandeaux affichant le nom de la station sont joliment encadrés en métal rouge-orange, couleur choisie pour s’agencer avec l’éclairage.
Cette couleur est d’ailleurs reprise par les bancs, ainsi que par la première œuvre d’art de la station : quarante-deux triangles cerclés de noir, disposés au sol. Ces formes, créées par l’architecte de la station Claude Boucher, ont été conçues comme des repères pour aider les passagers à trouver la voiture dans laquelle ils préfèrent voyager.
Heureusement, au moment d’ajouter des ascenseurs en 2022, les modifications nécessaires ont été faites avec sensibilité envers l’architecture harmonieuse d’origine. Les ascenseurs reliant le rez-de-chaussée et les quais ont été implantés hors de la masse principale de l’édicule, au-delà de la façade ouest. Ainsi, l’édicule originel a été élargi de part et d’autre afin d’incorporer des passages vers les ascenseurs, et l’apparence des nouvelles façades est entièrement intégrée avec celle des anciennes. La partie en surface des gaines d’ascenseurs est contenue entre de hauts panneaux de béton, dont le fini texturé de grain de bois rappelle la disposition verticale des briques de béton des murs existants. Au niveau des quais, les portes des ascenseurs sont entourées de murs revêtus de petites pastilles orange ou noires, à l’instar des œuvres de Claude Boucher.
L’installation des ascenseurs fut accompagnée par le dévoilement en juin 2022 d’une nouvelle œuvre d’art, une sculpture signée Chloé Desjardins au titre de Perspective. Cette œuvre, positionnée au rez-de-chaussée près du parapet surplombant les voies, présente un entrelacs de lignes droites qui rappelle le style international de l’architecture de la station ainsi que la charpente spatiale qui supporte le toit. Au centre du disque, un motif en laiton suggère un dessin architectural en perspective d’un bâtiment rectangulaire tel que l’édicule. Les deux faces de la sculpture rappellent les coloris noir et rouge-orange du décor de la station.
En somme, le design de la station jouit d’une forte cohérence architectonique tout en demeurant attrayant et accueillant pour les passagers.
Historique et faits divers
Longueur d’interstations
Vers Monk : 1062,85 mètres
Vers Verdun: 761,39 mètres
Origine du nom
Rue Jolicoeur. L’abbé Joseph-Moïse Jolicoeur (Saint-Paul-de-Joliette, 1866–Montréal, 1931) a fondé la paroisse de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Ville-Émard en 1906. La paroisse a été fusionnée avec celle de Saint-Jean-de-Matha en 2007. L’abbé Jolicoeur a également fondé la paroisse de Morinville (Alberta) en 1894.1, 2 La rue, jadis nommée Du Bois, Marie-Anne, Clovis et Wedgwood, fut renommée en son honneur en 1914.
Variation orthographique occasionnelle : Jolicœur. (Dernièrement, la STM utilise l’orthographe « œ » dans certains écrits, et la Commission de toponymie du Québec considère l’utilisation de la ligature comme officielle.3 Toutefois, les bandeaux de nom de la station, tous les plans de la STM et d’autres sources telles que la page de la station sur le site Web de la STM utilisent et ont toujours utilisé l’orthographe « oe », de même que les panneaux de la ville indiquant le nom de la rue. Il serait utile de savoir comment l’abbé Jolicoeur lui-même l’écrivait.)
L’abbé Joseph-Moïse Jolicoeur
(Source4)
Faits divers
Esquisse architecturale de la station.
(Source5)
Maquette architecturale de la station.
(Source6)
L’édicule en construction.
(Source6)
Adresse de l’accès
Arrondissement du Sud-Ouest
6200, rue Drake, angle rue Jolicoeur
Attractions avoisinantes
- CLSC de Ville-Émard–Côte-Saint-Paul
- Bain Émard
- Parc De La Vérendrye
- Canal de l’Aqueduc
Dernière mise à jour : 2026-09-22
Références
- Changements ecclésiastiques (1917, 18 janvier). Le Devoir. P. 2. ↩
- Feu M. l’abbé J.-M. Jolicoeur (1931, 5 février). L’Action Populaire (Joliette). P. 1. ↩
- Fiche descriptive : Station Jolicœur. Commission de toponymie du Québec. ↩
- Source de l’image : Ouimet, R. (1925). Biographies canadiennes-françaises (5e année). Montréal : auteur. P. 433. ↩
- Source de l’image : Claude Boucher, architecte. Station Jolicoeur (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). s.d. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-30F. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩
- Images © 1996 Malofilm Vidéo ↩
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