CRÉMAZIE
Architecte
Adalbert Niklewicz (Ville de Montréal)
Artistes
Mise en service
14 octobre 1966
Art et architecture
L’une des stations les plus remarquées lors de l’ouverture du réseau initial, la station Crémazie est un bel exemple des plus beaux styles des années soixante.
Les espaces sont finis d’une palette de couleurs pâles : les planchers et les lambris de demi-revêtement dans des tons de beige, les parties supérieures des murs en béton peint blanc. La station s’axe autour d’un grand volume central construit à ciel ouvert. Depuis la salle de contrôle, un grand escalier mène vers la passerelle en passant à côté de deux piliers monumentaux de section rhomboïde. Ceux-ci sont cannelés de motifs géométriques et reliés par des poutres anguleuses. Ces piliers dominent et entourent l’un des escaliers vers le quai en direction de Côte-Vertu, qui bénéficie ainsi de perspectives insolites et frappantes.
La passerelle à travers les voies est disposée de façon inhabituelle : elle est ouverte d’un seul côté, créant ainsi une sorte de balcon donnant sur les quais. Le deuxième escalier vers le quai Côte-Vertu, comme les deux escaliers vers le quai Montmorency, est aménagé dans un tunnel fermé et assez étroit au plafond voûté, semblable à ceux de la station Beaudry, conçue par le même architecte. Le pourtour du plafond du grand volume est pourvu de caissons carrés renfermant des luminaires.
L’escalier principal et la passerelle offrent une vue excellente de la grande murale fixée à un mur du grand volume et surplombant les quais. Cette œuvre ovale en céramique, appelée Le poète dans l’univers, représente les motions des astres, représentés par leurs symboles astrologiques. Elle relie cette danse céleste avec l’œuvre des poètes québécois Émile Nelligan, Hector de Saint-Denys Garneau et Octave Crémazie, représentés par des masques en fonte ainsi que par des citations de leurs poèmes. La murale est signée Georges Lauda, Paul Pannier et Gérard Cordeau.
La salle de contrôle occupe un sous-sol au plafond assez bas, directement en dessous de l’accès Crémazie Nord. Elle est reliée à cet accès par deux escaliers encadrant la bouche d’un couloir long et courbe qui mène, lui, vers la sortie Crémazie Sud.
L’accès Crémazie Nord, pour sa part, relie par sa forme élancée des sorties en avant et en arrière d’un édifice de bureaux. Ces deux sorties sont reliées par une passerelle au-dessus de l’embouchure du couloir mentionné plus haut. La sortie plus au nord, en arrière de l’édifice, mène vers une boucle d’autobus.
Accessibilité
Cette station n’est pas accessible en fauteuil roulant. Aucun projet de mise en accessibilité n’a été annoncé.
Historique et faits divers
Achalandage
3 319 601 départs en 2023
28e station en achalandage
Profondeur des quais
16,8 mètres
27e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Jarry : 829,60 mètres
Vers Sauvé : 1279,60 mètres
Origine du nom
Boulevard Crémazie. Octave Crémazie (1827-1879) est l’une des figures centrales des lettres québécoises. Son poème patriotique « Le Drapeau de Carillon » (1858), sur le thème de la défense de Fort Carillon par le général Montcalm, confirme sa réputation comme « poète national ». Suite à un scandale de fraude, il se réfugie en France en 1858 et il décède au Havre. Toutefois, cette histoire ne saura pas ternir sa réputation et le boulevard Crémazie est nommé à son honneur en 1914.
Octave Crémazie
(Source1)
Faits divers
- Un plan préliminaire, conservé aux archives de la ville de Montréal, prévoyait trois accès à cette station (on n’est pas certain s’il s’agit d’édicules ou des liens vers des édifices), soit deux longeant le boulevard Crémazie à l’angle de la rue Berri et un troisième sur la rue Saint-Denis, tous trois au nord de l’autoroute.
Plan architectural présentant trois sorties à cette station
(Source2)
Esquisse architecturale de la salle de contrôle
(Source3)
Maquette architecturale du grand volume de la station
(Source4)
Excavation du volume de la station en 1963. L’autoroute Métropolitaine est visible en arrière-plan.
(Source5)
Le grand volume de la station en construction
(Source6)
Le grand volume peu de temps avant l’inauguration de la station
(Source7)
- La murale en céramique Le poète dans l’univers qui orne cette station était prévue à l’origine comme la première d’un ensemble de quatre, toutes sur le thème de la poésie canadienne. Pour les murales subséquentes, on prévoyait les thèmes « les sources d’inspiration », « le chant du poète » et l’histoire de la poésie canadienne.10, 11, 12
Maquettes des quatre reliefs projetés sur le thème de la poésie, œuvres de Georges Lauda et Paul Pannier. La disposition présentée dans cette image suggère qu’ils devaient occuper les hauts murs du grand volume, en occupant le mur au-dessus de l’escalier principal puis celui du côté nord du volume, pour aboutir à la position de l’unique œuvre effectivement installée.
(Source13)
Le dévoilement de l’œuvre Le poète dans l’univers le 12 mars 1968
(Source14)
Vue aérienne des édicules d’origine de la station, de part et d’autre de l’autoroute Métropolitaine
(Source8)
L’édicule originel Crémazie Nord
(Source15)
Adresses des accès
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Arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville A Accès Crémazie Nord : 505, boulevard Crémazie Est, angle rue Berri Arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension B Accès Crémazie Sud : 490, boulevard Crémazie Est, angle rue Berri |
Attractions avoisinantes |
Dernière mise à jour : 2026-09-07
Références
- Albert Ferland. (1905). Joseph-Octave Crémazie, poète canadien. Photographie. British Library. Source : Wikimedia Commons. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-010-03. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-012-16. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-M012-004. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Photographie par Jean-Yves Létourneau, La Presse, 5 novembre 1963. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1963-0071, no. 3. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-010-04. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM097-Y-02-D005A-010-10. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- © Archives de la STM. ↩ ↩
- Source : Claude Gosselin, Gabor Szilasi. (1966) Stations de métro à Montréal. Fonds Ministère de la Culture et des Communications – Archives nationales à Montréal. Image no. 2. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, E6,S7,SS1,D662058-662074. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0. ↩
- De Wet, Wouter. (1968, 13 mars). Huge mural unveiled in Crémazie metro. The Montreal Star. ↩
- Bernard, Florian. (1968, 13 mars). La station de métro Crémazie s’enrichit d’une murale de céramique de $31,000. La Presse, p. 3. ↩
- Gagnon, Lysiane. (1967, 25 mars.) On va décorer notre métro. La Presse, supplément 1, pp. 4-9. Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec. ↩
- Source de l’image : Gagnon (1967), p. 6. ↩
- Photographie par René Picard, La Presse, 12 mars 1968. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S4,D4, no. 7. ↩
- Source : Archives de la Ville de Montréal, VM94-MD54-039. Utilisé en vertu de la licence Creative Commons BY-NC-SA 2.5 CA. ↩
- Images © 1977 Dunning/Link/Reitman Productions. ↩
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