OUTREMONT
Architectes
Jean-Claude Dupuis, Pierre-Alain Chapuis et Michel Dubuc
Artistes
Mise en service
4 janvier 1988
Art & Architecture
Cette station, parmi les plus élégantes du réseau, est axée autour d’un immense puits de lumière circulaire, entouré de blocs de verre réfléchissants, qui verse la lumière naturelle jusqu’à la mezzanine et les quais. Le puits de lumière, divisé visuellement en quarts de cercle, constitue également la référence du design de la station. Les coins de tous les espaces de circulation de la station prennent la forme consistante du quart de cercle, reprenant le contour du puits tout en assurant la fluidité des déplacements.
En descendant de l’unique édicule, la cage d’escalier principale donne sur le puits de lumière et le grand volume en contrebas; ces perspectives frappantes permettent aux passagers de s’orienter en visualisant le parcours entre la surface et les trains.
Au pied des escaliers, un angle de quart de cercle débouche sur un espace linéaire le long du mur de fond de la salle de contrôle; cet espace est relié par une large arche à la mezzanine qui continue vers les escaliers jusqu’aux quais. Suite au réaménagement des tourniquets en fonction de l’implantation des ascenseurs, la loge de la billetterie est implantée sous cette arche. L’un des ascenseurs vers les quais se trouve au bout du mur de fond, et l’autre occupe un ancien puits de ventilation à côté de la barrière de perception.
Au pied du puits de lumière dans le grand volume, la mezzanine constituant la zone contrôlée de la billetterie surplombe l’extrémité nord des quais construits en tunnel. Un porte-enseigne distinctif perche près du parapet métallique de la mezzanine; le porte-enseigne, le bord de la mezzanine et le parapet reproduisent tous le quart de cercle du puits de lumière. La voûte surplombant la mezzanine se déploie sur plusieurs niveaux, avec des courbes qui rayonnent à partir du puits de lumière et entrecoupent une trame de caissons carrés.
Le design classique et raffiné de cette station relie ses différents niveaux par la continuité de son programme décoratif : les parements muraux en carreaux de terre cuite quadrillés, les parements en calcaire gris et les planchers en granit d’un riche rose-brun. Dans les passages courbes, le carrelage au sol est disposé dans des arcs concentriques qui reproduisent la courbe. Même les garde-corps métalliques culminent en une courbe de quart de cercle. Les boîtiers d’éclairage sont orange pour s’harmoniser avec la terre cuite, plutôt que noir. Au niveau des quais, les bancs impressionnants de pierre sont mis en valeur par des dossiers en gradins de calcaire gris; plusieurs autres détails, par exemple le contour au-dessus de la voûte du tunnel et les impostes des portes, présentent une forme en gradins en interface avec le carrelage quadrillé.
Les décorations de cette station rappellent le quartier avoisinant et son architecture distinctive. Un réverbère de l’ancienne Ville d’Outremont, muni de quatre lampes sphériques, se dresse au pied des escaliers donnant accès au quai Saint-Michel.
Et sur le mur derrière les tourniquets, une murale par Gilbert Poissant en terre cuite émaillée, intégrée à la maçonnerie murale, évoque les formes des portes des maisons du quartier.
Le puits d’éclairage reçoit la lumière du jour grâce à une rotonde vitrée intégrée au grand édicule. Bien que cet espace soit séparé du volume accessible de l’édicule, une rotonde de format similaire lui fait écho dans la partie antérieure du bâtiment, au coin nord-est.
Cette deuxième rotonde accueille désormais la tête de l’ascenseur entre la surface et la billetterie. Sous la rotonde, un volume semi-circulaire impressionnant épousant sa forme a été excavé en tréfonds pour accueillir la gaine d’ascenseur et l’escalier auxiliaire. La partie inférieure de l’escalier suit le mur extérieur du volume et constitue ainsi le premier escalier courbe du réseau.
Ce volume accueille une nouvelle œuvre d’art, Strates de Josée Pedneault, une murale verticale gravée sur aluminium, installée à côté de la gaine d’ascenseur. L’œuvre représente une séquence de feuilles de plantes urbaines, grandement magnifiées pour en montrer la structure. En commémorant l’abondante flore d’Outremont, l’œuvre complémente la murale de Gilbert Poissant et son hommage à l’architecture de l’arrondissement.
Accessibilité
Cette station est pourvue d’ascenseurs pour l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant. Un ascenseur relie le rez-de-chaussée et le niveau de la billetterie; ensuite, celui-ci est relié aux quais par deux ascenseurs.
La construction des ascenseurs a commencé le 4 janvier 2021; les ascenseurs vers les quais sont entrés en service le 27 mars 2024 et celui jusqu’à l’édicule le 17 décembre 2024.
Historique et faits divers
Profondeur des quais
13,8 mètres
40e station en profondeur
Longueur d’interstations
Vers Édouard-Montpetit : 1090,60 mètres
Vers Acadie : 728,60 mètres
Origine du nom
Ville (aujourd’hui arrondissement) d’Outremont. En 1833, Louis-Tancrède Bouthilier acquiert un terrain dans la côte Sainte-Catherine et y fait ériger une grande maison de brique qui subsiste à ce jour. Il nomme sa propriété « Outre-Mont » par référence à sa situation sur le versant opposé de la montagne par rapport à la ville de Montréal de l’époque. Ce nom a été adopté pour le village d’Outremont lors de sa création en 1875. La ville d’Outremont est devenue un arrondissement de Montréal lors des fusions municipales du 1er janvier 2002.
Faits divers
- Les plans d’origine prévoyaient deux édicules à cette station, de part et d’autre du carrefour des avenues Van Horne et Wiseman. L’accès secondaire aurait rejoint la station à travers le coin nord-est de la mezzanine, là où est situé présentement l’ascenseur vers le quai Saint-Michel. La construction de l’édicule secondaire a été annulée avant la mise en chantier, mais la station a néanmoins été construite de sorte à permettre l’éventuel ajout de ce deuxième accès.1
- En plus du réverbère de la ville d’Outremont, la billetterie de la station arborait autrefois un panneau de rue de cette ville portant le nom « Station Outremont ».2
Maquette architecturale présentant le deuxième édicule projeté.
(Source1)
Maquette architecturale du grand volume de la station
(Source1)
L’inauguration de la station en janvier 1988
(Source3)
La colonne de béton au centre du puits de lumière arborait autrefois quatre lampes globulaires pour marquer les escaliers vers le quai Snowdon, en contrepartie des quatre lampes sur le réverbère du quai Saint-Michel. Aujourd’hui, une seule lampe subsiste.
(Source4)
Vues de la station avant l’installation d’ascenseurs :
Adresse de l’accès
Arrondissement d’Outremont
1400, avenue Van Horne, angle avenue Wiseman
Dernière mise à jour : 15 Oct 2026
Références
- Dupuis, Chapuis, Dubuc, architectes. La station Outremont (document de présentation au Bureau de transport métropolitain). Avril 1984. Archives de la Ville de Montréal, dossier CA M001 XCD001-D19, cote 1D-06-01-26F. ↩ ↩ ↩
- Ce panneau est à peine visible dans une photo qui accompagne l’article suivant : Métro stations open — without signs. (1988, 5 janvier). The Gazette, p. A-3. ↩
- © Archives de la STM. ↩
- Photographie par Pierre Côté, La Presse, 22 décembre 1987. Fonds La Presse. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P833,S5,D1987-0543, no. 1. ↩
Édouard-Montpetit





















































