PAPINEAU
Architectes
Bolduc & Venne
Nouvel édicule (1999) : Mario Bibeau
Artistes
Mise en service
14 octobre 1966
Art et architecture
La première impression est d’une station assez quelconque du réseau initial. La coloration aléatoire des carreaux glacés aux murs se constitue dans la majorité de la station de gris et ocre pâle avec des accents de bleu, orange et blanc. Au centre des quais et derrière les bancs, les coloris deviennent plus bigarrés, avec l’ajout de brun, vert, noir, rouge et bleu sarcelle.
Les murs du centre des quais arborent plus densément ces couleurs plus foncées en haut, avec un dégradé vers le bas. Ce décor d’époque, étranger aux goûts contemporains, offre cependant un exemple historique et prototypique des styles des années 1960. Malheureusement, depuis son installation, le carrelage a souffert de tentatives malavisées de réparation qui détonnent avec les couleurs d’origine.
Quant à la structure, les quais, construits en tunnel à un niveau profond, sont reliés à l’accès unique par deux longues volées droites d’escaliers mécaniques et fixes, interrompues par un palier. Comme sa voisine Beaudry, la passerelle est aménagée dans un transept qui permet de voir les quais pour mieux s’orienter, tandis que les escaliers eux-mêmes vers les quais sont séparés du transept.
Le point d’orgue de la station est son ensemble de murales impressionnantes commémorant les révoltes des Patriotes de 1837-38. Le panneau central de l’œuvre commémore Louis-Joseph Papineau, chef de la révolte au Bas-Canada (aujourd’hui le Québec); il occupe le mur à l’extrémité de la passerelle vers le quai Angrignon. Les deux autres murales, sur les tympans entre la voûte du tunnel et celle du transept, sont des frises qui constituent un récit des événements de la révolte.
Les murales, exécutées par Jean Cartier selon des cartons de George Juhasz, portent le titre Les patriotes de 1837-38. Elles sont parmi les exemples les plus marquants de la politique d’art didactique et historique prônée par le premier directeur artistique du métro, Robert LaPalme.
La station est aussi rehaussée par son édicule postmoderne en béton, acier et verre. À l’instar des stations voisines Berri-UQAM, Beaudry et Frontenac, cet édicule fut construit en 1999 pour remplacer un édicule qui devait à l’origine être seulement temporaire. Les deux sorties, de part et d’autre du bâtiment, sont protégées par des auvents dont le contour, avec celui de l’un des murs de l’édicule, fait partie continue d’un grand quart de cercle. Cette courbe est prolongée et mise en évidence par une poutre décorative qui se projette de son extrémité est.
L’intérieur de l’édicule, abritant la salle de contrôle, est un espace carré dont la fenestration se poursuit vers le haut pour former une claire-voie sur tout le pourtour du plafond, ainsi que par un lanterneau au centre. Les autres surfaces sont revêtues d’une mosaïque de petits carreaux bleus et cyans.
La construction de ce nouvel édicule en 1999 a été bientôt suivie par la requalification du stationnement qui entourait la station. Au sud, une place pavée accueille un marché public. Au nord, un beau parc (la place Emmett-Johns) a été aménagé et orné d’une sculpture monumentale portant le titre Révolutions. Celle-ci, un hommage aux sinueux escaliers extérieurs si emblématiques de Montréal, est l’œuvre de Michel de Broin.
Accessibilité
Cette station n’est présentement pas accessible en fauteuil roulant. Le plan d’immobilisation 2023-2032 de la STM a ciblé cette station pour l’installation d’ascenseurs d’ici 2027, et le rapport d’accessibilité universelle 2022 indiquait que la préparation de plans et devis était en cours. Toutefois, la station ne figure plus sur la liste du programme d’immobilisations 2025-2034, à cause de compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial,1 et aucun chantier n’a encore été annoncé.
Historique et faits divers
Achalandage
2 460 965 départs en 2023
40e station en achalandage
Profondeur des quais
21,6 mètres
13e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Beaudry : 495,00 mètres
Vers Frontenac : 1157,57 mètres
Origine du nom
Avenue Papineau. Malgré les murales au niveau de la passerelle, et la proximité de la station à l’avenue De Lorimier et l’ancienne prison du Pied-du-Courant où les Patriotes furent incarcérés, cette station n’est pas nommée pour Louis-Joseph Papineau (1786-1871), le célèbre chef des Patriotes, qui avec William Lyon Mackenzie a mené la Révolte de 1837-38 revendiquant le gouvernement responsable.
Elle est nommée plutôt pour son père, Joseph Papineau (1752-1841). Notaire et arpenteur, il fut élu quatre fois à l’Assemblée législative du Bas-Canada. Plus tard, il fit acquisition de la seigneurie de la Petite-Nation, en Outaouais.
La voie est appelée chemin Papineau dès 1810. Suite à la rébellion, pour désavouer le rôle de Papineau fils, les autorités lui imposent le nom de chemin Victoria. Elle retrouve son nom d’origine en 1844, et la désignation avenue Papineau est officialisée en 1890.
Joseph Papineau
(Source2)
Faits divers
- Cette station a servi temporairement de terminus de la ligne verte pendant deux mois, entre l’inauguration du métro le 14 octobre 1966 et l’ouverture tardive de la station Frontenac le 19 décembre de la même année.
Construction de l’édicule originel de la station
(Source3)
Travaux au niveau du transept durant la construction de la station
(Source4)
L’ancien édicule de la station, avant 1999
(Source5)
Adresse de l’accès
Arrondissement de Ville-Marie
1425, rue Cartier, angle rue Sainte-Catherine
Attractions avoisinantes
Dernière mise à jour : 2026-09-29
Références
- Ouellette-Vézina, Henri. (2025, 16 avril). Faute de financement: L’installation d’ascenseurs encore à l’arrêt dans le métro. La Presse. ↩
- Louis Dulongpré. Portrait de Joseph Papineau. 1825. Huile sur toile. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M190-003. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-MD47-003. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- © Archives de la STM. ↩
Beaudry


























